Il y a longtemps, j'ai eu une discussion avec une amie qui se défendait, comme encore beaucoup de femmes, d'être féministe. "Pouah, féministe, moi ? Bien sûr que non !". La dernière des hontes, pire qu'avoir choppé une MST. Je lui disais que je ne voyais là qu'une tactique pernicieuse qu'on avait de nous retirer nos droits, de nous faire taire (quand ça dérange que l'on parle) et de nous remettre à "notre place".

Car qu'est-ce que le féminisme,au fond, sinon une forme justice, qui se préoccupe avant tout des femmes ? Une devise en forme d'Egalité, d'Equité et de Respect ?

Egalité des droits - Donner les mêmes chances aux un(e)s et aux autres. Indépendamment du sexe. Il veut être éducateur ? ok. Elle veut être ingénieur en bâtiment ? Ok. Dans la mesure où il/elle démontre qu'il/elle en a les capacités.

Elle veut rester au foyer, s'occuper à repasser les chemises de son mec ? Ok, si c'est ce qu'elle veut, elle. Pas si c'est ce qu'il veut qu'elle fasse (ou que la société veut qu'elle fasse). Il veut la garde de ses enfants, ok, si il montre qu'il sait s'en occuper.

Je dis qu'on est toutes, nous qui sommes nées en Occident, féministes, car notre éducation occidentale tient cela pour acquis. Cette justice est évidente ici, au Canada, et en France. Bien sûr, il reste encore des couacs dans le système. Et je dis que c'est à nous, les femmes, de faire en sorte que cela s'améliore. Pas en militant "contre les hommes", car dans ce "combat" ils sont nos meilleurs alliés. Mais en militant contre les petites inégalités quotidiennes, la misogynie ordinaire, les préjugés à l'encontre des femmes, les disparités de salaire, les petites condescendances liées à notre sexe.

Ce n'est pas un parti idéologique ou une philosophie de vie. C'est juste une sorte d'évidence qui est là, une sorte de "morale" à appliquer dans sa vie, de façon totalement naturelle.

Se dire anti-féministe, c’est comme déclarer être contre la démocratie. En profitant lâchement des bienfaits que cela apporte. Oui, je suis féministe. Et j'estime de mon devoir de veiller à ce que ces droits, justement, demeurent. J'estime aussi que c'est aux femmes de montrer que cette équité est possible. Car, paradoxalement, les pires actes anti-féministes proviennent des femmes. Je pense notamment à la maternité. Une femme qui s’arroge sans vergogne ses droits maternels (comme faire un enfant « dans le dos » d’un homme, ou refuser à un homme ses droits de père lors d’une séparation) agit de façon anti-féministe.

Mais aujourd'hui, je suis tombée sur cet article, décourangeant dans le chemin qu'il reste à parcourir, et qui déclare que "Men with egalitarian attitudes about the role of women in society earn significantly less on average than men who hold more traditional views about women's place in the world".

Ce soir je me sens fatiguée, et je peux juste penser à cette judicieuse pensée de Françoise Giroud qui déclarait "l'égalité sera là quand une femme incompétente accèdera à un poste à reponsabilité".

J'y crois... et j'y travaille [à mon incompétence, je veux dire :) ..]