De l'intégrité artistique
Mi-avril, Tone au Toronto Art Expo.
Les visiteurs ne sont pas très nombreux, alors pour passer le temps, les artistes se promènent d'un stand à l'autre, saluent leurs collègues, voient ce qui se fait ailleurs.
Arrive dans le kiosque de Tone une peintre relativement connue. Comprendre qui gagne beaucoup d'argent, expose dans de nombreuses villes et a une réputation internationale. Elle est très enthousiate par le travail de Tone. Elle lui propose même un deal d'artiste : troquer une de ses toiles contre celle-ci :
Réponse de Tone, à son image, sincère, débonnaire et pragmatique : "Merci, c'est gentil, mais je n'aime pas trop ton univers artistique. Je vais plutôt essayer de la vendre". Autre façon très **artistique** donc, tout en délicatesse et en diplomatie, de dire "Merci mais je préfère me faire un peu de thune plutôt que d'avoir une merde à exposer dans mon salon."
A très bad note en Angliche
Vendredi dernier, retour d'école. "Vous avez eu des notes aujourd'hui, les filles ?". Héloïse ne la ramène pas trop. "Ben... heu... oui... en anglais. Mais vous n'allez pas être contents". Ah ah. Ça sent la tôle. On demande "Tu as eu combien ? D'ailleurs, il était prévu cet examen, tu ne nous en avais pas parlés.". "C'était pas un examen, c'était un contrôle", sur le ton "tu comprends jamais riiiiiiiien"
[NDLR : De fait, il faut savoir que j'ai toujours du mal, pourtant ça fait 5 ans que mes filles sont dans cette école, sur la terminologie adoptée. Le soir il y a les devoirs et les leçons (et c'est pas la même chose ! je me fais engueuler à chaque fois "Ça, maman, c'est une LE-ÇON, c'est pas un DE-VOIR", "ah ok, on s'en fout. Est-ce que tu l'as fait, c'est tout ce que je veux savoir".
Pour leurs évaluations, elles ont aussi - je crois, même pas certaine - des examens, des contrôles ET des .. SAE (Situation d'Apprentissage et d'Evaluation). J'ai pas tout compris, sauf que les SAE, c'est le plus important.]
"Bon alors, Héloïse, contrôle/examen/SAE, on s'en fout, tu as eu combien ?".
Mine piteuse, regard fuyant, voix à peine audible "J'ai eu onze...".
- Pardon, parle plus fort.
- ... J'ai eu onze.
Soupir... Je songe que c'est la première **mauvaise** note de ma poupoune, je reste quand même stoïque et lui épargne un "tu nous as habitués à mieux", je me dis qu'elle a quand même eu la moyenne. Bon. Je respire et lui demande des détails. Quel était le sujet, à quoi elle n'a pas su pas répondre, tout ça, tout ça.
"C'était sur les nombres, à l'oral". Et d'ajouter : "En plus, j'avais pas révisé !". Sur le ton de la gamine quand même assez contente d'elle, genre voyez, ce n'est quand même pas si mal compte tenu de la situation, on a évité le pire. Limite elle s'attend à ce qu'on la félicite.
De fait, Mon Mec se détend. Par les lois de la génétique, lui comprend tout à fait ce genre d'argument foireux. Moi, j'explose. "Et tu t'en vantes en plus ? Non mais, sérieusement...". Je vois bien que Mon Mec réprime tant bien que mal son sourire de fierté paternelle et tente de m'apporter le soutien cohérent-z-et-uni de front commun qu'on essaye d'afficher face à nos filles.
Bon, j'avoue, l'effort est louable. Même s'il ne trompe personne (Héloïse affiche déjà un petit sourire, et elle essaye, par délicatesse envers sa mère-quand-même-un-peu-sévère, de réprimer un petit air de triomphe, je saisis juste au passage un charmant regard de complicité avec son père..). Du coup, ça détend l'atmosphère, et moi aussi, par ricochet. On éclate de rire, engueule encore un peu Héloïse pour la forme et le reste du week-end, on révise en coeur "One, two, three...".
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Hier soir, je récupère les filles à l'école. Héloïse, en m'embrassant :
- Au fait, maman, tu sais le contrôle d'anglais ?
- C'EST BON, ON NE VA PAS REVENIR DESSUS (allez CL on respire) Oui, ma chérie ? Quoi donc ?
- En fait, j'ai eu 17. Y avait pas de barre sur le 7, alors j'ai cru que c'était un 1, mais en fait non.
- ...
Hasard ou coïncidence ?
" Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito. ", Albert Einstein
J'ai souvent pensé à créer une catégorie intitulée comme ce billet, "Hasard ou coïncidence ?", qui relaterait tous les petits hasards de la vie dans lesquels on peut (veut ?) voir, les jours où l'irrationnel nous tente, quelque clairvoyance, quelque don extralucide sur la vision possible d'un certain futur. Comme lors de la mort de Toxo par exemple. Exercice de bonne ou de mauvaise foi (je laisse les convaincus de tout poil répondre à cette épineuse question) mais qui a cette principale qualité de m'amuser énormément.
Bien sûr, il y aura toujours les sceptiques zététiques à tout prix, ces rabats-joie de l'extraordinaire et ces casseurs de rêves qui ne coutent rien, fervents défenseurs du scientifiquement prouvé pour trouver une explication rationnelle à toute chose. Personnellement, je fais plutôt partie de cette catégorie, mais j'avoue qu'il me plait parfois de lorgner du coté du paranormal les jours où le rationnel m'ennuie alors que je peux me marrer pour pas un rond avec une bonne petite explication ésotérique (de toute façon, moi qui lis dans le mode shuffle de mon lecteur de mp3, je pratique un obscurantisme très 2.0).
Justement, alors qu'on fête samedi prochain le centenaire de son naufrage, il y a cette fameuse histoire liée au Titanic :
En 1898, soit 14 ans avant la tragédie, un écrivain de science-fiction américain, Morgan Robertson, a écrit un roman, intitulé "Futilité, ou le naufrage du Titan", dans lequel il parle d'un navire géant, le Titan, qui lors de son troisième voyage, heurte par une nuit d'avril un iceberg. Il coule, et comme il n'y a pas assez de canots de sauvetage, il y a des milliers de noyés.
Les similitudes entre la fiction et la réalité sont troublantes, forcément. Il faut d'ailleurs aller lire sur les sites **ouverts à d'autres mondes** les explications inhérentes sur la prémonition, la relativité du temps façon 3ème oeil et autres explications qui, si elles restent contestables d'un point de vue scientifique, sont quand même plus rigolottes que la preuve par 9, ou comment tout s'explique, certes rigoureux mais vachement moins rigolo, fourni par le cercle zététique (d'ailleurs, petit test rigolo à l'usage de votre esprit critique, je vous conseille d'essayer de trouver vous aussi une explication logique entre le livre et la catastrophe AVANT d'aller lire les explication du cercle zététique).
Je termine ce billet sur cette autre question de hasard, de coïncidence ... ou tout bêtement d'ironie du sort : parmi les victimes du naufrage du Titanic, se trouvait le journaliste W.T. Stead qui, dans la critique qu'il avait faite du livre de Morgan Robertson, avait conclu par cette phrase: « C'est exactement ce qui pourrait se passer si les grandes compagnies de paquebots persistent à ne pas prévoir assez de chaloupes de sauvetage pour tout le monde ! ».
Lui, on peut aisément imaginer à quoi il a dû penser avant de mourir : "C'est ballot..."
Écoute ton corps
Je n'ai rien contre l'idée. Je crois même en partie à la somatisation, en tant qu'expression de certains dénis inconscients. J'ai même entendu la théorie selon laquelle le mot maladie viendrait de "mal à dire". Why not ? On n'a rien prouvé en ce sens, mais on n'a pas prouvé le contraire non plus.
Toujours est-il que ce soir je m'interroge. En effet, si mon corps me parle et que je doive l'écouter, comment dois-je interpréter le fait qu'il soit que je sois allergique .... à la crème anti-rides dans laquelle je viens d'inve$$$$tir j'ai-40-ans-merde-toutes-ces-années-sans-tenter-d-intercepter-rides-z'et-ridules ?
Mon corps me parle, bon. Admettons. Mais s'il est doté de la parole, me semble qu'il lui manque la vue, nan ?
Ne voit-il donc pas les outrages du temps qui l'ont pris d'assaut normal-t-as-40-ans-je-te-rappelle ?
Je m'interroge [et m'inquiéte de son message lors de la prochaine coloration capillaire....].
Sanson avec son
Je vais visiter une amie très proche suite à l'opération qu'elle a subie. Sur la route, une chanson tirée d'un album que nous écoutions beaucoup toutes les deux, il y a une éternité, à Paris, se rappelle soudain à moi. Une chanson que je n'avais plus entendue depuis un très long moment, et qui tombe à pic sur ce chemin qui mène vers ma convalescente préférée.
Ou comment je découvre que mon lecteur de mp3, en plus d'avoir un certain sens de l'humour et de l'à-propos , sait aussi être rassurant et positif. Car cette chanson qu'il a choisie de jouer, alors que je me dirige vers chez mon amie, n'est autre que "Indestructible"" de Véronique Sanson. Dont nous aimions surtout chanter le refrain :
Indestructible, on est indestructible
Indestructible, tout nous paraît possible
Indestructible.
Comme cette amie, ma très chère et très battante amie.
Et comme mon amitié pour elle.
Pas touche
J'ai vu le film "Les Intouchables".
Le feel good movie par excellence. On en sort, on sourit. Enfin un film sur de bons et grands sentiments, l'amitié, la compassion, l'humanité. Le tout avec son lot de bonnes blagues et d'humour potache pour faire passer en douceur le tragique du handicap (l'un des héros est tétraplégique).
Une fois sorti du film, il y a tout de même un second effet Kiss Cool qui ajoute une touche d'amertume, de perplexité qui dérangent. Du feel good movie façon junk food. C'est bon quand tu le manges, tu culpabilises après.
Car derrière les bons sentiments, il y a la banalisation d'une société d'inégalités choquantes, qu'on accepte avec un fatalisme bon enfant. La banlieue est fidèle à elle-même. D'une tristesse crasse. Loin. Accessible par un RER aussi sinistre que ses tours. Pleine de petites cailleras qui tue le temps (et ses ASSEDIC...) en dealant et en fumant des pétards, et qui n'ont même pas une vraie baignoire pour se laver, les pauvres (!).
J'admets, personne ne parle de bruit ni d'odeur. On est dans une comédie française qui a cartonné. Même le riche qui se paye une pute massothérapute ne choque personne (de toute façon, son truc, c'est pas la fellation, c'est le massage d'oreilles - l'honneur est sauf).
Heureusement, pour contrer le sordide de la banlieue, il nous reste la sérénité d'un hôtel particulier de Paris (avec de VRAIES baignoires...) et le chic des restaurants ou autres salons de thé intra-muros. Où le raffinement, l'art, la musique classique et le champagne, certes bu à la paille (on est tétraplégique ou on l'est pas, perso, j'opte pour l'option plein aux as) priment, et - limite pastiche de Pretty Woman - où prendre un jet pour aller à la montagne ou la Maserati pour aller voir la mer sont monnaies courantes.
On peut bien taquiner un peu de la vitesse sur les quais de Seine en fumant un pétard en conduisant ou se foutre ouvertement de la police, on va pas chipoter merde. C'est une comédie tout de même, non ? Pas une critique de la lutte des classes.
...
"Les intouchables", plus qu'une comédie d'un pays schizophrène qui a choisi d'en rire, est surtout le film qui m'a fait réaliser que, schizophrène moi aussi, j'en étais arrivée à critiquer la France avec une politically correctness très nord-américaine, d'un rabat-joie et d'un manque d'humour et de légèreté que je ne me connaissais pas.
"Les intouchables", ou le jour où je suis devenue réac.
J'ose même plus aller voter du coup, sait-on jamais ?
... Marine, sors de ce corps !
Bref, j'ai vu "les intouchables". VDM.
"Je ne doute de rien" selon Héloïse
Héloïse n'est pas du genre à demander "Maman, peux-tu signer mon bulletin de notes, s'il te plait ?". Elle dit plutôt "Maman, écris un mot sur mon bulletin pour dire la fierté que tu as pour moi".
Je ris doucement devant autant de désinvolture, tout en notant au passage qu'en plus de l'impératif présent et de l'impératif passé, il faudrait il me semble un nouveau temps pour ma fille, que j'appelerais l'impératif de la poupoune (ou l'impératif du féminin, tiens, pourquoi pas ?). Donc, comme je ris devant sa requête, elle m'explique ses évidences :
"Ben quoi ? J'ai que des 80%, des 85%, des 90% et des 95%. Tu peux être fière, non ?".
Mais oui, ma fille, bien sûr que je suis fière.
De toi, de tes notes mais surtout de cette façon que tu as d'être fière de toi-même.
100% des perdants ont tenté leur chance
En une semaine, j’ai essuyé 3 défaites. 3 réponses négatives à autant de concours littéraires auxquels j'avais participé.
Le premier, le prix Pégase de Maisons-Laffitte, un concours dont le thème était "Sur le fil...". J'ai reçu le verdict par la Poste. Une lettre fort aimable qui m’informait très poliment que mon texte n'avait pas été retenu et qui m'incitait à continuer à écrire. Je n’ai pas été trop déçue, mon texte n’était pas très bon. J’ai eu l’occasion de lire les textes gagnants des années passées et le niveau est assez élevé. Trop haut sûrement pour ma modeste plume. Tant pis, j'y participerai quand même à nouveau l'an prochain.
L’autre concours était organisé par la série télévisuelle « Apparences » de Radio Canada. Le thème : « Histoire de famille, réelle ou fictive". Cinq textes finalistes ont été retenus, qui ne sont plus hélas disponibles en ligne. Il y en avait 2 que je trouvais particulièrement originaux. Quant au texte gagnant, il m'inspire peu de choses...
Le dernier concours est le prix littéraire de la nouvelle, de Radio Canada encore. J’avais fait partie des finalistes, il y a 2 ans, mais pas cette année. Cette fois, site web oblige, ils ont publié les 10 textes finalistes afin que le public puisse voter pour le meilleur. Là encore, la subjectivité prime – comment pourrait-il en être autrement en litterature ? - et personnellement donc (mais je ne suis pas partie du jury donc on s'en moque), je trouve mon texte (l’histoire d'un homme insipide qui décide d’orchestrer sa mort) meilleur que certains qui ont été retenus et moins bons que d’autres.
Je n’ai rien gagné donc mais je retiens une chose. J’aime mes textes, avec toute la fierté – mal placée et à la légitimité douteuse – de celle qui a engendré. Rien à voir, je pense, avec de la prétention ou de l’orgueil. Mes textes, ma façon d’écrire ... c’est moi. Simplement moi, avec ce qui me distingue et ce qui me rallie à la masse. Des points d'originalité dans un océan de banalités. Le voudrais-je que je ne serais pas capable d’autre chose. On écrit comme on est. On écrit ce qu’on est – même si je n’ai rien d’un Armand loser qui souhaite organiser sa mort. Juste que les mots utilisés, le ton, les tournures... c’est moi.
Je n’ai pas gagné, et si cela ne me réjouit pas, cela ne m’affecte pas non plus. Il y a encore quelques annnées, cela aurait probablement suffit à me faire renoncer. Mais renoncer à écrire, oh... je souris doucement.
Comme si j’avais le choix.
Les heures nocturnes
1h du mat’.
Les trombes de pluie qui tombent sur le pavé de la petite place sur laquelle donne la chambre de notre hôtel me réveillent. Je me sens fiévreuse de la grippe attrapée dans l'avion, à l'aller. Je tente de me rendormir, de vaincre le mélange nauséeux de fièvre et de décalage horaire. J’essaye de ne pas bouger, afin d'amadouer le sommeil fuyant et tenter de le ré-apprivoiser afin de me rendormir bientôt.
J'écoute, au delà du bruit de la pluie qui tombe, le souffle régulier de Mon Mec qui dort juste à coté. Il travaille demain, il ne faut pas le déranger.
Je me laisse bercer par la régularité de la pluie qui délie ma pensée. Ça y est, je me rappelle maintenant. Cet acteur qui dinait ce soir, à la table d’à coté.. Je n'arrivais pas à le resituer. Jacques Weber, je crois. Le comte de Guiche, dans Cyrano de Bergerac. Puis aussi, le nom du boss de Mon Mec... Ce nom me disait quelquechose. Voilà, tout me revient - étrangement dans mon esprit pourtant agité de la nuit- c'est celui d'un violoncelliste français contemporain dont j’ai lu quelquechose au sujet de son interprétation des suites de Bach...
Bien.
Il faut que je dorme.
Le genre de formule vouée à l'échec.
Je me lève boire un verre d'eau dans la salle de bain attenante. Par la fenêtre, je regarde la pluie tomber sur les terrasses vides. Je vois aussi, de l’autre cote de la place, sous les arcades qui la bordent, une table dehors, chauffée par un brasero, autour de laquelle finissent de diner un groupe d'amis. Ils regardent eux aussi la pluie tomber en grillant des cigarettes, qui éclairent délicatement la nuit de leur point incandescent.
J'ai cette envie floue d'aller faire un tour dehors, moi aussi, faire le tour de la place à l’abri des arcades. Mais cette fatigue insomniaque m'en empêche, m’habiller, sortir sans faire de bruit, tout cela parait compliqué, insurmontable, au milieu de la nuit. Puis j’ai la grippe, je dois rester au chaud.
Je suis dans cet état insupportable, dans lequel on s’enfonce lentement comme dans des sables mouvants, cet état de l’entre-deux. Décalage horaire d'entre deux monde, fièvre et frisson d'entre deux corps. Je retourne me glisser dans les draps, espérant y trouver un nouveau chemin vers le sommeil.
Mais non. Malgré la fatigue, mon corps s’y refuse.
2h du mat.
Le clocher du village a sonné les deux coups. Je réalise alors que la pluie a cessé. Je me relève voir la petite place depuis le haut de mon observatoire. Les amis de la table en face sont partis, la place est encore toute luisante de l’eau tombée tantôt.
J’attrape mon iPhone pour y noter ces quelques mots et prendre une photo. Assise sur le bord de la baignoire, j’essaye de tuer le temps. C’est lui qui me tue. Il se rappelle à moi toutes les 1/2h, grâce au clocher. Un coup pour marquer la demi, puis plusieurs coups pour les heures.
Je me glisse à nouveau contre Mon Mec. Il se réveille légèrement, me touche délicatement le front de la main « Ça va ? Tu ne dors pas ?». La fatigue me donne envie de pleurer, je me glisse contre sa chaleur, rythme ma respiration sur la sienne. D’ordinaire, ça marche.
J’entends encore la demi sonner.
Puis 4h. Puis…. Trop tôt, pas maintenant, non, s’il vous plait….
Le réveil qui, à 8h, me somme de me lever pour me recaler enfin.
Message personnel
Le savoir confère un pouvoir éternel
La semaine dernière, Institut du Monde Arabe à Paris. Un endroit que j'adore pour son raffinement, pour l'esprit qui s'en dégage, axé sur les lettres, sur la culture et le lien entre les peuples. On aimerait penser qu'il représente l'harmonie supposée entre les peuples et on pourrait presque croire en le visitant qu'il n'existe aucun problème d'intégration en France. A tout le moins, il a le mérite d'exister, en modèle de tolérance vers lequel aspirer.
Son architecture est à son image : un savant mélange de modernité appliquée au traditionnel, une façade composée de moucharabieh avec capteur photo-électrique individuel qui mesure la luminosité extérieure, commande le diaphragme central de chaque moucharabieh (il y en a des centaines) afin de conserver une luminosité constante à l'intérieur du bâtiment.
Le bâtiment se trouve le long de la Seine et sa terrasse sur le toit propose une vue unique sur l'île St Louis et sur l'île de la Cité. Bref, un lieu incontournable de chacune de mes escapades parisiennes, généralement suivi par un thé et une patisserie au salon de thé de la Grande Mosquée qui n'est pas très loin de là.
Je me promenai donc dans la boutique du rez-de-chaussée, qui vend des babioles, des calligraphies, des calames en roseau pour les dessiner, des livres - en français, en arabe ou bilingues. Je jouai à ce jeu auquel je joue depuis très longtemps lorsque je suis face à des rangées de livres. Ce jeu par lequel j'aime à penser que je reçois un message personnel "d'ailleurs", sans que cet "ailleurs" soit bien défini (le hasard, Dieu, le fantôme du lieu ?...). Je me laisse guider par ce hasard sans nom vers une étagère, laisse ma main saisir au hasard un livre, choisir une page.
Puis je lis.
Cette fois-ci, j'ai ouvert "Retour de Londres" d'Etel Adnan. Et la page que j'ai lue (me ?) disait ceci, que j'ai trouvé à la fois magnifique et glaçant :









