29 juillet 2009
La question du jour
D'Héloïse, ce soir.
- Maman, est-ce que tu pourrais vivre si il ne restait plus qu'un seul lavabo sur Terre ?
- ??? ...
(heu, elle est de moi cette enfant ? z'êtes surs ?!)
(oui, oui. Elle a bien dit lavabo. Je lui ai fait répéter 3x. Elle a même fini par me pointer le lavabo de la salle de bain "oui, le lavabo, maman !". Sidérée visiblement d'avoir un tel boulet pour mère)
(Allô, là-haut, y a quelqu'un ? Parce que faut arrêter pour aujourd'hui. Faut m'oublier, hein. J'ai eu plus que ma dose pour la journée, merci)
26 juillet 2009
Juste pour rire
Hier soir, rue St Denis avec Héloïse. On passe près de la Capoterie, qui profite du Festival Juste Pour Rire pour faire une pub pour le moins surprenante. Un homme, vêtu d'un caleçon et d'un tablier de cuisine, et coiffé d'une capote invite les gens à entrer dans la boutique. Héloïse est fascinée "Tu as vu, il est déguise en biberon ! Il a une grosse tétine sur la tête, c'est rigolo". "Oui ma fille, allez, on continue".
Plus loin, toujours dans cette ambiance assez familiale qui caractérise ce festival, Trojan en a quand même profité pour sa propre campagne de pub : distribution gratos de préservatifs dans la rue. Mon Héloïse, qui décidemment n'en manque pas une "Maman, prends-en, c'est gratuit !!!". Puis, ayant entendu le discours de la jeune fille qui les distribue "Maman, c'est quoi un condom ?".
"Heu... Pfui... Des choses pour adultes. Ah tiens ! Regarde, une barbe à papa ! Tu en veux une ?".
Belle diversion. Quoique, vu le contexte.
Barbe à papa, hum...
Bref.
20 juillet 2009
Je serais (pas mal) biaisée
Vendredi soir, soirée resto avec un pote. Docteur en psychologie cognitive, le genre où tu fais gaffe à ce que tu dis parce que tu sens que ça va être disséqué, analysé voire déformé et critiqué.
Comble de l'horreur, le pote en question est spécialiste en biais de jugement, prise de décision et raisonnement. Du genre, si j'ai bien tout compris, à mesurer nos préférences en matière d'investissement boursier rien qu'en étudiant quelle couleur de M&M's les chimpanzés préfèrent.
Et ensuite, on s'étonne que c'est la crise ('tain, les singes, la prochaine fois, les M&M's, c'est les jaunes qu'il faudra choisir, ok ?).
Bref, première épreuve : le choix du plat. En terme de prise de décision ça se pose là tout de même. J'ai voulu faire simple, je me suis dit, ne perdons pas de temps, allez hop, la première ligne du menu. Coup dur, le poison du jour. Me suis souvenue in extremis que la dernière fois que j'avais bouffé de l'arsenic, j'avais été à l'article de la mort, malade toute la nuit. Total, j'ai choisi la ligne suivante "le saumon grillé". Pour le vin, je l'ai laissé choisir, on n'est jamais trop prudent. Un excellent choix pour le maître ès décision, un Gewurztraminer alsacien (d'un autre coté, avec un tel choix, on est sûr de ne jamais se tromper, mais je n'ai rien dit, ne soyons pas désagréable tout de même, ça faisait quand même un bail qu'on ne s'était pas vu).
Jusque-là, la soirée se déroulait sans bavure. La discussion allait bon train, il me parlait de ses travaux,de recherches, de ces choses auxquelles on croit ("les croyances") qui biaisent notre jugement comme par exemple "Je vais te poser un problème et si tu perds, tu paies le repas". (NDLR, ça m'a rappelé une réflexion de Lucchini dans le film Paris, "En France quand on est chercheur, on cherche surtout à joindre les deux bouts" - Just kidding mon ami ;-)).
Bref, c'est fou comme ce genre de déclaration porte en elle-même un biais de jugement. Car, comme une conne, j'ai accepté "Allez, vazy", sachant pertinemment que j'allais tomber droit dans le panneau (allez, Cheeta, vert le M&M's).
Le problème de Bar-Hillel et Falk, donc, est, parait-il ,un paradoxe contre-intuitif très connu en statistiques . Si tu le dis... Le problème, donc.
Nous avons 3 cartes. Une avec deux faces bleues (BB), une avec deux faces rouges (RR), et une avec une face bleue et une face rouge (RB).On tire une carte que l'on pose sur la table, la face apparente est bleue. Quelle est la probabilité que la face cachée soit bleue ?
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Forcément, j'ai répondu 1 chance sur 2. Logique (pensai-je). Puisqu'il y a deux cartes avec au moins une face bleue (BB et BR), la probabilité que la face cachée soit bleue est 1/2. CQFD.
ET BEN FORCÉMENT, Ç'EUT ÉTÉ TROP SIMPLE (et mon pote n'aurait pas parié son repas sur un raisonnement aussi bête). En fait, la réponse est 2/3. Je sais, j'ai eu du mal moi aussi à l'envisager. De retour à la maison, l'addition dans les dents et le Gewurzt' dans le sang, j'ai rêvé face bleue et face rouge toute la nuit. Entre autre chose.
Pour la démonstration finale, je la donnerais à ceusses qui, comme moi, sont joueurs. A savoir, ceux qui
- ont lu ce post jusqu'au bout (statistiquement, sans biais possible, au nombre de 2),
- s'intéressent aux stat's (il en reste 1),
- qui n'ont pas été cherché la réponse sur Internet
- et qui ne sont pas bloqués sur "Mais si ! C'est 1 chance sur 2, voyons CL !!!"
Et après, allez, M&M's pour tout le monde !
18 juillet 2009
Vendredi, c'est arsenic
Hier soir, au restaurant.
17 juillet 2009
Cauchemard séparatiste
Héloïse s'est couchée fatiguée, et malgré tout, elle se lève une demi heure après, se plaignant de ne pouvoir dormir "J'ai une histoire dans ma tête qui m'empêche de dormir". Allons bon... Je lui demande donc de me la raconter. Elle m'explique que c'est une grande au camp de jour qui la lui a racontée :
"C'est une petite fille qui parle français qui est allée dans un camp de jour où il y avait que des enfants qui parlaient anglais. Ils ont escaladé une montagne, pis après ils sont rentrés sans attendre la petite fille qui parle français parce que c'étaient pas ses amis et quand elle est rentrée ben ils finissaient de manger des bonbons et il lui en restait puuu".
Sanglots de ma poupoune devant tant d'injustice. J'ai pas osé demander ce qui la tracassait, entre pas avoir d'amis (mais est-ce une notion qu'elle peut saisir ? elle la mascotte universelle) ou qu'on n'ait pas laisser de bonbons à la petite fille (ça, avec tous les refus qu'elle essuye quand on va faire les courses "Maman, on peut acheter ça ?", je pense qu'elle en a une bonne idée).
Toujours est-il, qu'avec ce genre d'histoires, on comprend mieux comment le ver s'immisce dans la pomme de discorde québécoise (heu, si, ça veut dire quelque chose ce que j'écris).
15 juillet 2009
Dans la tête d'Alexane
Ce soir, Alexane et Héloïse se sont disputées en jouant ensemble. Un peu plus tard, en bonne mère qui tente de profiter de la moindre expérience pour transmettre un enseignement, je leur demande ce qu'elles auraient pu faire ou dire pour éviter le conflit. En tout cas, c'est ce qu'ils préconisent dans les bouquins de pédago (à se demander si y ont jamais eu des nains ceux qui les écrivent, m'enfin...). Bref, au lieu d'un "post-mortem sain et constructif dans une ambiance ouverte et harmonieuse", la seule chose que j'ai gagnée c'est un retour à la chicane. Et sa reprise en live.
...
Ok, je ne me laisse pas abattre et mets promptement le hola : "HOLA LES GIRLS ! CHUT !" (impressionnant tout de même, non ?). Et de leur expliquer que le mieux dans ces cas-là c'est de se séparer et d'aller jouer chacune de son coté.
Alexane proteste "J'aime pô jouer toute seule". Je lui explique que moi, à son âge, je jouais avec mon ami imaginaire, comme ça je n'étais pas toute seule (oui, bon...). Ses protestations redoublent alors "Mais je peux pas, moi ! Le mien, d'ami imaginaire, c'est un paresseux ! Il dort tout le temps ! Il veut jamais jouer avec moi !!!".
Ah ben là... J'avais jamais pensé qu'un ami imaginaire puisse être un p'tit con.... C'est pas un peu contre le principe du truc ? Ça me tracasse c't' histoire. N'ai pu que lui suggérer de "le réveiller dans ta tête pour qu'il vienne jouer avec toi". Ok, coté pégado, je fais ce que je peux. Y a aucun bouquin qui préconise quoi que ce soit dans ce cas de figure, j'en suis certaine.
Et j'ai eu comme l'idée que j'allais bientôt avoir à gérer les chicanes d'Alexane avec son ami imaginaire...
"Allo, Dolto ?"
14 juillet 2009
De l'incertitude sémantique
L'autre jour, dans la rue, on m'interpelle :
- Mademoiselle, vous êtes allemande ?
- Heu... non. Pourquoi ?
- Ah. Parce que j'avais l'impression que vous étiez allemande.
- ... (<--- *** bruit discret de déglution salivaire ***)
C'est à ce genre de phrase qu'on réalise que la tolérance est une notion bien abstraite que l'on tente vainement d'inculquer à ses gamins sans la maîtriser pleinement soi-même. Parce que, allez, avouons-le, faute avouée est à moitié pardonnée, bla bla bla, avouons-le donc, je l'ai mal pris...
Revoyons la scène au ralenti :
- Maaaaa-deeeee-moiii-sellllllllle, vouuuuuuuus êeeeeeeeeeeteeeeees alleeeeeeee-maaaaaaaaaan-deeeeeeeeuh ?
4 mots donc.
2 que je juge neutres ("vous", "êtes").
1 mot éminemment positif, "Mademoiselle". Il aurait pu dire Madame, mais non, il a dit "Mademoiselle".
Et 1 mot... heu.... ben ... mettons que .... c'est là qu'on réalise les méfaits non encore absorbés de la combinaison de deux guerres mondiales et de l'invasion annuelle et estivale de créatures poilues et chaussées de Birkenstock sur les plages du Sud...
Sérieux, tel le raciste moyen qui assume pas, je me suis dit "Mais nooooon, t'es pas raciste. Tu as même UN copain allemand, hein" (genre "Mouloud, c'est pas pareil"....). Bref, j'essaye depuis 4 jours que ce facheux événement m'est arrivé de trouver, en toute sérénité-mais-pourquoiiii-moiiiiiii, une raison positive à cette injonction étonnante.
Et de me dire que, d'un point de vue purement sémantique, cette phrase est somme toute nulle (+1 +0 +0 -1=0). Mais, je l'avoue, j'ai du mal....
[d'un autre coté, j'ai mis ce post dans la catégorie "Le connard du jour". Ce qui donne en quelque sorte un élément de réponse. Voire, la réponse]
09 juillet 2009
J'adore les crottes en chocolat
Vendredi soir, je garde les T-ones, mes neveux d’amûr, Léo et Noa. Chouchou, le lapin-nain qui est en pension à la maison, est une véritable attraction. Léo me raconte alors qu’il a vu un reportage qui explique que les lapins mangent leurs crottes. Mais c’est dégueulasse ce qu’on apprend aux enfants de nos jours...
Enquête faite, je confirme, le lapin est bien caecotrophe.
Léo (4 ans) – CL (38 ans) : 1-0
Samedi matin, Léo regarde longuement ses céréales au chocolat Nesquik-j'en-ai-une-énooooooooorme-envie qui flottent dans son bol de lait. Soudain, avec un à-propos et un sens de la déduction qui frôlent le génie, il me demande :
« Dis,
Tata Tatrine, c’est quel animal qui fait les céréales ? »
...
Ok, je l’avoue.
J’ai été à 2 doigts de répondre « les lapins en chocolat ».
Mais Tata CL est pédagogue, pis aussi, elle veut rétablir le score.
Elle a donc
expliqué les plantes, tout ça, tout ça.
Léo – CL :
1-1.
07 juillet 2009
Toute chose
En ce 7 juillet, voici la liste des choses signifiantes et insignifiantes qui ont parsemé ma journée
- J'ai découvert que Chouchou, le lapin nain de ma meilleure amie dont j'ai la garde pendant les vacances (avec des amis comme ça, pas besoin d'ennemis...), Chouchou donc, fait sa revue de presse dès 5h du mat' en déchiquetant très méthodiquement (et TRÈS BRUYAMMENT) le journal qui tapisse le fond de sa cage.
J'ai décidé de mettre très vite les choses au clair avec lui. Je devrais dormir tranquille demain : Ma mémé fête ses 92 ans. En effet, Marguerite est née le "7 du 7, 1917". Bon anniversaire, mémé !
Un enfant est né. D'une collègue partie en congé maternité la semaine dernière. Bienvenue au petit Adriano Gianni.
Ça f'ra p'êt' des cadavres pour leur saleté de bombes
Mais aussi des cerveaux pour ne pas qu'elles tombentLe métro n'est pas seulement écologique, c'est aussi éducatif. Ce soir, merci les afficheurs Média Com du métro de Montréal, j'ai appris que la dame de cœur dans les jeux de cartes s’appelle Judith et que « battre à plate couture » date du XVIIIe siècle. A l'époque, les étoffes étaient tellement épaisses qu'il fallait les battre avec une latte pour pouvoir aplatir les ourlets. Depuis, on dit que l'on a "battu quelqu'un à plate couture" lorsqu'on l'a vaincu entièrement.
Je sais, voilà bien un savoir inutile, mais je me suis quand même permis de vous le transmettre.Au sortir du métro, je suis tombée sur la ligue des chemises à rayures / bretelles qui cherchait visiblement son chemin. Weird !
Un ami m'a annoncé son mariage prochain.
Je suis allée voir "J'ai tué ma mère" au cinoche. Mouais. Pas fan, malgré l'engouement post-Cannes. Heureusement les mardis, c'est réduc'. Ça valait pas plus.
J'ai dégusté un vin blanc fabuleux. Domaine du Bosquet 2006, Sauvignon blanc , Montblanc France. Importation privée hélas. Obligée de retourner au Café Holt pour le déguster à nouveau. Dur :)
'tain, je sais pas pourquoi, mais là, ce soir, je me sens soudain fatiguée.
De toutes ces choses ?
Ou plutot de celles qui m'ont rendue toute chose.







