Les personnages et les situations de ce récit étant purement réels, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé n’est pas fortuite.

Kicking-Ass-Endorsement

Y a des tas de trucs dans la vie que je ne comprends pas. Je vous épargnerai la liste mais j’avoue que les endorsements sur LinkedIn arrivent dans le Top 10.  C’est le problème avec les réseaux sociaux. Ils génèrent des comportements ou des actions qui sont encore difficilement explicables, à cause de leur existence trop récente pour qu’un usage commun et consensuel  ait eu le temps d’émerger. Bref, la semaine dernière :

CONGRATULATIONS, CL !
Your connection Machin has endorsed you for skills listed on your profile. Endorsements help show what you're great at.

« ‘TAIN ?! MACHIN ?? MAIS WTF ?! »,  car Machin et moi, il faut l’admettre, on n’a jamais pu se blairer on ne s’est jamais beaucoup appréciés.

Le genre de mec avec des valeurs professionnelles tellement à 180 degrés des miennes (180 étant aussi la différence entre nos salaires) que la méfiance et la défiance l’ont tout de suite emporté sur une potentielle estime mutuelle qui peut tout de même émerger entre gens bien élevés qui ne se comprennent pas mais qui savent rester courtois.

Le genre de mec, qui m'a d'abord enrôlée, pour ensuite m'emmerder et qui maintenant veut m'endosser. WTF, vous avouerez, nan ? Ceci dit, notez au passage comment, par l’élégance littéraire qui me caractérise, j’ai pudiquement omis les autre déclinaison moins classieuse des verbes en enc’ ...  Encore que, en parlant d’enc’, maintenant que vous le dites, Machin en était un excellent représentant. « La classe internationale , peut-être même le champion du monde », pour citer l'autre.

Le genre misogyne-féministe (si ça s'peut), qui appliquait très bien la discrimination positive. Mais à la démission, pas à l’embauche. (Nooon, je vous arrête tout de suite, j’ai pas dit au licenciement), la démission donc, comme l'unique issue que les managers femmes (aucun homme) ont trouvé pour se soustraire à un management basé sur une usure psychologique très efficace et au-dessus de tout soupçon. Le genre à ne s’en être même jamais rendu compte en plus. Trop occupé qu’il était à bien filling the open positions avec  de bons soldats en tout chromosome point  semblable à lui.

Le genre, assez répandu passé un certain niveau comme j’ai pu le constater à maintes reprises, à te parler trèèèès poliment, sans omettre le très courtois « s’il te plait »,  quand il avait un truc te demander qui pouvait servir à ses intérêts personnels, mais qui autrement ne condescendait jamais à t’adresser un simple bonjour, même s'il te croisait dans les couloirs, ni même le merci protocolaire qui suit généralement l’initial "s’il te plait", une fois que tu lui avais donné ce dont il avait besoin. Bref, un de ces experts en télécom qui n’ont jamais pu intégré le concept de communication «  bilatérale ».

Le genre pour j’ai tout de suite ajouté sous LinkedIn, le jour où on s’est fait dégager tous les 2 de la même boite, afin de toujours savoir où il bossait, histoire d’être sure de ne pas y aller.  Et qui – et j’adoooore l’ironie merveilleuse de certaines situations -  justement ce dernier jour  où je m’étais fendu d’un passage dans son bureau dans un ultime acte manqué souci so professional de terminer notre profesionnal relationship  sur une note toute profesionnal, qui a réussi à me faire passer cette demi-heure à lui faire un crash course d’1/2h de LinkedIn. Visiblement, j'ai oublié de lui parler des endorsement.

Bref, le genre de mec qui m’a rendue tellement parano que le fait même de recevoir cette notification de LinkedIn, a priori bien innocente,  plutôt que d’envisager le bête clic maladroit (l’interface LinkedIn étant suffisamment mal foutue pour ça), m'interroge sur quelle idée tordue il peut bien avoir, de quoi il peut bien avoir besoin de ma part, qu’est-ce qu’il est encore en train de manigancer qui m’échappe, pour vouloir m'endosser ainsi.

En attandant de voir, je remercie LinkedIn de me comprendre :

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