Le Blog de CL

Mes humeurs, mes lectures et tout ce qui me passe par la tête et que vous ne souhaitez pas forcément savoir !

04 décembre 2009

L'oeuvre de Dieu, la part du Diable

La guérison inespérée de Kylain a entrainé de nombreuses réactions, a généré de nombreux commentaires. Ce qui m'a le plus frappée, c'est que chacun s'en est trouvé conforté dans ses propres convictions.

Il y a eu les amis ou collègues croyants, toutes confessions confondues, qui m'ont déclaré d'une même voix, d'une même certitude ravie, et sur l'air de je-vois-pas-ce-que-tu-veux-de-plus "C'est quand même bien la preuve que Dieu existe !".

Ensuite, mes amis athées scientifiques, qui se sont réjouis des limites franchies de la science et qui s'enthousiasment déjà devant l'étendue des possibles, comme autant de territoires à conquérir.

Enfin les médecins qui s'extasient devant le pouvoir du cerveau, ultime Terra Incognita, domaine où le dernier buzz word est "plasticité neuronale", science encore mal comprise et qui expliquerait cela.

Puis il y a les sceptiques. CL, présente.
Dont le scepticisme (Attitude d'une personne qui doute, qui n'adopte aucune croyance. Doctrine philosophique qui nie la possibilité d'atteindre la connaissance de la réalité telle qu'elle est. Par extension progressive de son sens, le mot "scepticisme" en est venu à désigner un doute sur ce qui est de façon générale accepté comme vrai) se trouve lui aussi renforcé devant autant d'inexplicable.

Marc mon frère, le père de Kylian, s'étonne "La preuve que Dieu existe. Ça me fait doucement rigoler. Pourquoi Il nous aurait foutu cette maladie de merde et pourquoi à Kylian ?" (le scepticisme est un trait de la race chez les L). D'autant plus étonné que Kylian ... a demandé il y a quelques jours à être baptisé... ("Autant vouloir remercier son bourreau").

D'un autre coté, on peut aussi considérer Dieu comme un fin stratège sur ce coup-là, qui en soufflant le chaud et le froid, récupère au final une ouaille dans ses filets. (blasphème...)

Du coup, je ne sais que penser. Le désir de baptème de Kylian, je le comprends. J'ai moi-même été baptisée à 11 ans. Hé oui, mon père étant athée, le curé de l'époque avait refusé de nous baptiser enfant "Ils choisiront plus tard".

Plus tard, on a suivi des cours de catéch' durant lesquels on a "choisi" (quoique le mot me paraisse finalement un peu entaché vu le contexte...). Perso, le catèch', j'aimais bien. De belles histoires, un peu sur-réalistes (ça prépare pour Eluard). Avec malgré tout cette perplexité tenace, ce scepticisme en latence qui tenait à peu de chose, mais après discussion avec des catholiques, c'est apparemment là-dessus que repose le principe de la foi (ça partait mal)...

Voilà, je n'ai jamais compris le principe selon lequel "Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle". Enfant, j'ai bloquée, horrifiée, sur le supplice du Christ sur la Croix, qui appelle son Père à l'aide et que celui-ci ne semble pas entendre. Je le trouvais un peu salaud, le Dieu de miséricorde. Ça ne collait pas au personnage "bienveillant et qui nous aime" et me le rendait suspect. Du coup, je n'ai jamais pu m'Y attacher... Je sais, c'est con.

Mais j'ai quand même voulu me faire baptisée ("Peut-être que l'eau avec laquelle ils nous aspergent a des propriétés révélatrice?"). J'ai même fait du catèch' jusqu'à .... tenez-vous bien, 17 ans ! ("Ils semblent tous en être persuadés, je vais moi aussi bien finir par y croire merde. Oops, pardon Dieu"). Je VOULAIS croire. Vraiment. Jamais été capable.

J'ai abandonné quand je suis rentrée en Math Sup. D'un coté, ça m'a bien aidée. L'algèbre et les équations différentielles après des années à comprendre où était Dieu, ça a presque été une ... bénédiction (!). Ma (non)foi est devenue peu à peu "Où est Charlie".

Du coup, au sujet de la maladie et de la guérison de Kylian, laquelle est l'oeuvre de Dieu, laquelle est la part du Diable, je ne cherche même pas à le savoir.

Je me réjouis pleinement que Kylian soit de retour avec nous.

A défaut de remercier directement Dieu, je remercie ceux qui ont intercédé auprès de Lui pour Kylian.

Quant à mon cher neveu, je l'accompagnerais avec plaisir à autant de messes qu'il le souhaitera, comme j'accompagnais ma mémé quand j'étais enfant, pour le plaisir du recueillement, du calme et de l'odeur étrange des lieux de prières. Et avec l'espoir secret, je l'avoue, que Kylian saura me faire comprendre, qui sait ? ce qui m'a échappée si longtemps...

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03 décembre 2009

Maudite chanceuse

Héloïse, ce matin, un chocolat dans la bouche, qui contemple son calendrier de l'Avent d'un air pensif.

- Maman, c'est quand mon jour de chance ?
- Je ne sais pas, c'est quoi que tu appelles ton jour de chance ?
- Ben tu sais, le jour qu'on aime bien, celui où on a de la chance.
- Pour toi, je ne sais pas. Généralement, les gens disent qu'ils ont un jour de chance parce qu'ils ont l'impression qu'il y a une journée meilleure que les autres pour eux. Toi, tu as des journées que tu préfères ?
- Oui !! Tous les jours d'école (on aime ce genre de réponse)
- Et les fins de semaines, tu les aimes aussi ?
- Oui !! Beaucoup.
- Bien tu vois, tu es comme moi, tous les jours sont nos jours de chance. C'est très rare, on est très chanceuse.

Elle aime bien l'idée, mais ça froisse un peu le concept tel qu'elle semble l'avoir appris auprès de ses copines. Elle continue à regarder le calendrier de décembre. Une lueur joyeuse s'illumine.

- Le 23, c'est ma fête ! Donc c'est une journée encore mieux que les autres ! Mon jour de chance, c'est le 23.
- Bonne idée. Et pour moi, ce sera le 8 et le 23.

Adjugé, vendu !

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01 décembre 2009

Yes, you can !

Mon frère Tone, entre 2 toiles, cherche du travail en tant que graphiste, infographiste.  Ce matin, il reçoit l'appel d'une charmante jeune femme. La scène suivante est réalisée sans trucages :

- Bonjour M. Tone. Nous avons pris connaissance de votre Cv sur Workopolis. Et notre entreprise offre un poste suceptible de vous intéresser vu votre expérience et acquis profesionnel.

- Trés bien. Tout d'abord je tenais à vous remercier de l'intérêt que vous avez porté  à mon CV bla bla bla bla......... Puis, quel est le poste que votre groupe propose?

- Il s’agit d’un poste de conseiller en sécurité financière.

- ...

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30 novembre 2009

C'est un miracle

Kylian sort de l'hôpital à la fin de la semaine. Il va passer quelques semaines dans un centre de ré-éducation pour fortifier ses muscles atrophiés par près de 3 mois passés couché, et suivre quelques séances d'orthophonie car il bute sur certains mots quand il parle.

Mais sinon il discute, il écrit, il compte. Il a retrouvé les règles de ses jeux de cartes favoris, il regarde la TV et répond au téléphone. Il marche aussi, et voudrait déjà se remettre à courir. Il ne reprendra pas l'école avant la rentrée prochaine, pour laisser le temps à son cerveau de se ré-adapter et n'être pas saturé par de nouveaux apprentissages.

C'est un miracle, et le mot est des médecins eux-même qui n'y comprennent rien. Depuis son réveil, il y a 3 semaines, Kylian n'a cessé de progresser, de façon rapide et inattendue. Mais surtout, et la chose est très étrange, sans aucune cohérence ce que mesuraient les électo-encéphalogrammes, qui continuaient à le dire quasiment en mort cérébrale... alors qu'il riait et parlait... Inexpliqué.

Les dernières mesures prises il y a 2 jours semblent se ré-aligner doucement sur le comportement de Kylian. Comme si elles n'avaient pas le choix. Personne ne sait, personne ne comprend...

Marc, mon frère, me dit qu'il a l'impression d'émerger doucement d'un cauchemard qui aura duré 2 mois, qui se fond peu à peu dans le passé. Et dont on n'espère surtout qu'il ne reviendra pas. Car, et c'est la rançon de toutes ces imcompréhensions, ce qu'a eu Kylian demeure inconnu.

C'est une épée de Damoclès que l'on va essaye d'oublier vite, pour nous réjouir tous de cette fin, aussi inattendue et heureuse qu'incroyable.

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28 novembre 2009

L'holocauste pour les moins de 8 ans

death_row


Telle mère, telles filles, mes CL-ones aiment aussi Jean-Jacques Goldman (j'assume et je vous emm...). Avec une affection particulière pour "Comme toi". J'avais 11 ans, en 1982, quand cette chanson est sortie. Eté 82, même. Les monos de la colonie où j'étais allée n'avaient cessé de l'écouter et je me souviens parfaitement du mélange de tristesse et d'émotion diffuse qui m'étreignaient à chaque écoute.

             Elle avait les yeux clairs
             Et la robe en velours
             A coté de sa mère
             Et la famille autour
             Elle pose un peu distraite
             Au doux soleil de la fin du jour

             La photo n'est pas bonne
             Mais l'on peut y voir
             Le bonheur en personne
             Et la douceur d'un soir
             Elle aimait la musique
             Surtout Schumann et puis Mozart


Une douce mélancolie me prenait, et je réalise que j'en ignorais l'origine. Les violons et l'air lent de la musique ? La même tristesse et la même mélancolie que mes filles ressentent, et qu'elles recherchent quand elles me demandent cette chanson.

             Elle s'appelait Sarah
             Elle n'avait pas huit ans
             Sa vie, c'était douceur,
             Rêves, et nuages blancs
             Mais d'autres gens
             En avaient décidé autrement

Je leur ai demandé ce qu'elles comprenaient de la chanson, quelle était l'histoire de la petite Sarah. Elles n'ont pas bien su. "Elle s'appelle Sarah". Puis "Ça raconte quoi, maman, comme histoire ?". Merde... J'aurais pas dû commencer... J'ai hésité, que leur dire ? Je leur ai parlé du monsieur qui chante cette chanson pour sa petite fille.

"C'est Sarah, sa fille, dis maman ?".  Non, il raconte à sa fille, dont on ne connait pas le nom, l'histoire d'une autre petite fille qui s'appelle Sarah. Elle est née il y a très longtemps, à Varsovie. Varsovie, c'est une ville d'un pays qui s'appelle la Pologne, où il y a eu la guerre.

             Elle avait tes yeux clairs
             Et elle avait ton âge
             C'était une petite fille
             Sans histoires et très sage
             Mais elle n'est pas née
             Comme toi ici et maintenant!

"Sarah, elle était dans une ville en guerre ? Mais qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?". Le papa, il raconte à fille à quel point elle a de la chance d'être née dans un pays en paix, comme vous, ici à Montréal au Canada. La chanson ne dit pas ce qu'il est arrivé à la petite Sarah, peut-être qu'elle est morte pendant la guerre ?...

"Elle est morte ?! A 8 ans ?!". Oops, je sens que la session pédago est en train de virer en séance psycho. Mais en même temps, doit-on tout leur cacher ? Je veux leur faire comprendre à quel point on a de la chance de vivre dans un pays en paix, que d'autres enfants n'ont pas cette chance.

Mais doit-on leur expliquer que ces autres enfants en meurent  ? ...
Comment leur expliquer tout cela ?
Comment concilier le devoir de mémoire au devoir de protection parentale ?
Les protégeons-nous trop ?
Mais en même temps, elles sont (surtout Alexane) si sensibles ?
Comment faire ? Quoi dire ?... [le premier qui me dit "faut déjà arréter JJG" @#$!]
Sont-elles trop jeunes ?

J'ai botté en touche. "On ne sait pas ce qui est arrivé à la petite Sarah. Peut-être qu'elle a vécu, peut-être qu'elle est morte parce que c'était la guerre"...
Et me suis demandée, à quel âge, l'holocauste ?...

Oeuvre : The Death Row de Tone

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25 novembre 2009

Bloody Wednesday

Journée de daube, qui a commencé avec la (très mauvaise) idée de venir au bureau en caisse. 'tain de caisse qui tombe en ruine et qui est tellement pourrie que la seule façon de lui donner de la valeur, c'est de faire le plein d'essence.

Tellement pourrave que la première grippe et accroche et rend les démarrages longs et incertains. Ce qui n'a pas manqué énerver mon connard du jour, déjà à fond sur le klaxon à peine le feu passé vert. Allez savoir pourquoi, Wednesday Bloody Wednesday, j'ai - mal - réagi. Je lui ai pointé un majeur qui, sans fausse prétention, n'avait rien à envier aux Fuck You de la cours d'école de mes filles...

Shame on me.

Et de me dire ce soir que, si les cons commencent à nous rendre conne, il faut se méfier.
C'est qu'ils gagnent du terrain....

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24 novembre 2009

Que quelqu'un m'attende

J'ai atterri 2 fois en l'espace de 5 jours à Montréal. Les sorties d'aéroport quand on revient de voyage d'affaires n'ont pas l'émotion des retours de voyage personnel. Personne n'est venu vous chercher pour vous épargner la navette ou le taxi ("le taxi, on s'en fout, c'est la boite qui paye").

D'ailleurs, quand on voyage pour le boulot, les touristes nous emmerdent. Ils débarquent à plusieurs, reposés et détendus, ils squattent la douane et nous narguent de leur bronzage pendant qu'on exhibe notre teint pâle des salles climatisées.

Ce soir, petite crise romantique pour cause de down de fatigue, je pensai à cela, au taxi à chercher (encore une file d'attente...) en anticipant avec un petit pincement au coeur ceux qui devaient déjà être là, derrière les barrières de sécurité, avec leur ballons gonflés à l'hélium "Welcome!!" et les bouquets de fleurs. Je repensai au titre d'un bouquin d'Anna Gavalda "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part". Séquence auto-apitoiement...

J'ai dû rêver trop fort, le douanier a dû entendre mon blues de la business woman qui voudrait que quelqu'un l'attende, parce qu'il m'a dit avec un sourire charmant "Par ici, mademoiselle".

'TAIN, INSPECTION COMPLETE DES BAGAGES POUR VERIFIER QUE JE N'AVAIS EFFECTIVEMENT RIEN A DECLARER !!

Si monsieur, deux voyages aux states en une semaine, ça s'peut, pfui...
Ouiiiiinnnnnnn.
'tain, heureusement, à la sortie, du coup, il n'y avait plus personne.
Dommage, j'aurais bien crevé deux troix ballons ...

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23 novembre 2009

Héloïse, ce matin, sur le chemin de l'école‏

m'annonce, assez fière d'elle, "Tu sais maman, depuis que je suis née, je ne suis pas morte une fois".

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22 novembre 2009

Hors de tout doute

J'ai vécu en l'espace d'une dizaine de jours deux soirées très différentes et à la fois étonnantes de similitude, l'une semblant être une copie déformée de l'autre.

Il y a deux semaines, j'assistai à la représentation de "12 hommes en colère" montée par une troupe québécoise de théatre amateur Histrion. Cette pièce, écrite dans les années 50 par Réginald Rose, raconte la délibération de 12 jurés à l'issue d'un procès où un homme, dans la vingtaine, mauvais garçon, maltraité par son père, est accusé du meurtre de celui-ci. Selon la justice américaine, pour qu'un jugement soit rendu, les 12 jurés doivent voter à l'unanimité pour un verdict hors de tout doute raisonnable. La pièce commence par un premier vote, où 11 des jurés votent coupable et le dernier non coupable. Durant les 2h que dure la pièce, le juré sceptique persuadera peu à peu, non pas de l'innocence du présumé coupable, mais d'une certaine incertitude quant aux preuves présentées en cour.

La semaine dernière, je rencontrai un collègue originaire de Floride. Il nous a raconté le procès auquel il a participé en septembre. Le présumé coupable, un jeune homme dans la vingtaine, présenté par de nombreux témoins comme un bon gars, était accusé du meurtre non prémédité de son bébé de 2 mois. L'enfant est décédé des suite du syndrome de l'enfant secoué. La défense portait sur le coté exceptionnel du geste, alors que l'accusation tentait de prouver le caractère violent du père.

Il nous a tout expliqué en détails, les minutes détaillées une à une pendant les 5 jours qu'a duré le procés, entre 20h30, heure où la mère a laissé le bébé sous la garde du père et 23h50, heure du constat du décès de l'enfant. Il a raconté l'autopsie, les caractéristiques uniques au syndrome de bébé secoué (i.e. le sang uniformément réparti dans l'ensemble de la boite cranienne et les yeux injectés du sang venu via le nerf optique), la suspicion de violence sur nourrison, qui avait été reçu un mois auparavant aux urgences pour fémur cassé. L'explication médico-légale sur comment on casse un fémur à un nourrisson. Le témoignage de la mère, folle de culpabilité, qui innocentait le père et prenait toutes les fautes sous sa responsabilité.

Dans ce procès, comme dans "12 hommes en colère", le premier vote a aussi été de 11 coupable contre un non coupable. Une femme, pas convaincue non plus de l'innocence du père, mais qui ne pouvait voter coupable hors de tout doute raisonnable. La délibération a duré 4h pour finir sur un verdict de culpabilité.

Je repensai à ces deux histoires.
Deux tristes histoires de pauvres gens. Avec un mort en victime finale.

Un parricide contre un infanticide.
Un sceptique qui a convaincut les autres contre une sceptique que les autres ont convaincue.
Un innocenté contre un coupable.

Et me disais que, comme souvent, la réalité dépassait à nouveau la fiction.

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20 novembre 2009

La terre est bleue comme une orange

Je n'ai jamais compris les subtilités, ni donc les émotions, de la poésie en général. Le cas particulier de Paul Eluard, sans rien y comprendre non plus, m'a toujours intriguée. Cette façon d'aligner les mots, dans un désordre à se demander ce qu'il a bien pu fumer, qui donne des phrases au sens obscur telle que celle ci : la terre est bleue comme une orange.

Il semble cependant que la signification du vers n'ait pas échappé à tous. Je peux même témoigner que www.aquarelle.com, site de livraison de fleurs, m'en a fait récemment une brillante interprétation.

J'ai commandé pour ma mémé, blessée suite à un accident de voiture et qui se remet doucement de ses fractures aux cotes, ce bouquet de fleurs judicieusement intitulé Bleu Indigo.

saison_bleu_0839_250

Le service est impeccable, avant la livraison, Aquarelle nous envoit une photo du bouquet qui sera livré. Avec cette note :

Votre bouquet ou plante a été pris en photo quelques minutes avant son départ, dans son emballage. Cette photo vous permet de vérifier que le choix de votre produit a bien été respecté. A la différence de la photo du catalogue qui présente des fleurs ouvertes, nous envoyons des fleurs fraîchement coupées et fermées, pour que le bouquet s'épanouisse pleinement chez le destinataire.

111479LIV

Hum.... j'ai eu du mal à "vérifier que le choix de mon produit a été bien respecté"... J'ai bien pensé à blâmer la qualité de l'appareil-photo. Puis j'ai pensé à Eluard. 

         La terre est bleue comme une orange
          Jamais une erreur les mots ne mentent pas

La terre est bleue comme une orange.... Votre bouquet est jaune comme le bleu indigo...
Heu, ben....Ok alors.
Merci Aquarelle.

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