19 octobre 2009
Le non-sens de la vie
Les nouvelles de Kylian sont mauvaises. Très mauvaises. Une tentative de réveil a eu lieu. Kylian s’est «réveillé» sans donner aucun signe de lien social (il ne sert pas la main qu’on lui prend, regarde fixement le plafond...). Il présente maintenant des troubles au niveau pulmonaire ainsi qu'une recrudescence d’activité cérébrale anormale, liée à la baisse des anti-épileptiques pour faciliter le réveil. Les médecins ne cachent pas que son cas, unique, leur échappe et ont replacé Kylian dans coma artificiel profond, pour tester des nouvelles molécules...
On attend donc. Encore et encore. Je ne dirais pas sans grand espoir, car il nous faut garder un espoir justement. Continuer à espérer, par besoin de se raccrocher à quelquechose, j'imagine. Comme à une bouée en cas de naufrage... Des nombreux amis et collègues me disent mettre Kylian au centre de leurs prières. Je trouve cela très réconfortant, très touchant. J'aimerais faire de même, pour tout avouer. Mais l'idée de Dieu m'échappe encore...
Je ne prie pas donc. Mais je pense à Kylian. Je le regarde, un peu, furtivement, avec mes filles qui veulent le voir, en photo. Des photos prises il y a moins de 2 mois, en des temps heureux qui ne laissaient rien présager de l'enfer à venir...
J'espère aussi donc. En quoi ? Peut-être à ce que certains appellent un miracle, qui sait ? Je ne prie pas mais me surprends à faire acte de (peu de / mauvaise) foi telle que je le pratiquais enfant : Je marche sur le bord du trottoir, "si je tombe c'est mauvais signe, sinon c'est bon signe". Je lève les yeux au ciel "si je vois passer un oiseau dans les 5 prochaines minutes, c'est bon signe". Bon, si je n'en vois pas, je me dis que de toute façon, je n'avais pas bien regardé ma montre, que ça ne compte pas (oui, mauvaise foi vous ai-je dis ...).
Je pense à ce qui arrive Kylian, mais ne parviens pas à me dire , comme certains me le disent, que c'est injuste. Il faudrait pour cela croire en une certaine justice de la vie, ce que, toute darwinienne que je suis, je ne peux envisager.
Le seul enseignement que je tire de tout cela pour le moment, c'est que la vie est fragile. Une évidence que l'on le sait tous, oui, je sais. Qu'on essaye d’oublier tant qu'on le peut. Mais qui se rappelle à nous. Parfois très cruellement... Je m'interroge encore de ce que ce rappel - quelqu'en soit l'issue- va avoir comme effet sur nous, sur mon frère, sur ma famille ? Va-t-on changer quelquechose ? Va-t-on apprendre quelquechose ? ...
Sera-t-il là, le putain de sens de cette absurdité ?...
Pour terminer, je laisse la parole à France Quéré, théologienne protestante décédée en 1995, que j'ai découverte aujourd'hui, dans une recherhce sur le web pour écrire ce post. Un mot de la fin, qui me fait envisager de passer, mine de rien, du camp des athées vers celui des agnostiques.
Un petit pas vers Dieu ?...
« Tu dis que la vie est absurde. Réfléchis encore. Te plairait-il que son sens t'ait été donné dans une aveuglante clarté, dès ton premier jour ? Tu te plaindrais d'être ligoté dans son impersonnelle évidence, chargé de préceptes obligatoires et de dogmes irréfutables. Le sens passe par un chemin lent, tortueux, faiblement éclairé, mais qui osera dire que le sens de sa vie n'est pas une œuvre de sa liberté. »
03 octobre 2009
La logique du pire
Kylian va ...
Je ne sais même pas remplir les pointillés. Il y a 10 jours, Kylian, mon neveu, 11 ans, entrait en urgence à l'hôpital. Crises d'épilepsie tout à fait nouvelles et étrangement fréquentes. Depuis, les diagnostics ont remplis l'espace de l'ignorance médicale. En 10 jours, il est passé d'une hypothétique méningite, à des formes diverses et variées d'encéphalites. L'aspect viral a été envisagé, des nombreux traitements ont été tentés.
Au jour d'aujourd'hui, plus aucun diagnostic n'est posé. On ne sait pas, on n'a jamais vu ça. Les médecins se focalisent donc sur les effets, mais ne parviennent pas à enrayer les crises qui continuent à se déclencher alors même qu'ils ont mis Kylian dans un coma artificiel afin d'éviter toute activité cérébrale et éviter qu'il souffre. Ce dont ils ne sont même pas sûrs...
Dernier bilan : les séquelles neurologiques, imprévisibles, vont être graves. Son cerveau s'auto-court-circuite, les neurones lâchent les uns après les autres, impossibles à controler. Le réveil est très improbable.
On a dit aux parents qu'ils allaient probablement avoir à faire un choix...
Faire un choix ?
FAI-RE UN CHOIX ...
Je n'arrive pas à comprendre ces mots. J'ai eu Marc, mon frère, le père de Kylian au téléphone. Lui non plus ne comprend pas ces mots-là. On choisit d'avoir un enfant, oui, cela tout le monde peut l'envisager. Mais choisir de ...
Alors que faire ?
Sinon pleurer.
Sinon hurler contre cette nouvelle absurdité.
...
...
...
28 septembre 2009
Oops, I did it again
Quelqu'un m'a dit cet été "Vous devriez essayer à nouveau, je suis sûr que vous allez
finir par apprécier". Bien décidée à nous donner une dernière chance, j'ai donc emmené le Petit Prince avec
moi à Hawaï. Je me disais qu'au moins, avec la distance, la mer et la plage, dans cette ambiance un peu particulière d'une île paradisiaque, on arriverait
à mieux se connaitre et à se comprendre.
Le problème, c'est mon impatience. Je n'ai pas pu attendre des retrouvailles là-bas et je l'ai commencé à Montréal et l'ai fini (YES, I DID IT !!) sur le vol
Chicago-Hawaï... Comme point positif, je dirais que malgré tout, ce
bouquin est quand même MUCH MORE intéressant que n'importe quelle daube hollywoodienne.
C'est à peu près le seul compliment que je peux réussir à lui faire.
Parce que, et c'est d'un agaçant, j'y arrive pas, j'y arrive pas, j'y arrive pas.
Qu'est-ce que c'est chiant, cette histoire de gamin, de planète minuscule et de rose...
Allez, sans rancune le P'tit Prince, le v'là ton mouton :
20 septembre 2009
Ô vent mauvais
Le commandant de bord nous annonce fièrement à la radio "Nous allons atterrir dans 10 mn à Chicago. Nous avons 25 mn d'avance sur l'horaire prévu".
NOOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNN. J'veux pas ! J'veux rester encore un peu !!! Monsieur le Commandant, dites, tournez en l'air encore un peu qu'on atterrisse dans 25 mn, comme c'était prévu ?! Dites oui !!
Je suis atterrée (ce qui, pour quelqu'un qui va atterrir est la moindre des choses) par cette nouvelle, qui en d'autres temps m'aurait été absolument indifférente. Mais voilà, il y a Dédé. Un pote que j'avais connu il y a 15 ans que j'étais venue faire mon stage à Montréal. Depuis, comme tout le monde, j'avais suivi de loin ce qu'il avait fait, sans plus. Et ce matin, il était avec moi dans l'avion. Cela faisait 2h que je riais, que je pleurais, que j'étais absolument émue de le connaitre mieux, de savoir qui il était au fond.
Mais il restait encore 20 mn avant la fin de "Dédé à travers les brumes". J'avais même vérifié, sur mon petit écran particulier logé dans l'appui-tête du siège de devant (j'adore ces nouveaux systèmes de visionnement privé qui commencent à apparaitre sur certaines lignes aérienne où ENFIN enfin tu choisis un film qui te plait plutot que de subir le choix très souvent nul, du film unique). Bref, j'avais vérifié que la durée du vol serait suffisante pour les 2h20 du film, et voilà que l'autre nous annonçait fièrement son avance... De toute façon, je devais attendre pour le vol de liaison pour Hawaï, alors 25 minutes d'avance ou pas, ça ferait toujours 25 minutes à attendre. Dans le charmant aéroport de Chicago, chouette....
Et voilà. J'ai dû laissé Dédé 20 minutes avant la fin, dans une triste situation. J'ai beau savoir comment tout cela - sa vie, son groupe, sa folie....- va se terminer, je me sens frustrée de cette interruption de programme.
[et, comme de fait, dans le vol Chicago-Kona, c'était navet hollywoodien pour tous The Proposal ...]
15 septembre 2009
Playdoyer pour la simplicité volontaire
Hier soir, je dois signer la dictée d’Alexane. 5 fautes, pas terrible. Dont 2 fois la même. Il manque le s pour l’accord au présent du tu.
Je demande donc à Alexane de me réciter la règle de conjugaison associée. Je vois ma fille réfléchir intensément, chercher quelque chose visiblement très loin dans les tréfonds de sa mémoire. Puis, pas très sûre d’elle, elle me sort :
- (Alexane et son soupir des grands soirs) Il
faut mettre un s parce que
sinon le tu il n’est pas content et il va faire sa tranche de bacon.
- ???
- …
- ... Qu’est-ce
que tu racontes ?
- (Alexane, découragée) Ben, je ne sais
plus. Si on ne met pas le s avec le tu, le tu il est fâché alors il fait sa
tranche de bacon, j’en sais rien moi.
- (CL, on ne s’énerve pas, ce n’est pas sa
faute) …
- (Alexane, je vais encore me faire engueuler)
…
- Ça
veut dire quoi, d’abord, faire sa tranche de bacon ?
- Ben
j’en sais rien…
- (CL, on respire 2 grands coups et on NE S’ENERVE
PAS CE N’EST PAS DE SA FAU-TE) Ok… Bon, ces 2 verbes, ils sont de quel
groupe ?
- (Alexane,
toujours soupirante mais qui a compris qu’il ne vaut mieux pas aggraver la situation) Du premier groupe.
- Très
bien.
- Pour
accorder le tu au présent, il faut faire quoi ?
- Mettre
un s parce que sinon ….
- STOP.
C’est ça la règle. « Pour le tu au présent , il faut mettre un s aux
verbes du premier groupe». L’histoire du tu qui es fâché, qui fait sa
tranche de bacon (de toute façon on ne sait même pas ce que ça veut dire), c’est
une petite histoire pour te rappeler la règle si tu l’oublies. Mais tu la
connais, la règle. ALORS OUBLIE CETTE HISTOIRE à la con.
- (Alexane, pas convaincue c’est pas comme ça que la
maitresse elle m’a appris) Oui maman.
‘TAIN...
Il
faut arrêter de prendre les enfants pour des demeurés. Il faut arrêter de leur
raconter des histoires pour justifier une règle qui n’a aucune justification.
Le s pour tu, il n’y a pas plus injustifiable. C’est ainsi, c’est con mais si
on ne le met pas , on est un cancre. On ne va pas épiloguer. Apprenons-leur
les choses ainsi. #$%@!
[CL,
restons zen, nous ne sommes que le 15 septembre]
On a eu la
réunion de rencontre avec la maitresse la semaine dernière. Elle nous a dit qu’on
pouvait l’appeler pour discuter avec elle. Et bien, en voilà une n’a pas fini de m’entendre...
03 septembre 2009
Pour choir, tapez 1. Pour vous casser la yeule, tapez 2
On le sait, il ne faut pas téléphoner en conduisant, c’est dangereux. Mais il ne faut pas non plus envoyer de SMS en marchant . Je confirme. Aïeuh....
Je suis
tombée par terre,
la faute au
cellulaire,
Le nez dans
le ruisseau,
c’est la
faute au texto.
Bonne nouvelle, quand
le ridicule ne tue pas, il fait des bleus aux genoux et égratigne les paumes. Bien
fait CL. Heureusement, il y a les anglais pour nous éviter d’être comme une
boule de flipper sur les poteaux.
Pour vous relever, tapez 3.
20 juillet 2009
Je serais (pas mal) biaisée
Vendredi soir, soirée resto avec un pote. Docteur en psychologie cognitive, le genre où tu fais gaffe à ce que tu dis parce que tu sens que ça va être disséqué, analysé voire déformé et critiqué.
Comble de l'horreur, le pote en question est spécialiste en biais de jugement, prise de décision et raisonnement. Du genre, si j'ai bien tout compris, à mesurer nos préférences en matière d'investissement boursier rien qu'en étudiant quelle couleur de M&M's les chimpanzés préfèrent.
Et ensuite, on s'étonne que c'est la crise ('tain, les singes, la prochaine fois, les M&M's, c'est les jaunes qu'il faudra choisir, ok ?).
Bref, première épreuve : le choix du plat. En terme de prise de décision ça se pose là tout de même. J'ai voulu faire simple, je me suis dit, ne perdons pas de temps, allez hop, la première ligne du menu. Coup dur, le poison du jour. Me suis souvenue in extremis que la dernière fois que j'avais bouffé de l'arsenic, j'avais été à l'article de la mort, malade toute la nuit. Total, j'ai choisi la ligne suivante "le saumon grillé". Pour le vin, je l'ai laissé choisir, on n'est jamais trop prudent. Un excellent choix pour le maître ès décision, un Gewurztraminer alsacien (d'un autre coté, avec un tel choix, on est sûr de ne jamais se tromper, mais je n'ai rien dit, ne soyons pas désagréable tout de même, ça faisait quand même un bail qu'on ne s'était pas vu).
Jusque-là, la soirée se déroulait sans bavure. La discussion allait bon train, il me parlait de ses travaux,de recherches, de ces choses auxquelles on croit ("les croyances") qui biaisent notre jugement comme par exemple "Je vais te poser un problème et si tu perds, tu paies le repas". (NDLR, ça m'a rappelé une réflexion de Lucchini dans le film Paris, "En France quand on est chercheur, on cherche surtout à joindre les deux bouts" - Just kidding mon ami ;-)).
Bref, c'est fou comme ce genre de déclaration porte en elle-même un biais de jugement. Car, comme une conne, j'ai accepté "Allez, vazy", sachant pertinemment que j'allais tomber droit dans le panneau (allez, Cheeta, vert le M&M's).
Le problème de Bar-Hillel et Falk, donc, est, parait-il ,un paradoxe contre-intuitif très connu en statistiques . Si tu le dis... Le problème, donc.
Nous avons 3 cartes. Une avec deux faces bleues (BB), une avec deux faces rouges (RR), et une avec une face bleue et une face rouge (RB).On tire une carte que l'on pose sur la table, la face apparente est bleue. Quelle est la probabilité que la face cachée soit bleue ?
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Forcément, j'ai répondu 1 chance sur 2. Logique (pensai-je). Puisqu'il y a deux cartes avec au moins une face bleue (BB et BR), la probabilité que la face cachée soit bleue est 1/2. CQFD.
ET BEN FORCÉMENT, Ç'EUT ÉTÉ TROP SIMPLE (et mon pote n'aurait pas parié son repas sur un raisonnement aussi bête). En fait, la réponse est 2/3. Je sais, j'ai eu du mal moi aussi à l'envisager. De retour à la maison, l'addition dans les dents et le Gewurzt' dans le sang, j'ai rêvé face bleue et face rouge toute la nuit. Entre autre chose.
Pour la démonstration finale, je la donnerais à ceusses qui, comme moi, sont joueurs. A savoir, ceux qui
- ont lu ce post jusqu'au bout (statistiquement, sans biais possible, au nombre de 2),
- s'intéressent aux stat's (il en reste 1),
- qui n'ont pas été cherché la réponse sur Internet
- et qui ne sont pas bloqués sur "Mais si ! C'est 1 chance sur 2, voyons CL !!!"
Et après, allez, M&M's pour tout le monde !
22 juin 2009
Über Loüze
Lundi dernier, c’était soirée Ikea…
J’avais vaguement regardé sur Internet dans la
journée, entre deux urgences au taf, et là, sous le déluge façon lave-auto sans
les longs poils qui battent à la fenêtre, une pensée tenace me taraude « Me
semble que j’ai oublié un truc. Mais quoi ? »
J’arrive
sur le parking et bénéficie, ô miracle, d’une brève éclaircie pour me diriger vers l’antre de la maison témoin
et ses multiples recoins aménagés comme autant de promesses de bonheur
domestique. La salle à manger full equipped, la cuisine supra-fonctionnelle, le
coin pour que les nains bricolent pendant que Däddy pianote. Le tout super bien
rangé. Le mirage Ikea. Sans cesse renouvelé et qui s’estompe quand, de retour chez soi, on déballe nos achats qui,
bizarrement, ne s’agencent plus avec autant d’harmonie que dans le magasin,
comment cela est-ce possible ?
C’est
lundi, y a pas un chat et dehors c’est
orage. Je suis venue seule, personne pour me dire « c’est loooong »,
« j’ai envie de pipi », « c’est quand qu’on s’en va »,
« on a juste besoin d’une cuisine, on y va direct ? ». Allez, soyons folle, ce sera Füll Parcoürs,
le parcours santé à la suédoise, qui serpente au travers de toutes les pièces
de toutes les maisons parfaites du monde.
J’entame
mon slalom géant, avec ce leitmotiv qui ne me quitte pas « J’ai
oublié un truc ... ». Je passe des salons aux bureaux, du coin chambre à
coucher à la section rangement. J’accélère au rayon fauteuils, jamais pu
supporter le fauteuil Poäng de démo. Celui enfermé dans sa boite de torture transparente qui se prend des
coups de lattes à longueur de journées, censées simuler je-ne-sais-combien de
je m’assois-je-me-relève de l’obèse moyen. J’ai jamais réussi à savoir si ils le changeaient, le fauteuil, à quelle
fréquence, et dans quel état il ressortait de la boite...
« J’ai
oublié un truc, ‘tain, mais quoi ?! … »
Puis, fin
du parcours à l’étage, descente au rez de chaussée, re-slalom géant entre la
vaisselle, le linge et les plantes vertes cette fois. Enfin, j’arrive aux
caisses, devant lesquelles sont (censés être) exposés les modèles
saisonniers. Il doit y avoir erreur, il
ne reste là que deux pauvres parasols et un set de jardin en bois. Point de
Tärnö à l’horizon.
Soudain j’ai le déclic « Je sais ce que j’ai oublié… ». Et c’est avec un « Merde, J’ai pas vérifié la disponibilité en stock » que je me dirige, déjà vaincue, vers le préposé qui surfe devant exactement la même page que moi ce matin.
- Tärnö ? bla bla bla. L’est-où ?
- Pu de
tables. Pu de chaises. Rupture de stock. la collection d'été était disponible dès mars. Là on rentre la
collection d'automne. L’été, c’est fini.
L’été,
c’est fini… Le 15 juin…. MERCI CONNARD LE SUEDOIS !
Pfui… A y
est, j’en ai marre. J’avais hésité à faire l’arrêt boulette-riz mais y a des limites à l’horreur. Vite fait un hot
dog à 50c et je me casse. J’ai quand
même 2/3 bricöles (Quizz du jour : QUI a déjà réussi l’exploit de sortir d’Ikea
les mains vides ?).
Dehors, je confie mon chariot à une charmante jeune femme qui surveille
le sien le temps que j’aille chercher, sous la pluie (point d’éclaircie cette
fois) ma caisse. Retour à l’arrêt-minute pour charger la voiture. Et au moment
de repartir, impossible de démarrer. La clé ne tourne plus dans le démarreur.
Un problème qui était apparu il y a quelques jours, j’avais toujours réussi à
m’en sortir, mais là, impossible. Chu bloquée. ÜBER MERDÜM.
Procédons
par étapes
- Primo, je
me mets à chialer. C’est vrai, c’est con mais c’est physiologique. Dès que ma
caisse
m’emmerdem’énerve, je pleure. Je la hais, je la maudis (« je souhaite, je souhaite… que tu te ré-incarnes en fauteuil Poäng de démo! » Oui, tout cela me rend très cruelle). Et encore, elle s’en tire bien, en d’autre temps, c’est à dire sans le déluge, je serais même sortie lui foutre des coups de latte (voire lui crever les pneus). - Secundo, je
mets de la musique. Y a au moins un truc
bien avec cette caisse, c’est que l’auto-radio fonctionne sans qu’on ait à
mettre le contact. Preuve qu’ils connaissaient les déficiences du modèle, moi
je dis. J’ai 1h de musique avant que la
batterie soit à plat. Au moins j’appellerais pas CAA pour rien.
- Tertio,
j’envoie un SMS « PUTAIN DE CAISSE ». Curieux comme la vacuité même de certains
gestes a le don de m’apaiser. J’en parlerais un jour à ma psy. Quand j’irais en
voir une.
- Quatro, je
me rends compte que j’écoute Cœur de Pirate, « la vie est ailleurs ».
‘tain Y EN A UN LÀ-HAUT QUI ME CHERCHE OU QUOI ?
- Quinto,
entre les larmes et la pluie sur la vitre, je regarde en flou autour de moi. En
face d’abord. Je suis garée pile sous le panneau « stationnement temporaire. 5 minutes
max ». Tant pis. Puis la valse des voitures qui vont et viennent. Elles, qui
gardent le caddy. Eux qui vont chercher la caisse sous la pluie. Qui dira que
la galanterie se perd ? Eux qui arrivent, qui se garent, elles qui les aident
à charger la voiture. Et qui partent.
Moins de 5mn je peux témoigner. J’assiste à 5 chargements et autant de départs.
Aucune Fucking Ford Focus Familiale. Pas cons les gens... Que des voitures qui
re-démarrent sans problème. J’en méprise encore plus la mienne (« Espèce
de Poäng va »).
- Sexto, tout
cela m’a calmée. Je suis prête pour le coup de latte sur le démarreur. Et ô
miracle, ça redémarre.
Je rentre at home. Déballe mes achats qui, comme de fait, ne fittent avec rien. Seule
satisfaction, façon Kinder Suprise, la joie du montage du Duktig. ‘tain, le
seul modèle Ikea sans tréma.
29 mai 2009
Folie furieuse ou folie curieuse ?
[Attention,
ce post psychanalytique traite de ma
santé mentale]
Je
discutais hier avec un ami de nos phobies respectives. J’en ai
deux majeures (phobie des lames et peur de l’étouffement, rien que de très classique
dans le genre phobique ) mais j’avais oublié celle-ci, la troisième. La plus envahissante et la plus récurrente
aussi. Qui revient à chaque
anniversaire, chaque Noël, chaque fête des mères, des pères, des grand-mères,
et la tête alouette. A chacune de ces
occasions où il faut/ j’aimerais/il se fait de / putain de société mercantile d’offrir
un cadeau.
Ma phobie des
cadeaux.
La phobie de la recherche de cadeau pour être précise (parce que, rassurez-vous, j’aime toujours en recevoir :) « Normal, quand on est narcissique » , je vous ai entendus, les cancres au fond).
Je n’ai
JA-MAIS aucune espèce de la moindre ombre de la moindre bonne idée quand vient
le temps d’offrir un présent. Idéalement le cadeau devrait refléter la
connaissance que nous avons de l’autre, combler un de ses besoins/désirs/j’en
ai toujours rêvé, ceci afin de démontrer notre attachement / notre accointance avec / notre volonté de faire plaisir à la personne à qui le cadeau est destiné. Il se
doit aussi de révéler d’une certaine manière le lien qui unit le fêté au fêtant
(?). Il doit AUSSI d’une certaine façon traduire l’importance
de l’événement (si c’est un anniversaire, multiple ou pas de 5, de 10, de 50 voire de
100, si c’est un mariage vs si c’est un Nième Noël, etc…).
Plein de paramètres
donc, dans lesquels je me perds.
Si je parle
de phobie (Les phobies sont des crises
d’angoisses déclenchées par la présence d’un objet ou d’une situation
spécifiques, lesquels ne présentent pas de caractère objectivement dangereux.),
c’est justement parce que toute quête au cadeau s’accompagne chez moi d’une angoisse qui
augmente à mesure que l’événement se rapproche et que le cadeau idéal ne se
trouve pas. Telle la phobique de base, j’adopte
un comportement "contraphobique" qui consiste à éviter la situation phobique.
Conséquence, je fais partie de ceux qui commencent à magasiner pour Noël le 24 à
16h... Alors que j’y pense dès début Novembre (« P’tain faut que je fasse
mes cadeaux de Noël » gloups, sueurs froides et j'évite de trop y penser). Je focalise sur l’idée de la phobie, plutot que
sur l’action qui la ferait cesser...
Bref, tout
ça, c'est la faute à Jérome. Il a eu 40 ans hier. On organise ce soir (dans moins de
4h…) un dîner en son honneur. A midi, j’ai sillonné tout le Montréal commercial
sans trouver LE cadeau (Une cravate ? Non. Des boutons de manchettes ? Non. Un rasoir pour poils d'oreilles et de nez ?
Non. Une station météorologique personnelle - Y a de ces trucs incroyables au rayon cadeaux pour hommes...-
? Non. Des balles de golf , un club de golf ? Non….).
Dernière idée en date :
des billets pour aller au théatre ensemble (Commentaire d’un «ami» : « Du temps avec toi, ouarf, c’est naze non ? » )...
Bouhouhhhhhh
.
Et pour le moment, je n’ai réussi qu'à pondre ce texte.
J'ai horreur de parler de la météo
Mais là... JE VEUX DU SOLEIL, BORDEL !!!!!





