Il est étonnant de constater comment peu de mots peuvent dévoiler un pan entier d'une vie.

Vendredi matin, aux portes de l'école. C'est le 2ème jour de rentrée et les enfants de maternelle sont fébriles. Il y a là une maman, que j'entends par inadvertance. "N'oublie pas, j'ai mis ta collation dans ton sac. Et puis ce soir, n'oublie pas, c'est papa qui vient te chercher, hein ? N'oublie pas, ce n'est pas maman. Maman, tu ne vas pas la voir pendant 3 jours, hein ? N'oublie pas..."

L'enfant semble un peu affolée, la cloche a sonné, les portes sont ouvertes et il faut rentrer. Sa mère continue, que l'enfant écoute d'une oreille distraite. Elle aussi veut suivre les amis qui commencent à rentrer dans la salle de classe. La mère pourtant continue son laïus, retenant sans le vouloir cette enfant qui veut s'en aller.

Et quand je la regarde, il me semble que non, elle n'est pas prête de l'oublier, que son papa et sa maman ne vivent plus ensemble.

[ok, ok. Je vous l'accorde, peut-être ai-je mis trop de drame dans ce monologue qui n'en contient peut-être pas. Peut-être que cette mère ne part-elle finalement que 3 jours visiter quelque amie, laissant mari et enfant seuls l'espace d'un week-end. Who knows ?]