... ou pourquoi entrer dans une librairie me décourage.

J’adore ces endroits, librairies ou bibliothèques, avec leurs rayonnages bondés, pleins à craquer de livres, fascicules, papiers reliés et promesses d’heures délicieuses. Jules Renard le disait « Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux ».

Pourtant, j’ai en même temps horreur de ces lieux, qui me renvoient à ce découragement qui doit accompagner toute personne qui souhaite/essaye/persiste à écrire : tout a déjà été dit, comment le dirais-je mieux moi-même ?

C’est d’ailleurs pour cette raison que j’extrais des phrases des livres que je lis. Pas dans un but d’avoir une liste de citations à sortir pour faire intello. Non. Juste pour me rappeler que mes idées ont déjà été si parfaitement et si justement exprimées que c’est à se demander pourquoi je persiste malgré tout à noircir ce blog.

Pour ça, comme me le souhaitait une très bonne amie ? ...

Hum... non. Même pas. Pour rien, vraiment.

[Dans la série "je n'aurais pas mieux dit moi-même", 3 phrases cadeaux - merci CL]

C’est en entrant dans la décennie des 3 que j’ai perdu ce bien inestimable : l’insouciance

                        Les vaisseaux du coeur - Benoîte Groult

L’amour rend faible, et le plus faible des deux est opprimé, torturé et finalement tué par l’autre, qui de son coté opprime, torture et tue sans penser à mal, sans même en éprouver de plaisir, avec une complète indifférence; voilà ce que les hommes, ordinairement, appellent l’amour.

            La possibilité d’une île - Michel Houellebecq

Je ne comprends pas ces femmes qui utilisent des godemichés, alors qu’il y en a de si chauds et si vivants attachés aux hommes.

            Au delà du crépuscule - Robert A. Heinlein