C'est tous les ans la même chose, je devrais le savoir depuis le temps et surtout ne plus m'en étonner ni encore moins m'en affliger. Je devrais arrêter d'envisager le champs des possibles de ces deux semaines de vacances du temps des Fêtes. Cesser de penser à toutes ces choses que je n'ai pas le temps de faire d'ordinaire et que je ferai sans faute pendant les vacances.

Car en effet, ces journées qui arrivent enfin, fin décembre,  c'est cela, pour moi, l'Esprit de Noël. La fatigue de l'automne est à son comble, décembre aura commencé tôt avec ses partys, ses concerts de Noël et la neige qui tombe. Les jours raccourcissent de plus en plus, le noir s'installe et les feux de cheminée s'allument. Ce congé qui arrive est un moment très attendu.

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Car enfin arrive la semaine au chalet. Noël ou Jour de l'An, selon le calendrier des familles séparées qui nous accompagnent. On y sera nombreux, 3 ou 4 couples, une dizaine d'enfants. On change chaque année de destination. Parfois c'est un chalet près d'un lac. Ou bien, au pied des pistes. Il sera  plus ou moins confortable et plus ou bien organisé. Mais toujours il y aura un foyer auprès duquel se réfugier, un thé et un livre à la main.

Comme chaque fois, j'y crois - je crois VRAIMENT - que j'y lirai énormément, que je trouverai enfin - aux heures sombres d'après le jour, ces heures juste après le thé de fin d'après-midi et avant le souper, ou bien encore le matin, dans la chaleur paresseuse des pyjamas qui ne veulent pas sortir - un moment pour faire ces choses, donc, que je ne trouve pas le temps de faire autrement. Lire. Mais aussi écrire, enfin. Revoir les 2/3 choses que je dois réviser si je ne veux pas les oublier. Idéalement, jouer du violoncelle, si jamais on a réussi à le caser dans le lot des bagages.

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Et chaque fois, rien, niet, nada. J'ai beau y avoir rêvé, l'avoir envisagé, avoir attendu d'y être enfin, je ne fais rien de mon ambitieux programme.
Car, au chalet, le temps devient autre.
Ralenti par le froid du dehors, par le chaud du dedans.
Par les thés qui se succèdent.
Rythmé par les activités extérieures - les raquettes, le ski, la luge, le patin, les ballades ... - et intérieures - les jeux, regarder un bon film, discuter entre amis, faire une sieste, aider à la cuisine, engueuler les enfants qui font trop de bordel on s'entend plus, quoi, merde ... -

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Je le sais, depuis le temps, et pourtant, comme chaque fois, je ne cesse de m'en étonner. Cette fois encore, je n'ai lu qu'un livre - "L'énigme du retour" du nouvel immortel - lecture étonnament d'actualité, par certaijnes de ses phrases qui expliquaient parfaitement mon sentiment de langueur hivernale. D'autant que cette année, la météo exceptionnellement glaciale (-30C en moyenne) semblait participer au gel du cerveau, à ce semi-sommeil proche de l'hibernation qui m'empêchait toute initiative.

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Je n'ai donc rien fait, sans même l'énergie pour m'en vouloir un instant. J'ai suivi le flot, le lent cours du temps qui passe - à la fois si lentement que cela nous fatigue plus encore, masi aussi effroyablement trop vite, avec la fin des vacances qui semblaient arriver à grands pas. J'ai écouté M. Laferrière m'expliquer que c'était ainsi, dans nos latitudes. Qu'il ne se passerait rien de plus que ce livre, page après page.

Et surtout, que c'était très bien ainsi.

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