22 juin 2009
Über Loüze
Lundi dernier, c’était soirée Ikea…
J’avais vaguement regardé sur Internet dans la
journée, entre deux urgences au taf, et là, sous le déluge façon lave-auto sans
les longs poils qui battent à la fenêtre, une pensée tenace me taraude « Me
semble que j’ai oublié un truc. Mais quoi ? »
J’arrive
sur le parking et bénéficie, ô miracle, d’une brève éclaircie pour me diriger vers l’antre de la maison témoin
et ses multiples recoins aménagés comme autant de promesses de bonheur
domestique. La salle à manger full equipped, la cuisine supra-fonctionnelle, le
coin pour que les nains bricolent pendant que Däddy pianote. Le tout super bien
rangé. Le mirage Ikea. Sans cesse renouvelé et qui s’estompe quand, de retour chez soi, on déballe nos achats qui,
bizarrement, ne s’agencent plus avec autant d’harmonie que dans le magasin,
comment cela est-ce possible ?
C’est
lundi, y a pas un chat et dehors c’est
orage. Je suis venue seule, personne pour me dire « c’est loooong »,
« j’ai envie de pipi », « c’est quand qu’on s’en va »,
« on a juste besoin d’une cuisine, on y va direct ? ». Allez, soyons folle, ce sera Füll Parcoürs,
le parcours santé à la suédoise, qui serpente au travers de toutes les pièces
de toutes les maisons parfaites du monde.
J’entame
mon slalom géant, avec ce leitmotiv qui ne me quitte pas « J’ai
oublié un truc ... ». Je passe des salons aux bureaux, du coin chambre à
coucher à la section rangement. J’accélère au rayon fauteuils, jamais pu
supporter le fauteuil Poäng de démo. Celui enfermé dans sa boite de torture transparente qui se prend des
coups de lattes à longueur de journées, censées simuler je-ne-sais-combien de
je m’assois-je-me-relève de l’obèse moyen. J’ai jamais réussi à savoir si ils le changeaient, le fauteuil, à quelle
fréquence, et dans quel état il ressortait de la boite...
« J’ai
oublié un truc, ‘tain, mais quoi ?! … »
Puis, fin
du parcours à l’étage, descente au rez de chaussée, re-slalom géant entre la
vaisselle, le linge et les plantes vertes cette fois. Enfin, j’arrive aux
caisses, devant lesquelles sont (censés être) exposés les modèles
saisonniers. Il doit y avoir erreur, il
ne reste là que deux pauvres parasols et un set de jardin en bois. Point de
Tärnö à l’horizon.
Soudain j’ai le déclic « Je sais ce que j’ai oublié… ». Et c’est avec un « Merde, J’ai pas vérifié la disponibilité en stock » que je me dirige, déjà vaincue, vers le préposé qui surfe devant exactement la même page que moi ce matin.
- Tärnö ? bla bla bla. L’est-où ?
- Pu de
tables. Pu de chaises. Rupture de stock. la collection d'été était disponible dès mars. Là on rentre la
collection d'automne. L’été, c’est fini.
L’été,
c’est fini… Le 15 juin…. MERCI CONNARD LE SUEDOIS !
Pfui… A y
est, j’en ai marre. J’avais hésité à faire l’arrêt boulette-riz mais y a des limites à l’horreur. Vite fait un hot
dog à 50c et je me casse. J’ai quand
même 2/3 bricöles (Quizz du jour : QUI a déjà réussi l’exploit de sortir d’Ikea
les mains vides ?).
Dehors, je confie mon chariot à une charmante jeune femme qui surveille
le sien le temps que j’aille chercher, sous la pluie (point d’éclaircie cette
fois) ma caisse. Retour à l’arrêt-minute pour charger la voiture. Et au moment
de repartir, impossible de démarrer. La clé ne tourne plus dans le démarreur.
Un problème qui était apparu il y a quelques jours, j’avais toujours réussi à
m’en sortir, mais là, impossible. Chu bloquée. ÜBER MERDÜM.
Procédons
par étapes
- Primo, je
me mets à chialer. C’est vrai, c’est con mais c’est physiologique. Dès que ma
caisse
m’emmerdem’énerve, je pleure. Je la hais, je la maudis (« je souhaite, je souhaite… que tu te ré-incarnes en fauteuil Poäng de démo! » Oui, tout cela me rend très cruelle). Et encore, elle s’en tire bien, en d’autre temps, c’est à dire sans le déluge, je serais même sortie lui foutre des coups de latte (voire lui crever les pneus). - Secundo, je
mets de la musique. Y a au moins un truc
bien avec cette caisse, c’est que l’auto-radio fonctionne sans qu’on ait à
mettre le contact. Preuve qu’ils connaissaient les déficiences du modèle, moi
je dis. J’ai 1h de musique avant que la
batterie soit à plat. Au moins j’appellerais pas CAA pour rien.
- Tertio,
j’envoie un SMS « PUTAIN DE CAISSE ». Curieux comme la vacuité même de certains
gestes a le don de m’apaiser. J’en parlerais un jour à ma psy. Quand j’irais en
voir une.
- Quatro, je
me rends compte que j’écoute Cœur de Pirate, « la vie est ailleurs ».
‘tain Y EN A UN LÀ-HAUT QUI ME CHERCHE OU QUOI ?
- Quinto,
entre les larmes et la pluie sur la vitre, je regarde en flou autour de moi. En
face d’abord. Je suis garée pile sous le panneau « stationnement temporaire. 5 minutes
max ». Tant pis. Puis la valse des voitures qui vont et viennent. Elles, qui
gardent le caddy. Eux qui vont chercher la caisse sous la pluie. Qui dira que
la galanterie se perd ? Eux qui arrivent, qui se garent, elles qui les aident
à charger la voiture. Et qui partent.
Moins de 5mn je peux témoigner. J’assiste à 5 chargements et autant de départs.
Aucune Fucking Ford Focus Familiale. Pas cons les gens... Que des voitures qui
re-démarrent sans problème. J’en méprise encore plus la mienne (« Espèce
de Poäng va »).
- Sexto, tout
cela m’a calmée. Je suis prête pour le coup de latte sur le démarreur. Et ô
miracle, ça redémarre.
Je rentre at home. Déballe mes achats qui, comme de fait, ne fittent avec rien. Seule
satisfaction, façon Kinder Suprise, la joie du montage du Duktig. ‘tain, le
seul modèle Ikea sans tréma.
Commentaires
förlorare!
En bon suédois ca se prononce "Könar" :)
Je reconnais ici ton impassibilité légendaire en toute circonstance... :D
Scandinavian Power
Difficile de se marrer et de compatir en meme temps ;-)
Mais comme tu l'as vu hier, t'as plutot interet a te tenir a carreau avec les Vikings, ils attaquent fort...
Bises
V.
Cat attend son peti Tärnö au rayon charcuterie
Ika, un magasin qui en n'a......pas!
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