29 mai 2009
Folie furieuse ou folie curieuse ?
[Attention,
ce post psychanalytique traite de ma
santé mentale]
Je
discutais hier avec un ami de nos phobies respectives. J’en ai
deux majeures (phobie des lames et peur de l’étouffement, rien que de très classique
dans le genre phobique ) mais j’avais oublié celle-ci, la troisième. La plus envahissante et la plus récurrente
aussi. Qui revient à chaque
anniversaire, chaque Noël, chaque fête des mères, des pères, des grand-mères,
et la tête alouette. A chacune de ces
occasions où il faut/ j’aimerais/il se fait de / putain de société mercantile d’offrir
un cadeau.
Ma phobie des
cadeaux.
La phobie de la recherche de cadeau pour être précise (parce que, rassurez-vous, j’aime toujours en recevoir :) « Normal, quand on est narcissique » , je vous ai entendus, les cancres au fond).
Je n’ai
JA-MAIS aucune espèce de la moindre ombre de la moindre bonne idée quand vient
le temps d’offrir un présent. Idéalement le cadeau devrait refléter la
connaissance que nous avons de l’autre, combler un de ses besoins/désirs/j’en
ai toujours rêvé, ceci afin de démontrer notre attachement / notre accointance avec / notre volonté de faire plaisir à la personne à qui le cadeau est destiné. Il se
doit aussi de révéler d’une certaine manière le lien qui unit le fêté au fêtant
(?). Il doit AUSSI d’une certaine façon traduire l’importance
de l’événement (si c’est un anniversaire, multiple ou pas de 5, de 10, de 50 voire de
100, si c’est un mariage vs si c’est un Nième Noël, etc…).
Plein de paramètres
donc, dans lesquels je me perds.
Si je parle
de phobie (Les phobies sont des crises
d’angoisses déclenchées par la présence d’un objet ou d’une situation
spécifiques, lesquels ne présentent pas de caractère objectivement dangereux.),
c’est justement parce que toute quête au cadeau s’accompagne chez moi d’une angoisse qui
augmente à mesure que l’événement se rapproche et que le cadeau idéal ne se
trouve pas. Telle la phobique de base, j’adopte
un comportement "contraphobique" qui consiste à éviter la situation phobique.
Conséquence, je fais partie de ceux qui commencent à magasiner pour Noël le 24 à
16h... Alors que j’y pense dès début Novembre (« P’tain faut que je fasse
mes cadeaux de Noël » gloups, sueurs froides et j'évite de trop y penser). Je focalise sur l’idée de la phobie, plutot que
sur l’action qui la ferait cesser...
Bref, tout
ça, c'est la faute à Jérome. Il a eu 40 ans hier. On organise ce soir (dans moins de
4h…) un dîner en son honneur. A midi, j’ai sillonné tout le Montréal commercial
sans trouver LE cadeau (Une cravate ? Non. Des boutons de manchettes ? Non. Un rasoir pour poils d'oreilles et de nez ?
Non. Une station météorologique personnelle - Y a de ces trucs incroyables au rayon cadeaux pour hommes...-
? Non. Des balles de golf , un club de golf ? Non….).
Dernière idée en date :
des billets pour aller au théatre ensemble (Commentaire d’un «ami» : « Du temps avec toi, ouarf, c’est naze non ? » )...
Bouhouhhhhhh
.
Et pour le moment, je n’ai réussi qu'à pondre ce texte.
Humour à 2 balles (et de 3 heures)
Hier soir, à l'heure de pointe, le métro de Montréal a été suspendu pendant plus de 3 heures. Un rigolo qui aurait eu l'amusante idée de déposer un colis (vide) et de signaler qu'il contenait des explosifs...
Dans canular, il y a (très) nul.
Il y a aussi canar qui, prononcé avec l'accent québécois (cânar), sonne comme (GROS) CONNARD !
J'ai horreur de parler de la météo
Mais là... JE VEUX DU SOLEIL, BORDEL !!!!!
27 mai 2009
Même à roller, le passé parfois me rattrape
Un samedi ensoleillé
de mai à Montréal signifie l’éclosion dans la rue, dans la moindre ruelle,
des « ventes de garage ». Chacun déballe sur le trottoir le bordel
qui se sera accumulé pendant les derniers mois, les dernières années. Une façon
de faire place nette, de faire son ménage de printemps. Et de passer quelques
heures assis dehors, à profiter du soleil et des gens qui passent, qui regardent,
qui trouvent –ou pas- leur bonheur dans les bricoles éparses. Le bonheur des
acquéreurs égale celui des vendeurs, voilà bien une win-win situation.
Samedi dernier donc, je me balladais en roller sans but précis, quand je l’ai vu, sur un trottoir de la rue Garnier. Un berceau. Notre berceau ? Le berceau d’Héloïse je veux dire. Le même modèle.
Flash back, 6 ans en arrière. Presque 7 même. J’avais voulu ce berceau, que l’on n’avait
pas pour Alexane, justement pour faire changement, pour éviter dès la naissance
l’effet deuxième-qui-hérite-de-tout-ce-qui-ne-va-plus-au-premier. On avait
trouvé ce berceau sur un site d’annonces, qui regorge de ce genre de meuble dont
la durée d’utilisation est brève (6 mois max).
En voyant
ce berceau, j’ai eu cette idée saugrenue que, si je croyais en la réincarnation,
et bien j’aimerais me réincarner en
berceau (je sais...). Une vie à partager les premiers jours d’une foule de bébés, sentir la
chaleur de leur petits corps, accompagner
leur sommeil paisible au rythme de ses propres balancements, écouter leurs
pleurs et sentir l’émotion, la fierté doucement orgeuilleuse des parents venus
couver du regard leur progéniture endormie et sentir l’attendrissement des gens penchés au
dessus de soi, cette tendre émotion que
l’on a quand on ne se penche au dessus d’un
berceau…
Le berceau
d’Héloïse aura partagé notre vie quelques mois, une année peut-être. Je ne sais
plus comment il nous a quitté, j’ai oublié cela. L’avons-nous vendu à nouveau ?
Ou donné à des amis pour un bébé à venir ? Qu’est-il devenu, quels autres
enfants a-t-il accueilli ?
Je me suis
approché du berceau de la rue Garnier, avec cet espoir un peu bête en une coïncidence improbable
: peut-être est-ce lui , ce serait marrant ? Mais non, ce n’était pas lui. Pas lui, pour des raisons que
je ne saurais dire, la patine du bois différente, peut-être ? Ou le bout de
bois qui bloquait le mécanisme de bercement différent du notre ? Pas
lui, bien sûr. La coïncidence aurait été étonnante...
Je suis
repartie dans les rues, troublée par cet épisode du passé.
Ces
souvenirs qu’on porte en soi et qui ressurgissent parfois sans qu’on s’y
attende.
Qui nous
donnent, furtivement, une mesure du temps.
Et me
rappellent que mes filles, déjà, ne sont plus des bébés.
22 mai 2009
Le facteur brise
Il y a des
jours bénis, comme hier. Où la température, étrangement estivale (28C, alors
que la veille il faisait encore 6C), jette la ville dans une bulle inattendue,
dans laquelle tout le monde se jette, avec cette urgence des bonnes choses dont
on sait qu’elles ne vont pas durer.
Retour du bureau
à pied, cela s’impose. Traversée du campus, puis du ghetto Mac Gill d’abord. Puis
l’effervescence du Plateau. Toutes les terrasses sont envahies. Puis suis
entrée dans une boutique, attirée par une petite robe. « Bonjour, je ne
vois pas la taille de la robe, je cherche du Small ». La vendeuse,
contente visiblement du concept, « Ici, c’est taille unique » . Taille Unique... Dans la
langage CL-1m56-et-alors ça veut dire « Oublie ça ma fille, y a rien qui
va t’aller ».
Taille
unique, une hérésie dans le monde de la féminité. Le Fit them all de la tenue
vestimentaire sensée aller à toutes, oui, y a des gens qui y croient. Malgré tout, je ne peux m’empêcher d’essayer
cette petite robe noire donc, genre l’incontournable de la garde-robe, la
sauveuse de la soirée Grande CL-asse de dernière minute « mais j’ai
riiiiiiiiiien à me mettre » . Ok, ok, je l’admets. J’en ai déjà 3, des
comme ça… Taille Unique... Autant dire que je rentre dans la cabine d’essayage tel
le soldat déjà vaincu. Puis constate que la fameuse petite robe n’est pas si
mal au fond.
Et, pour achever de me convaincre, le nom de la marque :
Après cette parenthèse shopping, j’ai repris ma flânerie sous une brise légère d’été. Rue St Denis, j’ai croisé Marie Laberge , J’ai hésité un moment, elle payait son parking à une borne, et allez savoir pourquoi, j’ai trouvé la chose à la fois rassurante et incongrue pour une écrivaine (qui m’a dit que j’avais une idée très surfaite du monde littéraire ?). Finalement, je me suis lancée :
- Excusez-moi, vous êtes bien Marie Laberge ?
- (Dans un sourire charmant) Oui, en effet.
- Je voulais vous dire que j’avais découvert l’an passé votre premier roman « Juillet » (NDLR merci Jacinthe, je dois te le rendre d’ailleurs) que j’ai beaucoup aimé. Je suis d’ailleurs aussi abonnée à votre chronique « Des nouvelles de Martha ». Je voulais vous féliciter pour cette idée, c’est très originale cette forme de distribution éditoriale.
-Hé
bien merci beaucoup !
Rencontre brève et furtive, à peine palpable. «T’as encore fait ta groupie » me dirait un ami-les-mots-pour-le-dire-et-la-bienveillance-tu-y-as-pensé. Donc, oui, j’ai fait ma groupie. Mais bienveillante, la groupie,. Car si je trouve l’idée de distribuer sa nouvelle œuvre sous forme de lettres adressées directement à l’abonné et personnalisées, avec chaque lettre qui commence par « Chère CL » et qui utilise le féminin si l’abonnée est une femme ou le masculin si c’est un homme, je ne lui ai pas dit en revanche que je n’étais pas fan de l’histoire que me conte Martha au fil de ces lettres.
Bref, chacune a
repris sa route, un sourire ravi aux lèvres.
Puis le reste de la balade,
les tas d’autres choses dont j’aurais aimé discuter avec elle en tête, et dans
les cheveux, cette douce brise. Ce facteur brise, cette douceur chaude pour accompagner ce retour paisible.
17 mai 2009
Apres les CL-ones, les T-ones
Léo, le fils de Tone, à table:
- Papa, est-ce que tu vas acheter une troncheuse ?
- ?! Une QUOI ?!
- Une troncheuse !
- ??? ... (Tone, MDR)
- Oui, papaaaa. Une troncheuse à gazon !
- On dit une TONDEUSE à gazon. Mais Léo, de toute façon, est-ce qu'on a un jardin ?
- Ben non.
- Donc on ne va pas en acheter. Sinon, oui, bien sûr. Une blonde.
(Pour les lecteurs québécois, "troncher" est l'équivalent, tout aussi CL-asse, de"fourrer")
15 mai 2009
Vaines statistiques
Je viens de
passer la semaine à l'hôtel Reine Élisabeth,
là où il y a 40 ans, Lennon et Ono faisaient leur bed-in. Hélas ce temps-là est
loin, et j'ai assisté plus modestement (péniblement?...) à un meeting de
standardisation.
D'un point
de vue statistique, c’est une expérience plutôt intéressante. Mes
petits camarades forment une population à 99% des hommes (si j’étais en Mode
Shuffle, je serais tombée sans doute là-dessus ). Loin des 10% de présence féminine classique qui sévit tant bien que mal dans
le monde des hautes technologies. Beaucoup ont Junior en fond d'écran
(comprendre "Je voyage beaucoup mais je pense à ma famille"), voire Médor (comprendre "Si j'avais une famille, j'aurais Junior en fond d'écran"),
certains arborent en permanence une oreillette Bluetooth ("Hé Mr l'ingénieur
geek, primo t’es pas en voiture, secundo, NON, l’oreillette Nokia N'est
PAS un bijou qui t’embellit" ).
Beaucoup de
Western (50%), d'Asiatiques (40%), puis des Indiens et des Arabes (10%). UN noir ( !! ça existe comme chanson « où sont les Blacks »? …). Tous full equipped (laptop / cellulaire / tasse en styrofoam). Des PCs surtout,
quelques MAC. Beaucoup de iPhones. Le tout dans des sacoches portés épaule
droite. AUCUNE cravate (…). Des polos et des tee-shirt. Du jean’s (les universitaires) et du
pantalon à pinces (les ceusses de l’industrie, avec un grand I).
On a tous
un bavoir badge autour du cou pour s’ identifer.
C'est le règne du gadget : le pointeur laser qui fait Remote Control pour le PC afin de faire défiler la présentation Pov’Point. Et le festival des adaptateurs électriques (Y a quand même le mot Wireless dans le titre du meeting. Pourquoi suis-je la seule que ça fasse marrer ?).
Puis y a E.T.
Il porte en permanence un masque hygiénique sur le visage (vu de l'Asie, le
Canada n'est pas si loin du Mexique) et c'est le seul qui vide les distributeurs
de savon antibactérien Purell (la seule boite à traverser la crise en faisant des bénéf',
merci les cochons) déployés dans tout l'hôtel en tant que barrage (psychologique
et dérisoire) à la grippe mexicaine porcine A.
Y a ceux
qui, fatigués de leur session et/ou du décalage horaire, dorment sur les canapés.
Des universitaires encore, dont le budget, forcément limité, n'a pas permis de
prendre une chambre dans cet hôtel, dans laquelle ils se reposeraient sinon,
mais dans un hôtel plus cheap et plus loin.
Il y a des
casques audio connectés sur les laptops (« Je cause avec Junior par skype
parce que non seulement je voyage et je pense à ma famille, mais en plus je suis
high-tech » ).
Puis il y a
Robert (en louchant sur le bavoir pour chopper son nom). Le mec qui s’installe à
table avec nous, avec qui je discute et avec qui on découvre qu’on bossait
ensemble loonng tiiiiiiiimmmmmmmme agoooo, quand il était à Nortel Ottawa et
moi Nortel France.
« ‘TAIN,
BOB ?! C’EST TOI ?! »
Je m’en
souvenais très bien. Même si je l'avais jamais vu. Le type qui se présentait toujours avec « My name is
Chengeun (au tout autre nom chinois),
but please, call me Bob ! ». Ah là, là. Quart d’heure philosophique. World
is small et tutti quanti.
Voilà, c’était
mon meeting. Il y avait tout ça.
Pis y avait moi. Qui se demandais ce que je
foutais là et pourquoi je notais toutes ces petites conneries.
13 mai 2009
Ca m’horripile
- CL, tu as la chair de poule. Tu as froid ?
- Non, ça va. Merci. (et pour faire ma maligne) C’est justement pour ça que j’ai la chair de poule, ça me réchauffe.
Et de comparer nos cultures-qui-restent-quand-on-a-tout-oublié respectives. Personnellement, je pensais que le principe de la chair de poule était de développer des petites bulles d’air localement sous la peau qui agiraient comme autant de petites couches d’isolation, alors que mon vis-à-vis prétendait que c’était un réflexe ancestral qui fait dresser les poils, permettant à l’air pris ainsi entre les poils de faire une couche d’air isolante.
(Je sais, y a vraiment des jour où on n’a vraiment rien à dire.)
Bref, un google plus tard, force est de constater que j’ai tort et mon ami raison.
Ça m’a horripilé. Littéralement. D’avoir la chair de poule, je veux dire.
Horripiler, du latin horrere, se hérisser et pilus, poils.
C’était la séquence culture du jour. Ah ça, vous ne serez pas venus pour rien sur ce blog.
07 mai 2009
Je t'aime moins, déjà
L'amour filiale souffre de la même inconstance que tout amour. Dimanche donc, c'était une douce déclaration de mon aînée. Et hier soir, pour l'avoir grondée avec sa soeur pour cause de bordel pré-dodo, Alexane de me jeter à la figure un perfide et fielleux "Ton cadeau de la fête des mères, ben d'abord, je te le donnerai pas !".
Culture autochtone
Hier soir, Alexane nous raconte sa journée. Elle explique qu’elle a assisté à un exposé fait par les 3ème années sur les autochtones. « Intéressant. Et de quelles tribus ont-ils parlé ? ».
Elle tente
de se rappeler. « hum… Les Algonquins ? Ça s’peut ? ».
- Oui, tout à fait. Quoi d’autre ?
Elle semble
se rappeler d'un autre nom, mais pas sûre, elle hésite. Je vois bien qu'elle n'ose pas.
- Vazy Alexane, je te corrigerais.
Elle lance, hésitante, comme un mot qu'elle connaitrait vaguement, mais dans un autre contexte.
- Je crois que il y avait aussi les .. les Connasses ?...
- ... ??? Les quoi ?! (moi et son grand-père présentement en visite morts de rire quand même).
- Non non. Laisse faire. Je ne sais plus. Un mot comme ça.
Toujours morte de rire, je réfléchis à la liste des tribus autochtones que je connais. J’ai Algonquins, Iroquois, Cris, Inuits, Micmacs, Mohawks, Montagnais. Mais rien qui ressemble de près ou de loin à ... Connasses.
Ce matin, un tour sur wikipédia, et je crois avoir trouvé.Les Commanches, ce doit être les Commanches.... Je vais vérifier dès ce soir auprès d'Alexane.





