30 juin 2009
Bell et bien débile
J'appelle Bell, la compagnie de téléphone, suite à un problème sur ma nouvelle ligne téléphonique.
[Veuillez noter que cette conversation sera enregistrée à des fins de qualité]
- Bonjour, j'appelle parce que je n'arrive pas à effectuer de communications inter-urbaines avec ma nouvelle ligne, je voulais savoir si c'était normal.
- Oui, c'est assez fréquent lors d'une ouverture de ligne. On demande un dépot avant d'ouvrir la ligne aux inter-urbains.
- Ok.... Comment puis-je effectuer un dépot ?
- Un instant, je me renseigne auprès du service de facturation.
[Attente - Musique insupportable - "Nous vous remercions de votre patience"...]
- Allo, bien. J'ai vu avec le service de facturation. En fait la ligne a été bloquée suite à une demande de l'utilisateur donc ce sera 10$ de frais pour la débloquer.
- ??!!! MAIS ... mais, l'utilisateur c'est moi et je n'ai jamais demandé à avoir les inter-urbains bloqués ?!
- C'est écrit dans votre dossier. Donc, ce sera 10$ de frais de débloquage.
- MAIS.. mais je REFUSE de payer pour débloquer un service que je n'ai pas demandé !!?###
- Très bien. Je note dans votre dossier que vous refusez les frais. Il faudra nous rappeler quand vous recevrez votre prochaine facture.
- Heu.... pour vous dire quoi ?
- Pour dire que vous refusez de payer les frais de 10$ qui y seront facturés.
- MAIS... mais. Je suis en train de vous le dire MAINTENANT. JE NE VAIS PAS PAY-ER LES FRAIS DE DÉ-BLO-QUA-GE. POINT.
- Oui, je le sais. Je l'ai inscrit dans votre dossier. Mais, je suis désolée, cela vous sera quand même facturé.
- ???!!!
- Vous désirez autre chose ?
Là, j'avoue, j'ai hésité "C'est moi, ou c'est complètement con tout ça?", "Kafka, ça vous dit de quoi ?", "Vous enregistrez les conversations pour les envoyer au Festival Juste Pour Rire ?", "Faut leur dire d'arrèter de me remercier pour ma patience, JE N'EN AI AUCUNE!@#"
Mais je suis en vacances et j'ai décidé de me la jouer zen (...). Je me suis donc cantonnée au plus utile:
- Bon, et finalement, elle est débloquée ma ligne ?
- Oui, ce sera fait d'ici ce soir. Merci d'avoir fait appel à nous.
- ...
[J'ai préféré raccrocher là]
23 juin 2009
Phase descendante
Depuis hier, les journées recommencent à décroître.
Ce que je suis rabat-joie tout de même :)
Bonne fête de la St Jean quand même !
22 juin 2009
Über Loüze
Lundi dernier, c’était soirée Ikea…
J’avais vaguement regardé sur Internet dans la
journée, entre deux urgences au taf, et là, sous le déluge façon lave-auto sans
les longs poils qui battent à la fenêtre, une pensée tenace me taraude « Me
semble que j’ai oublié un truc. Mais quoi ? »
J’arrive
sur le parking et bénéficie, ô miracle, d’une brève éclaircie pour me diriger vers l’antre de la maison témoin
et ses multiples recoins aménagés comme autant de promesses de bonheur
domestique. La salle à manger full equipped, la cuisine supra-fonctionnelle, le
coin pour que les nains bricolent pendant que Däddy pianote. Le tout super bien
rangé. Le mirage Ikea. Sans cesse renouvelé et qui s’estompe quand, de retour chez soi, on déballe nos achats qui,
bizarrement, ne s’agencent plus avec autant d’harmonie que dans le magasin,
comment cela est-ce possible ?
C’est
lundi, y a pas un chat et dehors c’est
orage. Je suis venue seule, personne pour me dire « c’est loooong »,
« j’ai envie de pipi », « c’est quand qu’on s’en va »,
« on a juste besoin d’une cuisine, on y va direct ? ». Allez, soyons folle, ce sera Füll Parcoürs,
le parcours santé à la suédoise, qui serpente au travers de toutes les pièces
de toutes les maisons parfaites du monde.
J’entame
mon slalom géant, avec ce leitmotiv qui ne me quitte pas « J’ai
oublié un truc ... ». Je passe des salons aux bureaux, du coin chambre à
coucher à la section rangement. J’accélère au rayon fauteuils, jamais pu
supporter le fauteuil Poäng de démo. Celui enfermé dans sa boite de torture transparente qui se prend des
coups de lattes à longueur de journées, censées simuler je-ne-sais-combien de
je m’assois-je-me-relève de l’obèse moyen. J’ai jamais réussi à savoir si ils le changeaient, le fauteuil, à quelle
fréquence, et dans quel état il ressortait de la boite...
« J’ai
oublié un truc, ‘tain, mais quoi ?! … »
Puis, fin
du parcours à l’étage, descente au rez de chaussée, re-slalom géant entre la
vaisselle, le linge et les plantes vertes cette fois. Enfin, j’arrive aux
caisses, devant lesquelles sont (censés être) exposés les modèles
saisonniers. Il doit y avoir erreur, il
ne reste là que deux pauvres parasols et un set de jardin en bois. Point de
Tärnö à l’horizon.
Soudain j’ai le déclic « Je sais ce que j’ai oublié… ». Et c’est avec un « Merde, J’ai pas vérifié la disponibilité en stock » que je me dirige, déjà vaincue, vers le préposé qui surfe devant exactement la même page que moi ce matin.
- Tärnö ? bla bla bla. L’est-où ?
- Pu de
tables. Pu de chaises. Rupture de stock. la collection d'été était disponible dès mars. Là on rentre la
collection d'automne. L’été, c’est fini.
L’été,
c’est fini… Le 15 juin…. MERCI CONNARD LE SUEDOIS !
Pfui… A y
est, j’en ai marre. J’avais hésité à faire l’arrêt boulette-riz mais y a des limites à l’horreur. Vite fait un hot
dog à 50c et je me casse. J’ai quand
même 2/3 bricöles (Quizz du jour : QUI a déjà réussi l’exploit de sortir d’Ikea
les mains vides ?).
Dehors, je confie mon chariot à une charmante jeune femme qui surveille
le sien le temps que j’aille chercher, sous la pluie (point d’éclaircie cette
fois) ma caisse. Retour à l’arrêt-minute pour charger la voiture. Et au moment
de repartir, impossible de démarrer. La clé ne tourne plus dans le démarreur.
Un problème qui était apparu il y a quelques jours, j’avais toujours réussi à
m’en sortir, mais là, impossible. Chu bloquée. ÜBER MERDÜM.
Procédons
par étapes
- Primo, je
me mets à chialer. C’est vrai, c’est con mais c’est physiologique. Dès que ma
caisse
m’emmerdem’énerve, je pleure. Je la hais, je la maudis (« je souhaite, je souhaite… que tu te ré-incarnes en fauteuil Poäng de démo! » Oui, tout cela me rend très cruelle). Et encore, elle s’en tire bien, en d’autre temps, c’est à dire sans le déluge, je serais même sortie lui foutre des coups de latte (voire lui crever les pneus). - Secundo, je
mets de la musique. Y a au moins un truc
bien avec cette caisse, c’est que l’auto-radio fonctionne sans qu’on ait à
mettre le contact. Preuve qu’ils connaissaient les déficiences du modèle, moi
je dis. J’ai 1h de musique avant que la
batterie soit à plat. Au moins j’appellerais pas CAA pour rien.
- Tertio,
j’envoie un SMS « PUTAIN DE CAISSE ». Curieux comme la vacuité même de certains
gestes a le don de m’apaiser. J’en parlerais un jour à ma psy. Quand j’irais en
voir une.
- Quatro, je
me rends compte que j’écoute Cœur de Pirate, « la vie est ailleurs ».
‘tain Y EN A UN LÀ-HAUT QUI ME CHERCHE OU QUOI ?
- Quinto,
entre les larmes et la pluie sur la vitre, je regarde en flou autour de moi. En
face d’abord. Je suis garée pile sous le panneau « stationnement temporaire. 5 minutes
max ». Tant pis. Puis la valse des voitures qui vont et viennent. Elles, qui
gardent le caddy. Eux qui vont chercher la caisse sous la pluie. Qui dira que
la galanterie se perd ? Eux qui arrivent, qui se garent, elles qui les aident
à charger la voiture. Et qui partent.
Moins de 5mn je peux témoigner. J’assiste à 5 chargements et autant de départs.
Aucune Fucking Ford Focus Familiale. Pas cons les gens... Que des voitures qui
re-démarrent sans problème. J’en méprise encore plus la mienne (« Espèce
de Poäng va »).
- Sexto, tout
cela m’a calmée. Je suis prête pour le coup de latte sur le démarreur. Et ô
miracle, ça redémarre.
Je rentre at home. Déballe mes achats qui, comme de fait, ne fittent avec rien. Seule
satisfaction, façon Kinder Suprise, la joie du montage du Duktig. ‘tain, le
seul modèle Ikea sans tréma.
17 juin 2009
The smoking connard
Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’énerve
instantanément. Je le fixe en essayant «d’analyser mes émotions».
Parait que c’est important de comprendre les origines de sa colère.
Il est plutôt beau gosse, le sait et semble visiblement
content de lui. Boaf, ça au fond, je trouve ça plutôt cool. La tendance est à
la confiance en soi, on va pas lui en vouloir.
Est-ce la mère de famille tradi en moi qui se
choque ? Genre mais-si-mes-CL-ones-voyaient-ça-ce-n-est-vraiment-pas-un-spectacle-pour-les-enfants.
En même temps (PAPA ET MAMAN NE LISEZ PAS LE RESTE DE LA PHRASE) j’ai déjà tiré
2/3 fois sur ce genre de cigarette. (PAPA ET MAMAN SI VOUS AVEZ LU sachez que
je ne suis pas une droguée).
Est-ce la citoyenne qui s’insurge contre autant de désinvolture ? En même temps, c’est pas comme si j’étais un modèle de droiture. (PAPA ET MAMAN, non je ne blogue pas depuis une prison canadienne).
Bref, je n’arrive pas vraiment à savoir. Mais qu'est-qu'il m'énaaarve !
Puis j'ai une idée, je ne sais pas pourquoi, mais je décide de prendre une photo avec mon cell. Discrétos d’abord.
L’autre se la
pète toujours avec son cigarillos alors paf, sans réfléchir je lui tire le portrait.
In your face !
« Hein ? Quoi? Qu’est-ce? ». Ah, le play boy réagit. Désemparé. Dubitatif. Interrogatif. Le coup de la photo, c’était visiblement pas dans son
plan de vol.
Anyway, je ne suis toujours pas sûre d'avoir compris pourquoi j’étais
si en colère.
Mais, merci Motorola, j’ai trouvé comment
retrouver une certaine allégresse.
15 juin 2009
Fresque et frasque
J'adore mon frèrot Tone et ne cesse d'admirer son talent artistique. Ce week-end encore, dans le cadre de Tableau Noir de la rue Mont-Royal, il a été sélectionné avec une quarantaine d'autres artistes afin de dessiner une fresque sur la rue, fermée à la circulation pour l'événement.
Le thème cette année était "Pourquoi pas le ciel".
Là où je suis moins sûre, c'est au sujet de mon filleul d'amûrrrrr Noa, 3 ans, fils de Tone. Quand, en se balladant dans la rue, il s'écrie tout fort, en pointant de sa ravissante petite menotte une charmante jeune femme qui s'avance en face de nous, sur notre trottoir.
"Tata Tatrine ! SEX BOMB !!".
Sans aucun doute possible, ça aussi, c'est signé Tone.
Merci à Adrien D. pour les photos.
08 juin 2009
Visions d’apocalypse
Je n’ai jamais rien écrit sous la dictée des dieux, mais il m’est arrivé de
crier.
[Eric Chevillard]
Mes deux dernières lectures ont, étrange coïncidence, des points de similitudes rares. Deux romans d’anticipation, l’un écrit par une des (la?) plus grande écrivaine canadienne actuelle, Margaret Atwood et l’autre par le français Pierre Bordage. « La servante écarlate », publiée en 1985, pour la première et « L’ange de l’abîme » (2004) pour le second.
Deux dystopies, ce type de récit qui propose une vision post-apocalyptique de notre monde, un chemin d’évolution possible, sinon probable. La dystopie, aussi appelée contre-utopie, est un genre de la littérature d’anticipation qui s’oppose, comme son nom l’indique, à une vision utopique du monde.
C’est un genre que j’affectionne, que j’ai découvert lors de lecture de bouquins comme « Le Meilleur des Mondes » d'Aldous Huxley, « 1984 » de George Orwell, « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury, « Ravage » de Barjavel, « Les Monades urbaines »de Robert Silverberg, « Neuromancien » de William Gibson ou encore « Tous à Zanzibar » de John Runner (la liste serait bien plus longue…).
« La servante écarlate » décrit la société américaine dans un avenir proche, un monde ultra-conservateur, où la fécondité a chuté dramatiquement et où le rôle de la femme se retrouve axé sur cet unique objectif, la reproduction. Le pays est gouverné par les Commandants. Les Epouses tiennent les maisons, où les Marthas sont des bonnes, tandis que les Servantes écarlates, comme la narratrice, sont chargées d’assurer la descendance. La vision proposée est celle d’une société aseptisée, rigoureuse, à la 1984. Où les libertés individuelles sont brimées au nom du bien collectif.
« L’ange de l’abîme » dans un autre style est aussi un livre dérangeant, dont on ne sait s’extraire et qui ne garantit pas de douces nuits. Bordage, lui, raconte l’escalade post- 11 septembre 2001, dans une Europe coupée en deux, néo-guerre de religion, qui oppose l’Europe de l’Ouest, tenue par des milices chrétiennes dévouées à l’Archange Michel à une Europe de l’Est tombée dans un extrémisme musulman, menant un Jihad sanglant ( «Comme si Dieu n’était qu’une excuse à la haine» ). Les héros, une jeune fille et un garçon plus jeune encore, traversent cette Europe à la recherche du fameux Archange Michel.
Ironie du timing, "La servante écarlate" a été au sein d’une controverse très récente (en janvier 2009) au Canada, à Toronto, dans la ville même où habite Atwood, double ironie. Il est accusé par un parent d'élève d'être violent, dépravé et tout à la fois anti-chrétien et anti-islamiste. Il est par ailleurs black-listé dans les universités du Texas... (édifiant d'ailleurs de voir le nombre de livres "bannis" dans ce pays des libertés....)
Quant à "l’Ange des abîmes", il suffit juste d’allumer la TV ... et déjà on tremble.
---------- Citations extraites des livres --------------
-- "La servante écarlate", Margaret Atwood
[Ô Dieu] tu pourrais leur fournir un Paradis. Nous avons besoin de Toi pour cela. L’Enfer, nous pouvons nous le fabriquer nous-mêmes.
La Nature exige la variété, pour les hommes. C’est logique, cela fait partie de la stratégie de la procréation. C’est le dessein de la Nature. [...] Les femmes savent cela d’instinct. Pourquoi achetaient-elles tant de vêtements différents, dans l’ancien temps ? Pour donner l’illusion aux hommes qu’elles étaient plusieurs femmes différentes. Tous les jour, une femme nouvelle.
-- "L’Ange de l’Abîme", Pierre Bordage
Le vice se tient toujours dans l’ombre de la vertu.
Il avait découvert cette loi géographique et humaine qui veut que plus on s’approche des cimes et plus on frôle les abîmes. Et aussi que l’air des sommets est nettement plus grisant que celui des mornes plaines.
- Faut juste arrêter de croire que le monde se limite à ce que captent les sens. Certains hommes à l’esprit curieux ont passé leur vie à démontrer que la matière est constituée d’ondes, de vibrations. Ils auraient affirmé que je suis reliée à ton onde. D’autres diraient que je suis connectée à ton moi profond, à ton essence. Quoique tu fasses, tu émets une note dans le choeur de la Création. Une note unique reconnaissable entre toutes. Il me suffit de rester à son écoute pour remonter ta piste.
Il ne voulait pas qu’elle sorte de sa vie. Un jour pourtant, elle se tirerait parce que « chacun doit descendre seul dans les abîmes de son âme, chacun doit apprendre à se dresser vers les cieux sans autre soutien que ses propres racines ». Il ne comprenait pas toujours le sens de ses paroles, et pourtant elles éveillaient un écho au plus profond de lui.
L’absence n’est qu’une expression comme une autre de l’être.
07 juin 2009
Mortelle rétrospective
La semaine dernière, je suis en visite chez des amis, avec mes fillettes. Ils ont deux filles eux aussi, plus une petite amie de passage. Les petites jouent à la balançoire, sur le portique dans le jardin. Le temps est menaçant, de noirs nuages sur nos têtes et le vent mugissant nous agacent.
Les filles décident soudainement de rentrer. Mes amis ont une grande maison, avec un sous-sol emménagé en salle de jeu qui contient des trésors dont nos filles raffolent. Est-ce ça, ou le vent entêtant ? Toujours est-il que les filles rentrent.
Nous restons sur la terrasse, savourer le soleil qui reste, et le début de tiède chaleur que le jour distille. On finit un thé. Quand soudain, un bruit curieux, un affreux craquement. Une branche qui se rompt. On la regarde depuis la terrasse tomber, elle semble ralentie par le vent qui souffle. Elle tombe doucement, mais lourdement aussi, au dessus du portique. Elle rebondit sur la barre transversale, semble hésiter un instant en l'air, et s'abat dans l'herbe, à coté.
Sur la terrasse, on a retenu notre respiration, sans savoir vraiment pourquoi. Nous n'avons rien manqué du spectacle et l'on tarde à parler à nouveau.
Je reste bouche bée. Terrifiée d'un malheur qui n'a pas eu lieu. Qui aurait pu avoir lieu. On se regarde, soulagés, sans être très sûrs de l'être. "Les filles étaient là il y a 5 minutes....". Une peur rétrospective, dont j'ai du mal à me départir une semaine après, m'envahit. Un sentiment oscillant entre "ça aurait pu leur arriver" et "ça n'arrive qu'aux autres".
J'ai eu des cauchemards de têtes fracassées cette semaine. Des angoisses sourdes que j'ai réussies à évincer. Une conscience nouvelle, ou plutôt renouvelée, de la précarité de la vie. Le bonheur de sentir mes filles vivantes, si vivantes, si entières d'une vie qui tient à si peu de chose. A un vent fatigant qui énerve les arbres, à un arbre fatigué qui délaisse une branche. Rien de neuf en fait.
Le souffle de la vie qui tient, certains jours comme ce jour-là, au souffle du vent.
03 juin 2009
Jour de colère, ce jour là
Mardi
dernier, je lunche dans un food-court
du centre ville. En ce jour de fin mai,
le soleil et le chaleur auraient dû nous sortir de cet enfermement de l’hiver.
Mais le temps est encore à la pluie et au vent et un monde fou a envahi les
tables du lieu.
Je m’assois
pas loin de 2 ados accompagnés d’un gamin. Un garçonnet de 6 -7 ans je dirais. Une
obésité envahissante, entretenue sans conviction par le trio burger dont il s’empiffre.
Il a le cheveu gominé dressé sur la tête façon mohawk et, ce qui me choque le plus dans ce
tableau déjà affligeant, un brillant à l’oreille d’une grosseur indécente. Du
bling bling tapageur, sur un gamin de 6-7 ans. Hum ?...
Je me
demande ce qu’il fout-là [on est mardi, y a école]
Je me
demande qui l’a looké ainsi [je pense à mes filles et connaît déjà la réponse,
il s’est looké tout seul]
Je me
demande pourquoi cela me met en colère.
Je repense
à ce titre de bouquin qui m’avait marqué « C’est Mozart qu’on assassine ».
Justement,
je réalise que j’écoute du Mozart. Le requiem. « Dies Irea ».
Dies iræ, dies illa, Jour de colère, ce jour là
Je me dis « CL,
arrète de faire ta réac’ qui se la joue c’était mieux avant ».
Aussi, pour tempérer cette colère que je ne m’explique mal, je me dis finalement que c’est peut-être Eminem qu’on ressuscite ?
… Finalement, ça m’énerve encore plus…
01 juin 2009
Fromage ou dessert ?
Héloïse mange
du pain avec de la Vache Qui Rit et Alexane une compote. Héloïse demande à sa sœur :
- Tu préfères
mon pain à la Vache Qui Rit ou ta compote ?
- Je sais pas, j’aime bien les deux.
- Non, tu
dois donner une réponse.
Alexane
s’énerve.
- Je ne peux
pas donner une réponse, j’aime les deux pareil. C’est comme demander si on
préfère son père et sa mère ! Y a pas de réponse, on aime les deux pareil !
Et mon
Héloïse, sincèrement étonnée :
- Ah bon ?
Parce que moi, je préfère papa.









