30 octobre 2009
La Rebelle Attitude
Ce soir, Alexane est fatiguée, donc fatigante. Les directives ne sont pas suivies, tout est contesté. C'est le clash. Ma fille est en colère et, dans un mouvement d'humeur, me lance sur le ton de la menace :
- J'ai le goût de claquer la porte et de partir !
Moi, morte de rire, qui connait trop bien les (non) témérités de ma fille, je me moque doucement :
- Ah oui ? Tu serais capable de ça, toi ?
Elle réfléchit puis elle se corrige :
- Ok. J'ai goût de fermer la porte doucement et de partir !!
28 octobre 2009
Intrusion dans un monde parallèle
Ce soir, à table, Alexane montre son poing à sa soeur et lui demande :
- C'est quel animal que je cache ?
Réponse immédiate d'une Héloïse déjà à fond dans le jeu:
- Le Fuck You !
...
???
La boulette... Je le vois à Alexane qui tombe le bras et me regarde horrifiée-on-va-se-faire-engueulées et à Héloïse qui a compris, mais un peu tard, la gaffe et qui déjà s'exclame penaude "Je m'excuse, maman. Je m'excuse, maman. Je m'excuse, maman".
Là, la pédagogie voudrait qu'on reste absolument estomaquée et horrifiée devant l'étendue de la vulgarité de sa progéniture. Perso, j'ai tenu un bon 20 secondes. Le temps de continuer à entendre Héloïse psalmodier son "Je m'excuse maman" et Alexane s'exclamer "C'est pas moi qui lui aies appris!".
Comme tout parent j'imagine, je souhaite que mes filles soient bilingues. Mais je n'avais jamais envisagé que ce soit limité (ou alors, pour se la jouer optimiste, que ça commencerait par ) les insultes... F*ck Y*u... Dans la bouche de ma tout' petite. Pas encore 7 ans. Ça remet les choses en perspective.
Bon, après une première analyse de la situation, je juge que c'est récupérable. Visiblement, elles savent que c'est mal. Or il n'y a rien de plus vulgaire que des insultes dites en parfaite ignorance de la portée de ces mots. Bon, je lâche les éclats de rire que je retiens avec peine. Ça détend un peu l'atmosphère et du coup, mes filles sont plus coopératives pour répondre aux questions qui me viennent "D'où connaissez-vous ce mot ?" "Est-ce que des "amis" à l'école l'utilisent ?", "Comment ça se fait qu'Héloïse en première année le connaisse déjà ?" (encore que pour celle-là, vue la réaction d'Alexane, j'ai quelque idée sur la réponse).
J'apprends donc, sans grande surprise (leur jeunesse ressemble finalement à la notre, la version BO sans les sous-titres près) que quelques élèves utilisent le terme régulièrement, généralement accompagné d'un geste où le majeur domine... Hé bé... Un peu plus trash qu'à mon époque finalement.
Je profite aussi de la subite coopération-sinon-je-vais-vraiment-me-faire-engueulée d'Alexane pour avoir une liste assez exhaustive des gros mots mauvais mots qu'elle connait. Plus trash qu'à mon époque aussi...
Le reste du repas se termine dans le silence, et on ne saura pas quel animal se cachait dans le poing d'Alexane. Elle tente d'ailleurs un vague "...heu, d'ailleurs... ça veut dire quoi ?" que je feins de ne pas entendre. La coopération, c'est dans un seul sens, hein les CL-ones.
S'agirait que je garde quand même un minimum d'autorité parentale, bordel que diable.
19 octobre 2009
Le non-sens de la vie
Les nouvelles de Kylian sont mauvaises. Très mauvaises. Une tentative de réveil a eu lieu. Kylian s’est «réveillé» sans donner aucun signe de lien social (il ne sert pas la main qu’on lui prend, regarde fixement le plafond...). Il présente maintenant des troubles au niveau pulmonaire ainsi qu'une recrudescence d’activité cérébrale anormale, liée à la baisse des anti-épileptiques pour faciliter le réveil. Les médecins ne cachent pas que son cas, unique, leur échappe et ont replacé Kylian dans coma artificiel profond, pour tester des nouvelles molécules...
On attend donc. Encore et encore. Je ne dirais pas sans grand espoir, car il nous faut garder un espoir justement. Continuer à espérer, par besoin de se raccrocher à quelquechose, j'imagine. Comme à une bouée en cas de naufrage... Des nombreux amis et collègues me disent mettre Kylian au centre de leurs prières. Je trouve cela très réconfortant, très touchant. J'aimerais faire de même, pour tout avouer. Mais l'idée de Dieu m'échappe encore...
Je ne prie pas donc. Mais je pense à Kylian. Je le regarde, un peu, furtivement, avec mes filles qui veulent le voir, en photo. Des photos prises il y a moins de 2 mois, en des temps heureux qui ne laissaient rien présager de l'enfer à venir...
J'espère aussi donc. En quoi ? Peut-être à ce que certains appellent un miracle, qui sait ? Je ne prie pas mais me surprends à faire acte de (peu de / mauvaise) foi telle que je le pratiquais enfant : Je marche sur le bord du trottoir, "si je tombe c'est mauvais signe, sinon c'est bon signe". Je lève les yeux au ciel "si je vois passer un oiseau dans les 5 prochaines minutes, c'est bon signe". Bon, si je n'en vois pas, je me dis que de toute façon, je n'avais pas bien regardé ma montre, que ça ne compte pas (oui, mauvaise foi vous ai-je dis ...).
Je pense à ce qui arrive Kylian, mais ne parviens pas à me dire , comme certains me le disent, que c'est injuste. Il faudrait pour cela croire en une certaine justice de la vie, ce que, toute darwinienne que je suis, je ne peux envisager.
Le seul enseignement que je tire de tout cela pour le moment, c'est que la vie est fragile. Une évidence que l'on le sait tous, oui, je sais. Qu'on essaye d’oublier tant qu'on le peut. Mais qui se rappelle à nous. Parfois très cruellement... Je m'interroge encore de ce que ce rappel - quelqu'en soit l'issue- va avoir comme effet sur nous, sur mon frère, sur ma famille ? Va-t-on changer quelquechose ? Va-t-on apprendre quelquechose ? ...
Sera-t-il là, le putain de sens de cette absurdité ?...
Pour terminer, je laisse la parole à France Quéré, théologienne protestante décédée en 1995, que j'ai découverte aujourd'hui, dans une recherhce sur le web pour écrire ce post. Un mot de la fin, qui me fait envisager de passer, mine de rien, du camp des athées vers celui des agnostiques.
Un petit pas vers Dieu ?...
« Tu dis que la vie est absurde. Réfléchis encore. Te plairait-il que son sens t'ait été donné dans une aveuglante clarté, dès ton premier jour ? Tu te plaindrais d'être ligoté dans son impersonnelle évidence, chargé de préceptes obligatoires et de dogmes irréfutables. Le sens passe par un chemin lent, tortueux, faiblement éclairé, mais qui osera dire que le sens de sa vie n'est pas une œuvre de sa liberté. »
18 octobre 2009
De la dureté de l'accent
On parle d'accent français. D'Héloïse qui l'a, alors qu'Alexane a plutot l'accent québécois. Ou plus exactement, pour reprendre ses propres termes, qui a "l'accent mou, hein maman?".
- L'accent mou ? Ça veut dire quoi ?
Alexane, déjà agacée (dès qu'on ne comprend pas du premier coup)
- Ben oui, je n'ai pas l'accent pointu de France. J'ai l'accent mou, quoi.
- Heu.... Ah ouais, c'est pas faux.
14 octobre 2009
Ceci est un quiz
Lundi, avec une amie, on profite de ce jour béni de l'Action de Grâce pour aller batifoler en forêt et admirer une dernière fois les superbes couleurs de l'automne. Direction St Jérôme et le parc des chutes Wilson. On batifole donc, puis tombons nez à nez avec un panneau qui indique , de façon obscure, comment bien se comporter en ce parc national.
On en rit encore, à imaginer le stagiaire avec son pyrograveur, en train d'essayer de pictogrammiser (si ça existe comme verbe) les différentes interdictions :
Si on les range dans l'ordre suivant :
1. 2. 3. 4. 5.
6. 7. 8. 9. 10.
Je tenterais les interdictions suivantes :
1. Camping (pantalon pattes d'éph'?) interdit
2. Basset télécommandé interdit
3. Bébé africain interdit (l'est raciste en plus le stagiaire, rhoooooooo)
4. Hache interdite
5. Vélo interdit (bizarre... ce parc a une piste cyclable ...)
6. Voiture interdite
7. Feu interdit
8. Bodybuilder musclé surtout du bras gauche interdit
9. Moto interdite
10. Doberman interdit
Vous diriez quoi, vous ? ...
13 octobre 2009
Quelques mots d'amour
"Maman, je t'aime formidablement fort".
D'Héloïse, dit dans un de ces sourires lumineux dont elle a le secret.
Avec un petit air amusé de la musicalité de sa phrase inventée.
....formidablement fort...
J'adore.
09 octobre 2009
Les couleurs du jour
Héloïse regarde les prévisions météo sur un écran du supermarché du coin. De retour à la maison, elle m'annonce toute contente "Demain, la météo a dit qu'il y aurait des arcs en ciel !".
Je suis étonnée, je ne pensais pas qu'ils pouvaient prévoir ce genre de chose. Je demande à ma poupoune:
- Il y avait vraiment un arc-en-ciel sur l'écran ?
Ça la fait rire.
- Mais nooooon maman ! Il y avait un soleil, des nuages et de la pluie. Tout ce qui faut pour un arc-en-ciel, hein maman ?
07 octobre 2009
Le poids des photos
Adrien, un ami, m'a transmis en moins de deux jours le lien vers deux sites traitant a priori de deux choses absolument différentes. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'y voir un lien fort.
Le premier, c'est le vernissage demain, le 8 octobre, de l'expo photo de Marcello Troche au profit de la Fondation du Cancer du sein. Il y présente une série de portraits de femmes. 8 femmes saines entourant une femme atteinte ou en rémission d'un cancer du sein. Toutes seins nus. J'ignore quelles sont les personnalités québécoises qui se sont prêtées "au jeu" (le site officiel ne sera actif que demain) mais je me sens depuis que j'ai eu vent de cette affaire dans un état ... mitigé. Entre un "l'initiative est louable" et un "nouvelle tendance porno chic genre je-me-cache-derrière-l'inattaquable-c'est-pour-une-bonne-cause". (oui, cela m'étonne moi même, qui pratique pratiquais le sein nu sur les plages de France... mais je n'en suis plus à un paradoxe près)
L'autre cas est réellement plus inquiétant. Et je participe modestement ici à l'effet Streisant (un phénomène internet
qui se manifeste par l'augmentation considérable de la diffusion
d'information ou de documents faisant l'objet d'une tentative de
retrait ou de censure) en publiant dénonçant cette photo absolument choquante de la dernière campagne de pub de Ralph Lauren.
L'affaire est donc qu'un site qui traite des photos (mal) retouchées a parlé de cette pub. Ralph Lauren a mal pris l'affaire, et a mis ses avocats sur le coup. Un DMCA (Digital Millenium Copyrigth Act) a été émis contre le site, pour utilisation abusive de cette image (j'ai peuuuuuuuuuur, je risque la mêeeeeeeeeeeme choooooooooose). Ils pensaient ainsi stopper l'affaire. Mais c'était sans compter donc sur le 'tain d'effet Streisant. Et paf, ta gueule Ralph.
Pas vraiment que je crains l'anorexie pour mes filles, entre une qui gobe même ce qu'elle n'aime pas, et l'autre pour qui tout petit pain/brioche/tant-que-y-a-du-sucre se mange, mais quand même. Entre obésité mal contrôlée et anorexie revendiquée, il va falloir qu'ils (les amerlocks, nos voisins sont nos amis...) apprennent ce que poids santé signifie...
[oui, je sais, je fais rarement dans le post engagé, mais là, ça fait du bien]
06 octobre 2009
Du pragmatisme culinaire
Alexane, à table, se lamente sur le jambon dans son assiette qu'elle n'aime pas. Pour cesser de l'entendre geindre, je me décide à venir couper la tranche que je lui ai servie, mais quand j'arrive, l'assiette est vide. Devant mon étonnement "Où est ta tranche de jambon ?", Alexane me répond le plus naturellement du monde :
"Je l'aimais pas, alors je l'ai mangée"
...
05 octobre 2009
Pour l'humour de l'art
Quand même, en ces temps un peu difficiles, une petite histoire à la fois hallucinante et drôle.
Voilà, Tone a eu une commande spéciale pour décorer les nouveaux bureaux, genre loft industriel, d'une boite de design web qui se trouve au centre-ville. Parmi les nouvelles toiles, il en a faite une de moi. Un portrait très design, très chouette. Déjà, j'avais été émue quand samedi il m'avait montré une photo de la toile. Elle était accrochée au dessus d'un cubicle qui n'était pas encore occupé.
A midi, je vais faire un tour dans les bureaux histoire d'aller admirer les dernières productions de mon frère, que je n'ai pas eu l'occasion de voir encore. Je fais le tour des bureaux, j'admire les nouvelles toiles, etc.. etc..
Puis j'arrive devant mon portrait. Deux personnes discutent, qui sont assises dans les deux cubicles sous la toile. Quand elles se retournent, je découvre ...
Jérome, mon pote qui a fêté ses 40 ans en mai, consultant.
Qui a commencé aujourd'hui dans cette boite.
Et à qui on a alloué le cubi' juste sous mon portrait !
[ce qu'il n'avait même pas remarqué, shame on him].
Je vais encore faire ma matheuse, mais statistiquement, l'événement me parait quasi-impossible. Et pourtant, la preuve en image :





