Le Blog de CL

Mes humeurs, mes lectures et tout ce qui me passe par la tête et que vous ne souhaitez pas forcément savoir !

28 février 2009

La question du jour

D'Alexane :

- Maman, dans le monde, est-ce qu'il y a plus de mots ou plus d'humains ?
- ... ??? !!!

(Parfois, cette enfant me fatigue...)

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26 février 2009

Lecture prémonitoire

Lu en janvier, avéré en février...

« J'ai raté de peu un prix littéraire. Qu'aurais-je fait si je l'avais obtenu? Sans doute quelques folies, nullement indispensables au plaisir vrai des jours. Rien ne vaut les échecs qui renvoient l'écrivain à sa table, comme l'a noté Montherlant. Ma joie inaliénable est d'y ruminer tranquille. »

Maurice Chapelan « Rien n’est jamais fini »

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23 février 2009

roman-photo érotiques avec secretaires à lunettes

Il faut quand même savoir qu'il y a un mec qui est tombé sur mon blog en ayant googlé ces mots ! Je ne suis pas peu fière d'être en première page (en fin de page certes, mais première page tout de même) de cette recherche.

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Omnisciente

Héloïse me demande :
- Maman, tu sais comment on appelle les animaux qui ne mangent que de la viande ?
- Non, dis-moi.
- Des carnivores !
- Tu as raison, bravo. Et les animaux qui ne mangent que de l’herbe, tu sais comment on les appelle ?
- Des herbivores !
- Bravo ma fille. Et toi, tu sais ce que tu es ?
- Moi ? Je suis carnivore et herbivore.
- Oui. Dans ce cas-là, quand on mange de tout, on dit qu’on est omnivore.

Héloïse réfléchit, puis tient à préciser :

- Ben moi, je suis omnivore sauf de ce que j’aime pas.

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19 février 2009

Je déteste beaucoup ce que vous faites

Bon, c'est définitif, je quitte l'Atelier de Création Littéraire. Pu capab' !

Passer 3h à lire (subir?) les textes proposés, qu'ensuite on doit critiquer de façon constructive (et y a des fois, j'vous jure, même avec la liste que j'ai établie l'autre jour, c'est Mission Impossible).

Marre des histoires de filles enceintes de leur père, des suicides de jeune-chui-persécuté-ma-vie-n'a-pas-de-sens, de je-l'aime-moi-non-plus.

Marre de la Schtroumpfette, revenue apres 3 semaines d'absence ("chui allée à Cuba, après sinusite faciale, après abcès, je suis jeune mais la vie, c'est pas facile"), qui nous explique "Commmmmmmmmmment, vous n'avez pas reçu mon teeeexte ? Moiiiii, je suis si nuuuuuuulle avec le mail. Du papier et du crayon, je pourrais me contenter de ça". La schtroumphette qui décide de ME raconter (A moi ?! Mon Dieu, qu'ai-je donc fait pour mériter ça?) l'essence de son texte, séquence Samouraï, ne pas lui rire à la tronche, "Tu comprends, mon texte est atmosphérique". ('tain, mais QU'EST-CE QU'ELLE RACONTE ?). Une histoire de gamine, en deuil, pendant la tempête de verglas de 98, qui fait parler les arbres, et le verglas aussi...

'tain, contente qu'elle soit nulle avec son email, j'aurais dû me taper un autre texte de daube en plus.

Puis l'autre, un mec sympa, mais quand même, qui vient s'informer auprès de la prof:
- Pour le dialogue, je voudrais faire un truc genre Cyrano de Bergerac.
La prof, impressionnée, "Ah ouiiiii. Un dialogue en alexandrins ? Mais oui, pas de problème"
Le gamin, déstabilisé (y a-t-il un mot que t'as pas compris ?)": "Heu... ben .. oui... genre". (?!?!?!)
...

Impression d'être dans une BD que j'avais lue en prépa, où le type, désespéré, s'écrie "J'ai le sentiment d'être victime d'une terrible erreur d'orientation"... Pareil.

Bon, pour leur défense, je dois admettre que je sors de Duras, "Ecrire".
Que je lis actuellement Yann Andréa, son dernier amour, qui a écrit justement "Cet amour-là".
Z'avaient aucune chance, les djeun'z.
Parce que, quand même, entre Duras et eux, j'ai choisi.

Et c'est avec Marguerite et Yann que je veux passer mes soirées.

--------

Ecrire, Marguerite Duras

Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit.

Aux amants, les femmes ne doivent pas faire lire les livres qu'elles font. [...] On doit aussi, dans ce cas, cacher aux amants l'amour de son mari.

Se trouver dans un trou, au fond d'un trou, dans une solitude quasi totale et découvrir que seule l'écriture vous sauvera.

Dans la vie, il arrive un moment, et je pense que c'est fatal, auquel on ne peut pas échapper, où tout est mis en doute : le mariage, les amis, surtout les amis du couple. Pas l'enfant. L'enfant n'est jamais mis en doute.

Il y a une folie d'écrire qui est en soi-même, une folie d'écrire furieuse mais ce n'est pas pour cela qu'on est dans la folie. Au contraire.

Cet amour-là, Yann Andréa

Et cependant, comment le croire, comment croire que c'est possible, que vous n'êtes plus là à me regarder, ce n'est pas possible, ce n'est pas la vérité puisque c'est moi qui vous écris désormais, à vous, donc rien ne change, donc vous êtes là, avec moi, dans la même séparation.

Vous dites : on ne sait rien, on ne sait pas ce qu'on fait, si on s'aime, si on aime, si vous m'aimez, dites-le moi encore, est-ce que vous m'aimez, répondez-moi.
Je vous réponds ceci : plus que tout au monde.

Elle a tout pris. J'ai tout donné. Entièrement.

Je ne sais pas comment faire seul, sans vous. Je ne veux pas être sans vous, c'est ça, je ne veux pas parler de vous, à personne, pas même à moi, je ne vous oublie pas vraiment mais ce n'est pas loin de ça.

Je vois que rien ne compte pour vous que ceci : écrire. Que je me suis trompé sur toute la ligne, que l'amour n'a jamais existé, que seul le livre à faire oblige, que je ne suis rien pour vous.

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16 février 2009

Le commentaire constructif

On m’a dit "Ce n’est pas bien de te moquer de tes petits camarades de classe. Ils sont là aussi pour apprendre". Pour certains y a du boulot, oops, ok, je n’ai rien dit  :X

Bref, afin de museler la CL-lespieds-dans-le-plat (challenge!), j'ai décidé de me lancer dans la création d'un nouveau genre littéraire, « le commentaire constructif ». Ça donne:

  • Pour un texte bourré de fautes d’orthographe, quid d’un judicieux « Voilà un texte qui s'inscrit dans la plus pure tradition orale. Personnellement, je le trouve diminué d’être ainsi couché sur papier. As-tu déjà pensé à aller le lire sur la place publique ? ».
  • Pour les textes à évocation autobiographique (et tout écrivain le sait, on écrit toujours un peu sa vie), museler la CL-les-pieds-dans-le-plat donc (exit "C'est Cosette ton truc") et émettre à la place un délicat « On s'y croirait", voire "Ça sent le vécu".
  • Pour un texte dont on comprend tous les mots, mais pas nécessairement les phrases (si ça s'peut ! Mon éthique m’interdit de vous en copier des morceaux, ça s’appelle du vol de propriété intellectuelle. Quoique "intellectuelle" me paraisse un poil exagéré, mais bon chut, "ils sont là pour apprendre" ok ok ok) :
    « Le générateur de phrases aléatoires, c’est une trouvaille. C’est frais, c’est novateur. Quant au dictionnaire des synonymes, très bien aussi. Très bon outil. Mais, si je puis me permettre, coté synonyme, évite toutefois de TOUS les mettre dans la même phrase ».
  • Pour ceux qui pensait que Création Littéraire avait à voir avec la mise en page (véridique, je ne sais pas comment une des élèves a fait, une sombe histoire de conversion entre WordPad et Word bref, son texte, c’était 140 pages à raison de 4 mots par pages), je pensais à un léger "Décidemment, coté création, t'es ... créatif"  (pas mieux, désolée...)
  • Et enfin, à la schtroumpfette, qui a disparu dès le deuxième cours « Finalement si ! Tu sais faire preuve de subtilité ».

Allez, avouez, je fais des efforts, non ?

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14 février 2009

Des torchons et des serviettes

Alexane n'a pas encore atteint l'âge où l'on apprend qu'il ne faut pas comparer les torchons et les serviettes. C'est la seule explication que j'ai trouvée pour m'expliquer sa question, surprenante, d'hier soir :

- Maman, tu préfères vomir ou avoir moins de temps libre ?

[A titre d'information, elle, elle préfère vomir (?) ...]

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12 février 2009

Détruire dit-elle

Les jours qui m'enchantent sont ceux de l'Amazon. Je veux dire, quand je reçois mes commandes passées sur Amazon.fr et qu'elles arrivent au bureau (plus pratique qu'au bureau de poste jamais ouvert quand je ne bosse pas). Je reçois donc ça :

05_02_09_1027

Un colis cartonné qui contient ma commande. La semaine dernière, j'ai commandé du Duras, du que je n'avais pas encore lu, je veux dire. J'avais appris récemment une histoire étonnante relative à Duras, une histoire que j'ignorais, sa dernière histoire d'amour.

Il s'appelait Yann Andréa Steiner, il avait 27 ans et elle 65 au moment de leur rencontre. Il lui avait écrit des tas de lettres et elle avait finalement accepté de le recevoir. Il ne l'a plus quittée à partir de ce moment-là,  l'a accompagnée durant les dernières années de sa vie, écrivant sous sa dictée quand elle ne pourra plus écrire, la soignant quand l'alcoolisme la ravagera et qu'elle fera une cure de désintoxication.

Elle dira «Vos lettres sont les plus belles de toute ma vie.», et lui «Ce qui me sauvera, Marguerite me le dit, c'est que moi, j'ai été le préféré, son préféré."

Il reste de cette histoire deux livres, que chacun a écrit. Fait rare que d'avoir les deux échos, les deux points de vue d'une même histoire, vue au travers du prisme de chaque partie.

Alors voilà ma commande :

05_02_09_1226

Je l'avoue, j'ai commencé par "Détruire dit elle".
Parce que le titre.
Parce que seulement le titre.

Un livre curieux, agaçant, dont je sors, après 3 jours de lecture, frustrée. Je l'avoue, je n'ai rien compris. Sinon cette phrase, qui résume peut-être à elle seule la trame de l'intrigue "C’est vrai que maintenant on ne raconte plus rien dans les romans". Je me rassure, même la propre maison d'édition de Duras, Les Editions de Minuit, l'ont dit "Détruire dit-elle ne ressemble à rien.". Je confirme.

Toujours est-il que j'adore Duras.
Parce que les titres de ses romans, donc.
Parce qu'elle signait comme moi (ou parce que je signe comme elle) de ses simples initiales,  M.D.
Parce que.

Et je ne manque d'ailleurs jamais d'aller la visiter, quand je passe par Paris.
Sa dernière adresse ? Cimetière du Montparnasse. Seule, sans Yann. Qui vit encore.

MD

 

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09 février 2009

Les deux pieds dedans

Une fois n’est pas coutume, je m’autoproclame lauréate de la catégorie (on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même). Des amis, plus indulgents, m’ont surnommée il y a longtemps CL-les-pieds-dans-le-plat. Pour cette caractéristique/capacité/malédiction/(in)aptitude agaçante d’être - parfois/ souvent - un peu "trop" spontanée. D’une spontanéité qui frise la maladresse, voire « la malveillance volontaire » m’a même dit un pote, qui ne l’est plus depuis forcément.

Un surnom qui perdure donc, et qu’ils ne manquent jamais de me ressortir à l’occasion, c'est à dire à chacune de mes boulettes (involontaire, j'vous JU-RE !!).

Bref, mercredi soir,  Atelier de Création Littéraire as usual. Avec lectures et critiques des premiers textes. Dont un, l’histoire d’une petite fille dans une famille, battue et exploitée par sa mère, qui lui apprend que son père n’est pas son père, puis famille d’accueil, démarches administratives pour retrouver son géniteur. Qui s'avère être un sans-abri, découvert mort de froid une semaine avant les retrouvailles.  Le tout, sans aucune émotion avec des longueurs qui n’en finissent plus.

Du coup, à la fin de la lecture, j'ai pas pu m'empêcher : « C’est Cosette ton truc » . Du pur CL-les-pieds-dans-le-plat (je sais, ça n'excusera jamais le manque de constructif, de littéraire ...et de compassion de la remarque...).
Bref,
l’auteure se met à pleurer.
C’était autobiographique…
On est passé à un autre texte.
J’ai envoyé mes excuses le lendemain.

[et là, sérieux, j'ai honte, même si je blague - et oui, ce n'est pas incompatible ...]

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08 février 2009

Une (belle) histoire de l'art

On le sait, mon frérot Tone est un artiste. L'autre jour, il se gelait trop dans son loft ("Que veux-tu CL, je suis un artiste mais je n'ai pas assez souffert"). Bref, inspection faite, il y a l'isolation du toit à revoir. Un type arrive, chargé de réparer la chose. Le mec rentre et s'immobilise sur le pas de la porte, le regard figé sur une des dernières créations de Tone, un profil de femme stylisé.

tone

Tone s'inquiète :
- Ça va ?
- Oui, oui... Je regardais cette toile. Tu la connais la fille ? Est-ce que tu l'as complètement inventée ou as-tu travaillé à partir d'une photo ?
- Je suis parti d'une photo, mais je ne sais plus vraiment d'où je l'ai prise. D'un magazine féminin ou sur Internet, je ne sais plus. Pourquoi ?
- Parce que c'est ma nièce !

Et le mec, de raconter sa nièce, 28 ans, mannequin à Montréal ...
... et morte en novembre dernier d'un cancer...

[Le jour-même, il a envoyé une photo de sa nièce à Tone, que je ne posterais pas ici. La ressemblance n'est pas si notable, les yeux et le nez certainement, la bouche moins évidente. Mais qu'importe. Cet homme aura fait une lecture émotive de cette toile, par ce phénomène qui consiste à voir partout la personne qui manque et qui obsède. Et en plus de réparer le toit de Tone, il va aussi acquérir la toile...]

Posté par CL_leblog à 21:51 - On s'en fout mais je vous le dis quand même - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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