Le Blog de CL

Mes humeurs, mes lectures et tout ce qui me passe par la tête et que vous ne souhaitez pas forcément savoir !

31 janvier 2009

De la franche connerie

Le Québec, tout comme la France, a son travers, son défaut majeur qui peut parfois être très irritant. Le truc moulé, imprégné à la population, qu'on chope peu à peu qui sait, et qui ressort à la moindre occasion.  Donc, alors qu'en France, toute discussion se termine par une grève, au Québec, ça se termine par l'insoluble débat fédéraliste contre souverainiste. Typique.

En ce moment donc, l'événement majeur au Québec, c'est la commémoration de la bataille des plaines d'Abraham. Edifiant de voir comment, dans une province où la devise est quand même, rappelons-le, "Je me souviens", cela défraye les passions. Avec en gros d'un coté les "POUR / Rappelons-nous de notre histoire commune / fédéralistes / salauds d'anglos qui ont gagné la bataille" et de l'autre les "CONTRE / Je ne célébrerais jamais la bataille où mon aïeul et mon peuple sont morts / indépendantistes / encore un truc de ces salauds d'anglos pour nous humilier".

Au même moment, en France, toujours leader en création sociale, c'est la grève "contre la crise" (?). Ça valait sûrement le coup d'essayer, je suis sûre qu'aucun autre pays n'y avait songé.

Et personnellement de penser, moi qui aime tant la langue française, sa richesse, ses subtilités, ses incohérences et ses contradictions, de me demander donc si "francophonie", ce n'est finalement pas juste le nom d'une maladie qui rend con...

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29 janvier 2009

L'année du poulpe

Le premier mois de 2009 se termine, le Nouvel An Chinois commence et je veux vous souhaiter une magnifique année dans mon horoscope personnel, année qui sera "L'année du poulpe".

Que je m'explique.

Moi qui ait renoncé il y a des années à ces résolutions que j'étais incapable de tenir, j'ai décidé de reprendre la tradition. Et ma résolution cette année est toute littéraire.

Oui, cette année sera littéraire ou ne sera pas !

Donc, plutôt que de faire ces conneries qui lassent les autres et qui m'épuisent, j'ai décidé que j'allais les écrire ! Hé, hé. Pour l'occaze, j'ai même créé une nouvelle catégorie, simplement intitulée "littérature", qui englobera le tout.

Pour preuve que je m'engage avec sérieux dans cette unique et vaste résolution, j'ai déjà écrit deux fois à ma Mémé depuis le début de l'année. Si ! Il se peut même que vous, lecteur mais néanmoins ami, receviez une lettre de moi cette année. L'épistolaire est de retour en ville, qu'on se le dise!

Ensuite, j'attends pour fin février, le 26 exactement (gloups...), le résultat du Prix Littéraire de Radio Canada auquel j'ai soumissionné un texte en octobre dernier ('tain, 4 mois, à l'ère d'Internet, on y croit à peine !?!).

Je me suis aussi inscrite à l'Atelier de Création Littéraire de l'UQAM, dont je compte vous donner des nouvelles régulières. Non, pas que de la schtroumpfette.

Aussi, le CLIM (Cercle Littéraire Informel de Montréal), que l'on avait créé avec des amis il y a 3 ans à suite à un précédent atelier de création auquel nous avions tous participé, a été ressuscité. Alléluia. Avec pour objectif de participer à de nombreux concours littéraires.

Enfin, parce que la devise de ce blog est, rappelons-le,  "Mes humeurs, mes lectures et tout ce qui me passe par la tête et que vous ne souhaitez pas forcément savoir !", je vais tâcher de partager avec vous un peu plus ce qui me passe sous les yeux. Hé hé, CL fait dans l'éducatif.

Voilà pour le programme. Mais alors "Pourquoi l'année du poulpe, chère CL ?" allez-vous me demander fort justement.

Ben just becoze le poulpe, si on l'emmerde trop, il lâche son encre.

C'est dit.

Cette année je vais écrire. Et faudra pas me faire chier.

[et là je vous laisse, un texte à écrire pour samedi, pour la revue Biscuit Chinois, une revue québécoise de nouvelles pop, la première (qui a dit "la seule"? Oui, et alors ?!) à m'avoir publiée il y a de ça un an, et dont le prochain thème est "Moustache". ben vi. Allez, au boulot] 

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Mon premier haïku (Fans du genre s'abstenir)

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Cet homme végétarien
porte pourtant
une ceinture en cuir.

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16 janvier 2009

Lirait-il mon blog ?

Hier, comme de fait exprès, au moment où je rentre dans le supermarché « Bonjour madame ». Et quand j’en ressors « Au revoir mademoiselle ».

?!

Du coup, je me suis sentie encore plus mesquine avec les 2$ que je lui donnai, pensant qu’il pourrait y voir un remerciement à ce rajeunissement inattendu alors même que je souhaitais, forte de mes récentes résolutions, assumer mes rides.

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15 janvier 2009

LE MODE VIBREUR, ÇA TE DIT DE QUOI ?

La connasse du jour est une jeune, c'est là son moindre défaut, qui pourrait passer pour le négatif de la schtroumpfette. Elle a la peau jaune et le cheveu bleu. Mais surtout, surtout, elle ne connait pas le mode vibreur (pour la schtroumpfette, je ne peux pas dire, faudrait demander au Grand Schtroumpf?).

Bref, ma jeune connasse du jour (ma connasse d'hier même pour être exacte. Hélas, nulle date de péremption pour cette triste catégorie) assiste à l'Atelier de Création Littéraire de l'UQAM auquel je me suis inscrite pensant, naïve, y rencontrer des gens pour qui l'écriture aurait une (même petite) place dans leur vie (non, la schtroumpfette, le SMS n'est pas encore un genre littéraire).

A suivre.

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14 janvier 2009

Faites chauffer l'eau !

Grosse nouvelle aujourd’hui :

Réjean confirmed you as a friend on Facebook.

Que je vous raconte la chose. Je constatais il y a peu qu’un de mes amis comptaient, parmi ses Friends FaceBook, des écrivains. J’ai instantanément péché par envie. ‘tain, avoir des potes écrivains ! Ça m’a paru chouette comme idée. CL-asse.

Du coup, j’ai cherché. Et suis tombée sur Réjean Ducharme. Qui a même, le charmant homme, accepté d’être mon ami. Du coup, ne perdant pas mon objectif de vue (i.e. un thé avec lui) je lui ai posté ce petit message :

RD

Affaire à suivre…

Sur ma lancée, j’ai aussi demandé à (un des 4, le seul avec photo) Michel Houellebecq de devenir mon ami. Nous avions, il y a 3 ans, échangé quelques emails (mais était-ce lui déjà ?), peut-être se souviendra-t-il de moi ? ai-je pensé, non sans prétention je vous l'accorde.

Bon, ok, j’ai aussi trouvé Marguerite Duras et Marguerite Yourcenar. J’ai des doutes soudain…

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13 janvier 2009

10 ans dans les dents

Il y a un quêteux qui squatte l’entrée de notre supermarché. C’est à chaque fois la même chose. Au moment où j’entre dans le supermarché, il me lance un « Bonjour mademoiselle ». Et quand je sors « Au revoir madame ».

‘TAIN, JE PRENDS 10 ANS EN FAISANT LES COURSES OU QUOI ?

Du coup, de rage, je garde dans mon poing la piécette que je prends soin de sortir de mon porte-monnaie lors du passage à la caisse. Peut-on être mesquin parfois…

Allez, en 2009, j’assume mes rides  (gloups…)

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12 janvier 2009

Chronique d'une mort annoncée

Héloïse aime bien nous raconter ce qu’elle fera quand on sera mort, son père et moi :
- Je regarderai la photo qui est dans votre chambre où il y a moi, Alexane et vous deux. Comme ça je me rappellerai de vous.
- Oui, c’est bien. Mais bon, ce n’est pas encore. On va mourir dans longtemps.
- Ben ouiiiiiiii. Dans 1000 ans environ.
- Pourquoi 1000 ans ?
Héloïse, patiente, nous explique la vie :
- On grandit jusqu’à 1000 ans. Ensuite, on ratisse. Ensuite on meurt.
- On rapetisse. Ça vient de PETIT, redevenir petit. Ratisser, c’est quand on ramasse les feuilles avec un râteau.
Héloïse, qui se soucie peu de ce genre de considération linguistique, de conclure :
- Ok, Ok. Mais bon, dans 1000 ans, vous êtes morts.

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09 janvier 2009

Entre les lignes

Héloïse est en maternelle, et comme sa sœur avant, elle apprend les lettres de l’alphabet. A les reconnaître, à trouver des mots qui commencent par, et à les écrire.  Rien de très compliqué pour la poupoune, dont le seul défaut notable est le manque d’application. Du genre, ça va j’ai compris avant même de le faire, inutile de perdre mon temps. Du coup, elle bâcle toujours ses lignes d’écriture. Ses lettres n’ont pas les bonnes proportions, sont d’une inclinaison douteuse et dépassent des lignes. On insiste donc "Héloïse tu t’appliques hein ? Tu suis exactement le modèle.". "Ok!"

Hier, lettre B est au programme. "Maman, j’ai fini mes devoirs !". Quand je regarde dans son agenda, je dois le reconnaître, il n’y a (presque) rien qui dépasse :

Lettre_B

Le seul truc pour lequel j'hésite encore, c'est ce qui m'énerve le plus : est-ce les cris d’incompréhension indignée de ma fille quand j’efface sa ligne de majuscules et lui demande de la refaire, ou le regard super fier de son père qui déclare, sincèrement admiratif « Elle a vraiment une façon de penser out-of-the-box cet enfant ».

Pis ? Qu’elle apprenne à écrire d’abord !

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08 janvier 2009

Guerre et Paix

Hier soir, dans la nuit. Je me promène dans la ville toute blanche de la dernière tempête. J’aime l’ambiance qui règne quand tout est encore à terre, avant que tout ne soit ramassé, pelleté, dégagé.  Les plus courageux commencent déjà à balayer devant leur porte et à dégager leur voiture. Les arbres croulent sous tout ce blanc que le vent n’a pas encore emporté et, pour traverser les rues, il faut escalader des petites dunes. Les trottoirs sont recouverts d'un épais manteau, sur lesquel mes pas font crounch crounch. Un bruit atténué, apaisant.

Je pense à mes filles et me remémore notre conversation du dîner. Le journal traînait sur la table, avec à la une une photo prise à Gaza. 3 hommes qui portent 3 petits corps d’enfants morts durant les bombardements d’une école. Un visage dépasse du linge, mutilé, ensanglanté. Alexane regarde l’image avec une fascination horrifiée.
- Ils sont morts, les enfants ?
- Oui. C’est la guerre dans leur pays, et ils sont morts.

Ma sensible Alexane est déjà au bord des larmes. Elle ne comprend pas vraiment ce qu’est la guerre. Elle demande:
- Là, maintenant, c’est la guerre dans leur pays ?
- Oui.
- Mais… c’est la nuit ? Y a la guerre aussi la nuit ?!
- Quand il y a la guerre dans un pays, c’est la guerre tous le temps. Mais la nuit, les gens dorment aussi, je suppose (de quel sommeil ?...)

Quelques bouchées plus tard:

- Je suis sûre qu’ils doivent pleurer beaucoup.
- Qui ça ?
- Ben, les parents des enfants qui sont morts !
- Oh oui, ils doivent pleurer, c’est sûr (mais peut-être sont-ils morts eux aussi?)

Et mon Héloïse d'ajouter, d'un air guilleret, son grain de sel dans un haussement d’épaules désinvolte:
- Ou peut-être qu’ils les ont déjà oubliés!

C’est toujours troublant de retrouver ses propres traits chez ses enfants. Surtout les moins avouables… Je ne me demande pas de qui elle tient cette capacité à redessiner la réalité afin de la rendre plus acceptable, de balayer le problème en une gymnastique pseudo-autrucho-intellectuelle. Mais je réponds tout de même:
- Non, on n’oublie pas ses enfants. Surtout si ils sont morts. On y pense encore plus. (ne me demandez pas d’où je tiens cette certitude, j’espère juste n’avoir jamais à la valider).

Comment faire comprendre la guerre à mes filles, les bombardements, les privations ? Je ne saisis pas moi-même le « concept ». Je suis dans une ville calme, blanche d’une paix qui n’est pas due uniquement à la blancheur de sa neige ou au doux ballet des flocons qui tombent encore. Je marche dans ma ville, et je découvre quels en sont les cadavres. Ce sont les sapins de Noël. Nos cadavres sont verts, désenguirlandés, échoués par terre. Ils seront ramassés demain et on les a déjà oubliés.

Alors, très futilement, je passe la suite de ma promenade à redresser ces rois des forêt. Je leur rends un dernier hommage, une dernière fierté, la cîme tournée vers le ciel. Au hasard de mes pas, je reconstitue peu à peu une verte forêt en les plantant dans les bancs de neige des rues du Plateau. La neige les couvrira doucement de blanc pendant la nuit.

A chacun ses cadavres, à chacun ses blancs linceuls.

Posté par CL_leblog à 15:05 - Découragements - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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