Le Blog de CL

Mes humeurs, mes lectures et tout ce qui me passe par la tête et que vous ne souhaitez pas forcément savoir !

20 décembre 2009

Jeudi dernier was finally a perfect day

La journée est radieuse et glacée. Je pourrais ré-écrire exactement le même post que celui écrit il y a un an, lors d’une même belle journée froide de décembre, identique à celle d’aujourd’hui. Exactement la même allégresse emmitouflée, à admirer du fond de ma capuche le bleu si bleu du ciel et la clarté hallucinante du jour reflétée sur le blanc de la neige.

C’est le matin, je marche le long du parc Laurier en direction du métro et j’adore ce moment, ici, maintenant. Dans mes oreilles, heureuse coïncidence, Damien Saez me chante Perfect world.

To the perfect world
Under beautiful skies
In a perfect world
Never will we die

La journée hélas si bien commencée ne continue pas sur cette prometteuse lancée. Une attaque de cons, aussi inattendue que blessante, vient en gâcher la beauté. La tristesse soudain, la rage. Le découragement. Saez m’avait prévenue pourtant.

Some days
You just feel like it's a perfect day
Some days
You just wanna pass away

Je cours me réfugier dans un café. L’ami-qui-sera-toujours-là ne l’est pas (« Un gros dossier à boucler »), celui-qui-s’inquiète-toujours-pour-moi s’inquiète. Les copines, je ne les appelle pas. Mes découragements valent les leurs, celui-ci ne mérite pas d’aller s’ajouter aux leurs.

Once again i feel
The hole growing inside
I'm still running
Running through the grass
Once again i dream
I can touch the sky
I keep on running

Heureusement, il y a lui. Toujours là, chaud et réconfortant. Infaillible et présent, y a qu’à demander. Il me console comme il sait si bien le faire depuis toutes ces années avec sa distinction aristocratique toute britannique. Le comte Grey. Earl Grey. Chaud au fond de ma tasse, qui accompagne ma lecture de Foglia dans la Presse. Qui parle d’oeufs en neige, ce dessert d’un autre temps, qu’on appelle aussi îles flottantes et que ma Mémé de Bretagne nous préparait si bien pour le repas dominical.

Some days,
You just feel like it's a perfect day
Some day,
You just wanna pass away

La lecture et le thé ont raison des cons. Le moral revient, avec le soir qui tombe. La nuit promet d’être froide, mais cela ne nous empêche pas d’aller écouter nos petites chanter dans la cour de l’école pour la chorale de Noël.

Puis la journée s’achève, dans la perfection de son commencement. Dîner entre amis, chez celle avec qui je ris devant un verre de blanc sec et celui qui sait si bien réconforter en nous mitonnant d’excellents plats. Dont, hasard ou coïncidence, des îles flottantes au dessert !

Some days
You just feel like in your beautiful day

 

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28 novembre 2009

L'holocauste pour les moins de 8 ans

death_row


Telle mère, telles filles, mes CL-ones aiment aussi Jean-Jacques Goldman (j'assume et je vous emm...). Avec une affection particulière pour "Comme toi". J'avais 11 ans, en 1982, quand cette chanson est sortie. Eté 82, même. Les monos de la colonie où j'étais allée n'avaient cessé de l'écouter et je me souviens parfaitement du mélange de tristesse et d'émotion diffuse qui m'étreignaient à chaque écoute.

             Elle avait les yeux clairs
             Et la robe en velours
             A coté de sa mère
             Et la famille autour
             Elle pose un peu distraite
             Au doux soleil de la fin du jour

             La photo n'est pas bonne
             Mais l'on peut y voir
             Le bonheur en personne
             Et la douceur d'un soir
             Elle aimait la musique
             Surtout Schumann et puis Mozart


Une douce mélancolie me prenait, et je réalise que j'en ignorais l'origine. Les violons et l'air lent de la musique ? La même tristesse et la même mélancolie que mes filles ressentent, et qu'elles recherchent quand elles me demandent cette chanson.

             Elle s'appelait Sarah
             Elle n'avait pas huit ans
             Sa vie, c'était douceur,
             Rêves, et nuages blancs
             Mais d'autres gens
             En avaient décidé autrement

Je leur ai demandé ce qu'elles comprenaient de la chanson, quelle était l'histoire de la petite Sarah. Elles n'ont pas bien su. "Elle s'appelle Sarah". Puis "Ça raconte quoi, maman, comme histoire ?". Merde... J'aurais pas dû commencer... J'ai hésité, que leur dire ? Je leur ai parlé du monsieur qui chante cette chanson pour sa petite fille.

"C'est Sarah, sa fille, dis maman ?".  Non, il raconte à sa fille, dont on ne connait pas le nom, l'histoire d'une autre petite fille qui s'appelle Sarah. Elle est née il y a très longtemps, à Varsovie. Varsovie, c'est une ville d'un pays qui s'appelle la Pologne, où il y a eu la guerre.

             Elle avait tes yeux clairs
             Et elle avait ton âge
             C'était une petite fille
             Sans histoires et très sage
             Mais elle n'est pas née
             Comme toi ici et maintenant!

"Sarah, elle était dans une ville en guerre ? Mais qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?". Le papa, il raconte à fille à quel point elle a de la chance d'être née dans un pays en paix, comme vous, ici à Montréal au Canada. La chanson ne dit pas ce qu'il est arrivé à la petite Sarah, peut-être qu'elle est morte pendant la guerre ?...

"Elle est morte ?! A 8 ans ?!". Oops, je sens que la session pédago est en train de virer en séance psycho. Mais en même temps, doit-on tout leur cacher ? Je veux leur faire comprendre à quel point on a de la chance de vivre dans un pays en paix, que d'autres enfants n'ont pas cette chance.

Mais doit-on leur expliquer que ces autres enfants en meurent  ? ...
Comment leur expliquer tout cela ?
Comment concilier le devoir de mémoire au devoir de protection parentale ?
Les protégeons-nous trop ?
Mais en même temps, elles sont (surtout Alexane) si sensibles ?
Comment faire ? Quoi dire ?... [le premier qui me dit "faut déjà arréter JJG" @#$!]
Sont-elles trop jeunes ?

J'ai botté en touche. "On ne sait pas ce qui est arrivé à la petite Sarah. Peut-être qu'elle a vécu, peut-être qu'elle est morte parce que c'était la guerre"...
Et me suis demandée, à quel âge, l'holocauste ?...

Oeuvre : The Death Row de Tone

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06 novembre 2009

Trouille et citrouilles

image0011

La campagne de vaccination contre la grippe H1N1 a commencé. En même temps, se répand de ci de là, le virus et les annonces de décès associés. On hésite, va-t-on faire vacciner nos filles ou non ? De toute façon, on n’est pas éligible au vaccin avant début décembre, ça nous laisse un bon mois pour continuer à hésiter entre des non-choix mal documentés où la décision finale, dans ce monde où les statistiques dominent, reste la probabilité que nos filles s’en sortent. Un mois aussi pour finalement le chopper en toute bonne conscience.

Je pensais à cela, samedi soir dernier, à la Tulipe, dans cette ambiance confinée et surchauffée où les sueurs et autres  fluides suspects potentiellement contaminés nous retombaient dessus selon le cycle d’évaporation / condensation qui sévissait dans la salle. Je me suis d’ailleurs bien marrée en voyant une Cléopâtre sortir sa micro bouteille de lotion anti bactérienne et s’en frotter les mains. L’optimisme à son meilleur.

J’ai donc dansé à la faveur d’une soirée Pop Spécial Année 80, un soir d’Halloween. Je me suis engueulée avec un Rubik’s Cube (!) qui mesurait visiblement mal le volume de son déguisement et qui envahissait dangereusement mon micro espace « Hé machin, j’ai la face rouge dans l’oeil ».  J’ai ovationné avec la foule les 3 Michael Jackson quand « Beat It » a retenti dans les enceintes.

Et j’ai souri et voulu y voir un signe en entendant Gloria Gaynor m’assurer que « I will survive ».

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30 septembre 2009

Chronique d’une mort annoncée

[Au moment où j'écris ces lignes, Balavoine chante "Ma vie ne m'apprend rien". D'où la catégorie...]

A quoi je sers ?
Suis-je indispensable, manquerais-je à quelqu’un ?
Y a-t-il un sens à ma vie ?
Ai-je ma place dans ce monde ?

Je n’ai pas les réponses à ces questions. Je ne sais pas quelle est ma place dans ce monde, ni même si ma vie a un sens, voire si ma vie doit avoir un sens. Après des années de catéchisme vain, je ne reconnais que l’absurdité darwinienne de la vie. Je suis une probabilité naturelle, un essai que Dame Nature (Dieu ? Le Grand Tout ? Personne ?) a tenté il y a 38 ans. Je suis un élément purement stochastique. Quand je dis ça, souvent on me répond que c’est triste. Je ne sais pas. Je ne crois pas, parce que je ne me sens pas triste. Je me dis juste qu’il y a des questions auxquelles je n’ai pas de réponse. Et que cela ne change pas le fait que j'aime ma vie, telle que les probabilités me l'ont offerte...

A quoi je sers ?
Suis-je indispensable, manquerais-je à quelqu’un ?
Y a-t-il un sens à ma vie ?
Ai-je ma place dans ce monde ?

Certains sont capables de répondre à ces questions. Mais je ne les envie pas. Car souvent de telles réponses se font, sinon dans la douleur (qui sait ?) du moins dans la mort.

La semaine dernière, Nelly Arcan y a répondu. Elle s’est suicidée. A l’âge de 35 ans. Ses désirs de mort, sa fascination pour le suicide ne datent pas d’hier. Déjà, dans son premier bouquin (et le seul que j’ai lu, je n’aimais pas particulièrement son style, même si maintenant qu’elle a disparu, je ne me sens plus aucun droit de critiquer sa plume – ce que j’aurais fait sans vergogne de son vivant - hum, la mort en tant que forme de censure ?), dans son premier bouquin donc, Putain, elle écrivait déjà :  «J'aimerais me dévoiler froide et nue à la communauté, être telle qu'on ne puisse plus me nier, fixée pour toujours, un cadavre à identifier.»

Folle, son deuxième livre, récidivait de façon plus explicite sur cette attraction de la mort. De la mise à mort, devrais-je dire. Ce livre se présente sous forme d’une lettre que l’héroïne, décidée dès l’âge de 15 ans à se tuer avant ses 30, adresse en guise d’adieu à l’homme qu’elle a aimé. Ce livre serait la biographie d’un amour malheureux que Nelly Arcan aurait eu avec un français.

Puis son troisième livre, à paraître bientôt à titre posthume, s’intitule Paradis, clef en main... Ironie du sort ou néo-marketing sensationnel, mais peut-on oser le terme au lendemain d’une telle mort ?...

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Que faut-il voir et comprendre dans ce geste de se donner la mort ? J’ai souvent pensé que, mais je dois admettre que j’ignore tout du désespoir, le suicide était au fond une affaire de choix.  Mais peut-être pas finalement ? Pour ces gens, de même que pour moi vivre n’est même pas une ... option, mourir n’en est pas une non plus ? Quelle logique, mais y en a-t-il une, derrière tout cela ?...

Je me souviens avoir été ... glacée par la lucidité froide et l’analyse détachée que Romain Gary a laissé en note le 2 décembre 1980, avant de se tirer une balle dans la tête (NDLR : Jean Seberg fut sa deuxième femme, dont il était divorcé et qui s’était suicidée elle aussi en 1979) :

« Jour J.

Aucun rapport avec Jean Seberg. Les fervents du coeur brisé sont priés de s’adresser ailleurs.
On peut mettre cela évidemment sur le compte d’une dépression nerveuse. Mais alors il faut admettre que celle-ci dure depuis que j’ai l’âge d’homme et m’aura permis de mener à bien mon oeuvre littéraire. Alors, pourquoi ? Peut-être faut-il chercher la réponse dans le titre de mon ouvrage autobiographique « La nuit sera calme » et dans les derniers mots de mon dernier roman : « car on ne saurait mieux dire » ;

Je me suis enfin exprimé entièrement »

Mourir, maintenant et tout de suite, en ultime contrôle de sa vie ?

Parce qu’ il arrive un moment où « on ne saurait mieux dire » ?
Peut-être, pourquoi pas ?
Et peut-on croire, nous les vivants qui choisissons de rester, que "l’on saura mieux vivre" ?

Je l'ignore. Mais cela est ma réponse.

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02 août 2009

Mon lecteur mp3 se croit au Festival Juste Pour Rire

Ce midi, déluge au dehors.
Dans mes oreilles "It's raining again", de Supertramp...

[... Même pas drole. Presque failli le mettre dans la catégorie "Connard du jour"...]

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03 juin 2009

Jour de colère, ce jour là

Mardi dernier, je lunche dans un food-court du centre ville.  En ce jour de fin mai, le soleil et le chaleur auraient dû nous sortir de cet enfermement de l’hiver. Mais le temps est encore à la pluie et au vent et un monde fou a envahi les tables du lieu.


Je m’assois pas loin de 2 ados accompagnés d’un gamin. Un garçonnet de 6 -7 ans je dirais. Une obésité envahissante, entretenue sans conviction par le trio burger dont il s’empiffre. Il a le cheveu gominé dressé sur la tête façon mohawk et, ce qui me choque le plus dans ce tableau déjà affligeant, un brillant à l’oreille d’une grosseur indécente. Du bling bling tapageur, sur un gamin de 6-7 ans. Hum ?...


Je me demande ce qu’il fout-là [on est mardi, y a école]
Je me demande qui l’a looké ainsi [je pense à mes filles et connaît déjà la réponse, il s’est looké tout seul]

Je me demande pourquoi cela me met en colère.
Je repense à ce titre de bouquin qui m’avait marqué « C’est Mozart qu’on assassine ».

Justement, je réalise que j’écoute du Mozart. Le requiem. « Dies Irea ».


Dies iræ, dies illa, Jour de colère, ce jour là

Je me dis « CL, arrète de faire ta réac’ qui se la joue c’était mieux avant ».

Aussi, pour tempérer cette colère que je ne m’explique mal, je me dis finalement que c’est peut-être Eminem qu’on ressuscite ?


… Finalement, ça m’énerve encore plus…


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26 mars 2009

Mixed message

Hier après-midi, je bois ce que j’appelle mon thé "de bonne conscience". Sur mes 8 tasses de thé quotidiennes, je m'impose (?) ce thé vert kombucha de la marque Yogi Tea. Assez Carrément dégueulasse, il faut l'admettre (mais bon, il est vert puis il contient du kombucha, ce dernier gadget macro-biotique très tendance sur la Cote Ouest de ce que j'avais cru comprendre du dernier bouquin de Jean-Paul Dubois).

En fait, le but est à la fois de me donner bonne conscience (? donc) et surtout d'écouler le stock que m'a gentillement légué un collègue dont je ne dévoilerais pas l'identité parti ll y a quelques mois sans avoir bu son thé macro-biotique (le breton est fûté, oops, dévoilé).

Bref, Yogi Tea, probablement consciente de la piètre qualité (le mot est faible) de leur produit a fait ce qui s'impose en pareil cas : elle a misé sur le packaging. En imitant le concept des biscuits chinois, ils ont foutu des petites maximes ou prédictions sur les sachets eux-même. Je ne l’avais pas remarqué avant hier (pas faute pourtant d'en avoir bu de ce $%^de thé).

tea

Exactement au moment où Balavoine me sanglotait « Dieu que l’amour est triste » dans les oreilles, je tombai sur le message du sachet ... « Your greatest strengh is love »

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19 mars 2009

Dis-moi qui sont ces gens

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J'ai créé une nouvelle catégorie, « Ma vie en mode shuffle »,  pour rapporter de simples saynètes telle que celle ici. Car il m’arrive souvent de drôle de coïncidences, entre ce qui se passe sous mes yeux et la musique qui me traverse, distillée par mon lecteur de mp3 configuré, donc, en mode shuffle.
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Une des grandes différences que j'ai remarquées entre Montréal et Paris est la quasi-absence d’amoureux dans le métro montréalais. Ça m’a toujours étonnée, depuis 10 ans que je vis ici. Comme cela m’enchante, à chaque fois que je retourne à Paris. Je ne peux détacher mes yeux des amoureux du métro parisien.

Et pourtant ce matin, pour contredire ma théorie, je les ai vus. Sur la ligne verte, entre Berri-UQAM et Place-des-Arts. La jeune vingtaine, ils sont assis l’un à coté de l’autre, de dos par rapport à moi. Ils se tiennent les mains, comme accrochés l’un à l’autre. Rien ne compte que l'autre. Ils se dévorent littéralement des yeux.

Dans mes écouteurs, Damien Saez :

        Dis-moi qui sont ces gens
        Qui se montrent indécents
        Qui s'embrassent en public ?


Elle a la main passée dans ses cheveux à lui, elle joue dans ses boucles. Le couvre de baisers délicats sur la joue, descendant le long de sa machoire jusqu'à la base du cou. Puis remonte parfois à l’oreille, où elle lui murmure de doux mots qui les font s’esclaffer de bonheur l’un l’autre en une tendre complicité.

        Dis-moi qui sont ces gens
        Qui rient comme des enfants
        Qui se donnent la réplique ?
        Celle des Roméo,
        Des Tristan, des Rimbaud,
        Celle des grandes musiques.

Station Saint-Laurent. Il jette un œil au dehors pour voir le nom de la station. Puis revient à elle. Je le vois de dos mais le devine soudain sérieux. Il la regarde mieux on dirait, lui encadre délicatement le visage de ses deux mains et l’embrasse avec une nouvelle tendresse. Ils ferment doucement les yeux, quand leurs lèvres se font plus insistantes, tout concentrés en ce baiser qui a des allure d’adieu déchirant. Puis il se lève, comme à regret. Elle lui tient encore la main, ne le lâche pas, le temps que le métro s'arrète et que les portes s’ouvrent.

        Dis-moi qui sont ces gens
        Qui promènent en semant
        La grâce derrière eux ?
        Rendant plus beau le monde
        Qui emportent à la tombe
        Leur amour avec eux.


Quand il descend sur le quai, elle le regarde encore. Elle ne veut rien rater de sa présence à ses cotés. Même éloignés l’un de l’autre, on les sent toujours attachés, liés. Inséparables. Déchirés par cette petite rupture matinale. Les portes se referment et le métro reprend sa course. Lui reste sur le quai, immobile, à la regarder s’éloigner. La scène est attendrissante, touchante d’un romantisme désuet en cette heure de pointe quotidienne.

Je me sens accablée soudain, décalée. Voyeuse de ce bonheur si frais, si neuf. Si éclatant. Je me sens jalouse aussi, vieillie de toutes ces années qui me séparent de ces choses que je faisais, moi aussi, quand je faisais partie de "ces gens", dans le métro parisien.

        Dis, qui sont ces bourreaux
        Qui me tuent sans un mot
        De leurs yeux magnifiques ?



Posté par CL_leblog à 07:56 - Ma vie en mode shuffle - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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