Le Blog de CL

Mes humeurs, mes lectures et tout ce qui me passe par la tête et que vous ne souhaitez pas forcément savoir !

23 décembre 2008

Pas le genre

Voilà un mois, s'est passé un mini-drame, comme il s'en passe parfois dans la vie d'un enfant : Alexane s'est perdue dans un grand magasin. Enfin, pas vraiment perdue. Et pas dans un très grand magasin. Juste qu'elle voulait m'attendre au coin enfants (comprendre devant la télé) et que cette fois-là, le programme était naze. Et quand elle a voulu me rechercher dans les rayons, elle ne m'a pas trouvée. Très raisonnablement (et parce que en bons parents prévenants, on les a entrainées à ce genre de situation "que ferais-tu maintenant si tu ne nous voyais pas ?"), elle a été à l'accueil pour qu'une vendeuse m'appelle à l'interphone.

Bref, pas de quoi en faire un plat. Juste une petit traumatisme, chez mon angoissée de naissance.

Donc parfois, le soir, c'est opéra tragique à la maison : "J'ai peuuuuuur que vous m'abandonniiiiiiiiez". Des larmes plein les yeux, accrochée à notre cou. Je lui ai expliqué que je ne m'étais pas cassée à faire deux enfants aussi parfaites qu'elle et sa soeur ('tain, je m'en souviens encore de mes accouchements) pour les abandonner après. Et que même si parfois elles nous #$%^&!!!, on les aime et que AU GRAND JAMAIS on ne les abandonnera pas.

Mais les angoisses ont la peau dure (surtout dans l'imagination si vive de mon Alexane), et elle veut être sûre que je comprenne bien la chose. Et de m'expliquer que "tu sais maman, je ne suis pas le genre de petite fille qui serait heureuse à l'orphelinat, hein ?". Je le note "L'orphelinat, pas pour Alexane".

j'attends juste demain (histoire de ne pas aggraver son cas) pour lui demander si elle pense vraiment qu'il y avait des enfants pour qui "c'est le genre" l'orphelinat.

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15 décembre 2008

Aux blanches heures de la nuit

2h30 cette nuit – Je me réveille, par ce décalage étrange d’un corps trop fatigué, couché trop tôt et qui ne reconnaît plus la géographie de sa nuit. J’ai parfois ce genre d’insomnies. D’autres aussi, au hasard d’un stress que j’ignore et qui s’exprime de façon nocturne.

Quand le monde disparu l'on est face à soi

J’aime l’intimité de la nuit, seule à être réveillée au milieu d’un silence nouveau, au milieu des bruits atténués de la nuit. Je me souviens quand mes filles étaient bébés, j’ai fait partie de ces rares parents qui ont vécu leur première nuit complète comme un petit déchirement. J’aimais me lever la nuit, retrouver mon bébé vagissant dans son berceau. J’ai vécu de douces heures, ma fille, Alexane ou Héloïse, au sein, à nous bercer toutes deux dans le canapé blanc. Ayant eu des bébés en hiver, leur premiers mois, froids, renforçaient la tiédeur du dedans. Parfois, il neigeait au dehors, qui jetait une lueur pâle dans le salon, que je gardais lumière éteinte.

Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois

Elles s’endormaient au sein, souvent. Je sentais leur petites bouches téter moins fort, puis lâcher le sein. Je les ai appelées «  mes petites outres pleines » les voyant ainsi repues, bouche ouverte d’avoir trop bu, déjà rendormies. Je les ai souvent gardées contre moi, me suis endormie avec le poids de leur petit corps doucement pesant, leur souffle aux senteurs de lait aigre dans le cou.

Ces paroles enfermées que l'on n'a pas su dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris

Je repensai à cela cette nuit. A d’autres choses aussi, moins douces, que les heures sombres de la nuit blanche savent si bien amplifier, rendre tragiques, dramatiser.

Ces appels évidents ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit

3h40 – Par un curieux hasard, alors que je me sens soudain trop seule, mon cellulaire vibre. Message au milieu de la nuit d’un ami de France.

Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres

A chacun ses décalages… Quelques messages plus tard, il me rappelle qu’il est tard, qu’il faut que je dorme. Une douce sollicitude au milieu du sommeil qui revient.

4h00, je me rendors, d’un sommeil à la fois paisible et triste. Au gout d’une étrange nostalgie, pour toutes ces choses qui auraient dû être si simples.

Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard

Jean-Jacques Goldman, « Veiller tard »

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08 décembre 2008

En partant à moins 20, je ne serai pas en retard

Réveil à 6h45. J'allume la radio. Dans le flot continu des informations du matin, le point météo  "... il fait presentement -20C à Montréal. Avec le facteur vent, la température ressentie tourne autour de -28C. Si vous sortez, emmitouflez-vous bien...".

-20C.

Cela fait près de 10 ans que je vis à Montréal, et je n'arrive toujours pas à envisager ce que -20 signifie. Avec le temps, on établit tout de même un certain barème de température :
- 0 degré, quand c'est en automne, au moment où les températures chutent, 0 degré, c'est froid. Mais quand c'est à la fin de l'hiver, que le printemps se fait sentir, 0 degré, c'est la température à partir de laquelle on recommence à rouler les vitres ouvertes.
- 12 degré, c'est la limite que je me suis fixée pour aller skier. En deça, ce n'est plus gérable.
- 13 degré, c'est la limite pour sortir les nourrissons, dixit le manuel des jeunes parents qu'on nous a remis à la naissance d'Alexane.

En dessous de mettons -15, et bien, c'est une sorte de grand gouffre glacial. Dont les graduations ne font plus grande différence. Autant on estime la différence entre 0 et 20 degré, autant je n'ai pas encore réussi à appréhender la différence entre -12 et -32 (mon record personnel, oui je sais, je reste immigrante pour ce genre d'exotismes).

7h25, je quitte la maison. Comme chaque fois, je suis étonnée de ne pas ressentir instantanément le mordant du froid. Le scénario est immanquable : d'abord on ricane "ils se sont encore gourrés à la météo". Le soleil vient à peine de se lever, et le ciel est déjà du bleu acier qui caractérise les journées très froides. Je repense comme à chaque fois à une remarque, décidemment encore très brillante, de mon Alexane, énoncée un jour de pluie d'automne "Vivement l'hiver qu'il fasse beau!".

L'air est sec, le soleil commence à être éclatant, on en oublie le froid. Un court instant. Je suis sortie sans chapeau. Je tiens quoi, une ou deux minutes. A ces températures, on se rappelle vite que l'on possède des oreilles. Je refais un tour dans mon foulard, dans mon cache-nez devrais-je dire, qui ne porte jamais aussi bien son nom que ces matins-là. Je me recouvre de ma capuche capitonnée. La neige, que la nuit a saupoudrée doucement, craque doucement sous mes pas, gelée elle aussi.

Les mains au fond des poches, je me dirige vers le métro. 10 minutes de marche maximum. Les 3 premières minutes sont légères, j'admire l'éclat du jour qui se lève, l'air parait si pur par ce froid. Je respire au travers de mon écharpe, ce qui a pour effet d'embuer mes lunettes. Tous les ans je me refais ma note mentale "En deça de -10, mettre mes lentilles" sinon toute la journée c'est la valse buée / pas buée au hasard des entrées et des sorties. En plus, mes montures sont en plastique. Pas sûre qu'elles tiennent longtemps avec de telles variations thermiques.

Le froid s'impose doucement. Dans les jambes qui sont généralement les moins bien protégées. Les mains, gantées, sont enfoncées dans les poches, les bottes remontent jusqu'aux genous, et malgré la veste qui tombe sur les cuisses, je sens la peau piquer peu à peu, sous le tissu du pantalon qui se crispe lentement. J'accélère le pas pour me réchauffer.

Malgré tout, j'adore ces ambiances de petits matins froids, calée douillettement au fond de ma capuche. Le ciel est magnifique, les rues un peu, mais à peine, plus désertes que les autres jours, avec les gens qui marchent recroquevillés sur eux-mêmes et qui avancent d'un pas leste.

Je me dis, comme à chaque fois depuis près de 10 ans "Il fait -20 et je suis dehors, c'est fou quand même, non ?" En fait non. Le seul fait notable, en réalité, c'est qu'à ce rythme, en partant à -20, je ne serai pas en retard.

Posté par CL_leblog à 22:19 - Montréal, ma cité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 décembre 2008

A la recherche du temps perdu (ou comment chercher à perdre son temps)

Il m'est arrivé un truc anodin mais qui me laisse perplexe. Voila, j'ai été taggée sous FaceBook, par une amie-perdue-de-vue-et-retrouvée, sur une photo qui date du collège, quand j'étais en 3ème. Ok, en soi, rien de terrible , sinon que je ne parviens pas à m'enlever le sentiment bizarre que je ressens.

Comme l'idée que mes FaceBooked Friends-collègues, à qui je n'ai jamais vraiment eu envie de montrer mes albums photos, on est d'accord, voient ma tronche d'il y a 25 ans. Sentiment diffus de "oui mais pourquoi ?" dubitatif.

J'ai l'impression d'être dans le genre de connerie qu'on reçoit par email "Vous savez que vous avez 37 ans et demi quand vous êtes taggé sur une photo où vous avez 12 ans et demi et qui a été prise il y a 25 ans"...

En fait, plus généralement, je dois l'avouer, je me demande encore ce que je fous sous FaceBook... Hormis ce que font une majorité de gens j'imagine, c'est à dire s'y mettre parce qu'ils ont des potes qui y sont, voire y chercher des amis-perdus-de-vue (Sans se demande d'ailleurs pourquoi on les avait perdu de vue ces amis)  et y revenir, comme ces mêmes potes/amis-perdus-et-retrouvés/collègues-mais-sont-ils-mes-amis, pour y perdre un peu plus le temps dont personne ne dispose.

Mon coté très Late Majority (qui a dit "normal, à 37 ans 1/2 ?") se demande "Mais à quoi ça sert tout ça ?". On me répondra surement : à rien, comme ton blog. C'est pas faux.

En tout cas, je suis curieuse de voir jusqu'où le passé va me rattraper...

Je sais ce que vous allez me dire :
1) Tu nous saoules avec tes histoires, t'as qu'à juste te détagger de la photo,
2) Personne ne t'oblige pas à aller sur FaceBook. 
Je sais, je sais.  Comme si j'allais commencer aujourd'hui à agir de façon cohérente, vous rêvez.

--------- Nouvelle section de fin de post "Ce que les mots disent". Merci Mediadico
> perplexe  : Qui ne sait quelle résolution prendre.
> dubitatif,ive : Qui exprime le doute.


Posté par CL_leblog à 01:43 - On s'en fout mais je vous le dis quand même - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2008

L'orthographe à l'oreille

Ma fille Alexane est en deuxième année. Depuis l'an dernier elle apprend à écrire. Les élèves ici sont encouragés à écrire les mots comme ils les entendent, qu'ensuite on corrige. Cela donne que ma fille est à la fois capable d'écrire sans faute le mot le plus long de la langue française...

anticst

... et d'écrire une phrase comme "J’apren des information sur l’ensillin tant‏". A lire à l'oreille...

Posté par CL_leblog à 19:09 - CL et ses CL-ones - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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