07 octobre 2009
Le poids des photos
Adrien, un ami, m'a transmis en moins de deux jours le lien vers deux sites traitant a priori de deux choses absolument différentes. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'y voir un lien fort.
Le premier, c'est le vernissage demain, le 8 octobre, de l'expo photo de Marcello Troche au profit de la Fondation du Cancer du sein. Il y présente une série de portraits de femmes. 8 femmes saines entourant une femme atteinte ou en rémission d'un cancer du sein. Toutes seins nus. J'ignore quelles sont les personnalités québécoises qui se sont prêtées "au jeu" (le site officiel ne sera actif que demain) mais je me sens depuis que j'ai eu vent de cette affaire dans un état ... mitigé. Entre un "l'initiative est louable" et un "nouvelle tendance porno chic genre je-me-cache-derrière-l'inattaquable-c'est-pour-une-bonne-cause". (oui, cela m'étonne moi même, qui pratique pratiquais le sein nu sur les plages de France... mais je n'en suis plus à un paradoxe près)
L'autre cas est réellement plus inquiétant. Et je participe modestement ici à l'effet Streisant (un phénomène internet
qui se manifeste par l'augmentation considérable de la diffusion
d'information ou de documents faisant l'objet d'une tentative de
retrait ou de censure) en publiant dénonçant cette photo absolument choquante de la dernière campagne de pub de Ralph Lauren.
L'affaire est donc qu'un site qui traite des photos (mal) retouchées a parlé de cette pub. Ralph Lauren a mal pris l'affaire, et a mis ses avocats sur le coup. Un DMCA (Digital Millenium Copyrigth Act) a été émis contre le site, pour utilisation abusive de cette image (j'ai peuuuuuuuuuur, je risque la mêeeeeeeeeeeme choooooooooose). Ils pensaient ainsi stopper l'affaire. Mais c'était sans compter donc sur le 'tain d'effet Streisant. Et paf, ta gueule Ralph.
Pas vraiment que je crains l'anorexie pour mes filles, entre une qui gobe même ce qu'elle n'aime pas, et l'autre pour qui tout petit pain/brioche/tant-que-y-a-du-sucre se mange, mais quand même. Entre obésité mal contrôlée et anorexie revendiquée, il va falloir qu'ils (les amerlocks, nos voisins sont nos amis...) apprennent ce que poids santé signifie...
[oui, je sais, je fais rarement dans le post engagé, mais là, ça fait du bien]
01 octobre 2009
Suicide, saison 2
Le français qu'avait tant aimé Nelly Arcan (Isabelle de son nom de naissance) et qui lui avait inspiré son second livre Folle, a écrit à Nelly, à titre posthume, une lettre ouverte sur son blog. Une lettre qui ne m'émeut guère et qui, plus exactement, me révolte.
Je la lis, la re-lis, à la recherche d'une certaine peine à laquelle on pourrait s'attendre d'un homme qui a aimé une femme qui vient de se donner la mort. Je recherche les traces d'un amour, d'un amour mort et passé certes, mais dont il resterait des vestiges. Des émotions, je ne sais pas.
Ce que j'y lis, c'est qu'il ne l'a pas aimée. Et qu'il n'a jamais compris la substance de l'amour qu'elle lui portait. On ne peut lui en vouloir pour cela, l'amour a ce don si particulier, si déraisonnable, si mystérieux d'échapper à la raison justement et au jugement. Mais alors, pourquoi vouloir en faire témoignage, si ... plat ? C'est cela qui m'échappe.
Je ne peux m'empêcher de voir en ce pseudo-billet mélo une sorte de récupération médiatique pour générer un peu de trafic sur son blog et le faire connaître ... Je sais, je devrais avoir honte de ces inavouables pensées, j'ignore tout de ce mec en fait. Mais pourtant, pourtant... je relis à nouveau son post. Mais non, décidément, je ne vois pas autre chose.
En bonne française, j'aimerais presque croire à une théorie du complot : elle n'est pas morte, elle a créé toute cette mise en scène trash pour booster les ventes de son livre à venir. Ils s'aiment toujours en secret, et lui en rajoute une couche de son coté pour attendrir une autre audience. Le livre va sortir. Fort de ce marketing morbide, les ventes vont exploser, les deux amants vont partir incognito avec le pactole vivre leurs amours sous d'autres cieux.
J'aimerais sincèrement que les choses soient ainsi...
Faut vraiment que j'arrète les séries américaines. La vie ne connait aucun Happy Ending.
16 septembre 2009
Molière, y en a pas deux
[Oops, oublié de remercier ma copine Valérie pour m'avoir rapporté cette incroyable bourde. Merci Valérie!]
Faudra le dire au mec qui a rédigé cette bannière qui orne le site de réservation de spectacle en ligne du Québec, Réseau Admission ...
13 septembre 2009
Francitude ou bull-shitude ?
Petite leçon de grammaire suite à une anecdote qu'un ami ostéo me contait la semaine dernière. Il discutait francophonie avec un patient, qui l'a repris en ces termes "Voyons, on ne dit plus francophonie, on dit francitude". Allons bon.
La curiosité au max, j'ai donc cherché sur Internet. Parce que tout le monde le sait, si c'est sur Internet, c'est que ça existe (!). Quelques rares sites le mentionnent, et le mot francitude est comparé, pour sa construction grammaticale, au mot négritude. Libé le cite aussi, dans son article "Arrêtons de nous triturer la francitude". Il n'est dans aucun dico en ligne (pas pu vérifier dans un dico papier, n'en disposant pas là maintenant tout de suite).
J'ai fini par tomber sur le wiktionnaire, of course. Section suffixe -itude.
Personnellement, j'ai bien aimé la schtroumpfitude (!!!). Ce serait un néologisme ("mot inventé récemment"). Néologisme, hum, en voilà un terme bien pratique. Maintenant, on ne fait plus de fote d'orthografe, on crée des néologismes. Je me demande si Ségolène a utilisé cet argument imparable lors de la sortie époustouflante de sa "bravitude".
Bref, conclusion, certains cons sont des néologues.
Et je prends note, afin d'adopter ASAP la BSA.
La Bull Shitude Attitude...
08 septembre 2009
Le con du passage piéton
Nous nous sommes croisés et, sans même nous connaître, nous nous sommes gueulés dessus. Moi, piétonne qui traversait alors que le feu piéton était rouge (c'est mal) pendant que lui négociait dangereusement son virage avec son cellulaire collé à l'oreille (c'est mal itou).
Puis je me suis demandé.
En cas d'impact, qui aurait été le plus en tort ?
[Nonobstant le fait que c'est moi qui serait morte]
06 septembre 2009
D'ici, tu restes un konar
Un samedi ensoleillé de septembre et l'appel de la Nature. Le temps parfait pour une petite ballade idoine dans le Parc du Mont-Tremblant. Rando pas très longue, qui nous mène au Belvédère qui surplombe le lac Monroe. Vue aérienne qui nous fait oublier le monde.
Puis le monde se rappelle à nous. Le bruit des voitures, au loin, mais quand même. Le moteur du petit monoplan qui survole le lac. Puis les mots gravés dans le bois de la plateforme sur laquelle on admire le paysage. Les Machins qui aiment les Machines, les coeurs avec ou sans la flèche, les Marrackech, Maroc 2006. Et lui, le connard randonneur, qui même avec une telle vue se sent obligé d'exprimer sa verve aussi aflijante que gramaticalment corec'...
Edifiant.
28 août 2009
With Old Navy, la croisière s'amuse
Nadia, la
cinquantaine, caissière chez Old Navy, m’accueille avec un sourire à glacer un
mort. Elle me marmonne un truc que je ne comprends pas et que je lui demande
poliment de répéter « Pardon ? ». Elle me regarde d’un œil morne où l’exaspération
aimerait poindre si seulement il lui restait un brin d’énergie. Elle soupire et je sens sa lassitude augmenter
dans l’effort louable qu’elle fait pour me répondre en français « Vous me
donnes ton email addresse s’il te plait ? ».
Je suis
désolée de l’ennuyer et je m’en veux d’avoir rater sa requête première. Je
voudrais bien l’aider, scanner moi-même les articles que j’ai achetés, je sais pas moi, faire un
truc pour la soulager un peu. C’est la première fois que je me
sens aussi mal en tant que cliente...
Puis mon regard se pose sur son badge, agrafé sur sa poitrine. Le badge Old Navy type apparemment. Sur lequel est écrit son prénom. Et cette phrase qui résume à elle-seule la catégorie de ce post, l’immonde hypocrisie d’une chaine de vêtement. Sur son badge donc, est écrit « Nadia s’amuse avec nous depuis 2005 ».
…
Nadia a raison d’être fatiguée. 4 ans qu’elle a cessé d’être une employée qui travaille 8h par jour pour assurer le minimum à la maison (je sais, j’aime bien Cosette) pour être, de façon beaucoup plus positive, « une partenaire qui s’amuse depuis 2005 ».
...
Old Navy is really a Vieux Con.
14 juillet 2009
De l'incertitude sémantique
L'autre jour, dans la rue, on m'interpelle :
- Mademoiselle, vous êtes allemande ?
- Heu... non. Pourquoi ?
- Ah. Parce que j'avais l'impression que vous étiez allemande.
- ... (<--- *** bruit discret de déglution salivaire ***)
C'est à ce genre de phrase qu'on réalise que la tolérance est une notion bien abstraite que l'on tente vainement d'inculquer à ses gamins sans la maîtriser pleinement soi-même. Parce que, allez, avouons-le, faute avouée est à moitié pardonnée, bla bla bla, avouons-le donc, je l'ai mal pris...
Revoyons la scène au ralenti :
- Maaaaa-deeeee-moiii-sellllllllle, vouuuuuuuus êeeeeeeeeeeteeeeees alleeeeeeee-maaaaaaaaaan-deeeeeeeeuh ?
4 mots donc.
2 que je juge neutres ("vous", "êtes").
1 mot éminemment positif, "Mademoiselle". Il aurait pu dire Madame, mais non, il a dit "Mademoiselle".
Et 1 mot... heu.... ben ... mettons que .... c'est là qu'on réalise les méfaits non encore absorbés de la combinaison de deux guerres mondiales et de l'invasion annuelle et estivale de créatures poilues et chaussées de Birkenstock sur les plages du Sud...
Sérieux, tel le raciste moyen qui assume pas, je me suis dit "Mais nooooon, t'es pas raciste. Tu as même UN copain allemand, hein" (genre "Mouloud, c'est pas pareil"....). Bref, j'essaye depuis 4 jours que ce facheux événement m'est arrivé de trouver, en toute sérénité-mais-pourquoiiii-moiiiiiii, une raison positive à cette injonction étonnante.
Et de me dire que, d'un point de vue purement sémantique, cette phrase est somme toute nulle (+1 +0 +0 -1=0). Mais, je l'avoue, j'ai du mal....
[d'un autre coté, j'ai mis ce post dans la catégorie "Le connard du jour". Ce qui donne en quelque sorte un élément de réponse. Voire, la réponse]
30 juin 2009
Bell et bien débile
J'appelle Bell, la compagnie de téléphone, suite à un problème sur ma nouvelle ligne téléphonique.
[Veuillez noter que cette conversation sera enregistrée à des fins de qualité]
- Bonjour, j'appelle parce que je n'arrive pas à effectuer de communications inter-urbaines avec ma nouvelle ligne, je voulais savoir si c'était normal.
- Oui, c'est assez fréquent lors d'une ouverture de ligne. On demande un dépot avant d'ouvrir la ligne aux inter-urbains.
- Ok.... Comment puis-je effectuer un dépot ?
- Un instant, je me renseigne auprès du service de facturation.
[Attente - Musique insupportable - "Nous vous remercions de votre patience"...]
- Allo, bien. J'ai vu avec le service de facturation. En fait la ligne a été bloquée suite à une demande de l'utilisateur donc ce sera 10$ de frais pour la débloquer.
- ??!!! MAIS ... mais, l'utilisateur c'est moi et je n'ai jamais demandé à avoir les inter-urbains bloqués ?!
- C'est écrit dans votre dossier. Donc, ce sera 10$ de frais de débloquage.
- MAIS.. mais je REFUSE de payer pour débloquer un service que je n'ai pas demandé !!?###
- Très bien. Je note dans votre dossier que vous refusez les frais. Il faudra nous rappeler quand vous recevrez votre prochaine facture.
- Heu.... pour vous dire quoi ?
- Pour dire que vous refusez de payer les frais de 10$ qui y seront facturés.
- MAIS... mais. Je suis en train de vous le dire MAINTENANT. JE NE VAIS PAS PAY-ER LES FRAIS DE DÉ-BLO-QUA-GE. POINT.
- Oui, je le sais. Je l'ai inscrit dans votre dossier. Mais, je suis désolée, cela vous sera quand même facturé.
- ???!!!
- Vous désirez autre chose ?
Là, j'avoue, j'ai hésité "C'est moi, ou c'est complètement con tout ça?", "Kafka, ça vous dit de quoi ?", "Vous enregistrez les conversations pour les envoyer au Festival Juste Pour Rire ?", "Faut leur dire d'arrèter de me remercier pour ma patience, JE N'EN AI AUCUNE!@#"
Mais je suis en vacances et j'ai décidé de me la jouer zen (...). Je me suis donc cantonnée au plus utile:
- Bon, et finalement, elle est débloquée ma ligne ?
- Oui, ce sera fait d'ici ce soir. Merci d'avoir fait appel à nous.
- ...
[J'ai préféré raccrocher là]
17 juin 2009
The smoking connard
Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’énerve
instantanément. Je le fixe en essayant «d’analyser mes émotions».
Parait que c’est important de comprendre les origines de sa colère.
Il est plutôt beau gosse, le sait et semble visiblement
content de lui. Boaf, ça au fond, je trouve ça plutôt cool. La tendance est à
la confiance en soi, on va pas lui en vouloir.
Est-ce la mère de famille tradi en moi qui se
choque ? Genre mais-si-mes-CL-ones-voyaient-ça-ce-n-est-vraiment-pas-un-spectacle-pour-les-enfants.
En même temps (PAPA ET MAMAN NE LISEZ PAS LE RESTE DE LA PHRASE) j’ai déjà tiré
2/3 fois sur ce genre de cigarette. (PAPA ET MAMAN SI VOUS AVEZ LU sachez que
je ne suis pas une droguée).
Est-ce la citoyenne qui s’insurge contre autant de désinvolture ? En même temps, c’est pas comme si j’étais un modèle de droiture. (PAPA ET MAMAN, non je ne blogue pas depuis une prison canadienne).
Bref, je n’arrive pas vraiment à savoir. Mais qu'est-qu'il m'énaaarve !
Puis j'ai une idée, je ne sais pas pourquoi, mais je décide de prendre une photo avec mon cell. Discrétos d’abord.
L’autre se la
pète toujours avec son cigarillos alors paf, sans réfléchir je lui tire le portrait.
In your face !
« Hein ? Quoi? Qu’est-ce? ». Ah, le play boy réagit. Désemparé. Dubitatif. Interrogatif. Le coup de la photo, c’était visiblement pas dans son
plan de vol.
Anyway, je ne suis toujours pas sûre d'avoir compris pourquoi j’étais
si en colère.
Mais, merci Motorola, j’ai trouvé comment
retrouver une certaine allégresse.








