J'habite au dernier étage d'une batisse de 2 étages, comme elles le sont toutes sur la rue. J'ai un balcon à l'avant, coté rue, et une terrasse à l'arrière, coté ruelle. Le bureau sur lequel je travaille donne sur l'avant, juste à coté de la porte qui ouvre sur le balcon. Je suis à la hauteur de la cîme des arbres qui bordent la rue. Des hêtres, peut-être ? J'ai une cultute arboricole assez limitée.

Toujours est-il que de l'autre coté de la rue, il y a une fenêtre. La fenêtre du mur de la maison d'en face. Si jamais je l'avais dans mon lecteur de mp3, je suis sûre qu'à chaque fois que j'irais sur mon balcon, il me jouerait la chanson de Duteil "Le mur de la prison d'en face".

L'hiver on voit les gens
Dans les maisons d'en face
L'
été
les marronniers
Les cachent aux prisonniers

De l'autre coté de ma rue, à cette fenêtre, il y a un homme assis devant son ordinateur. Je l'avais aperçu dès janvier, quand j'avais aménagé ici. Depuis, les saisons étoffent peu à peu la vue, et il disparait dans la masse verte des branches. Mais toujours, je le vois assis à sa table, penché sur son ouvrage depuis plus de 7 mois et je me demande encore quel est son métier.

Journaliste ? Chroniqueur de magazine ? Infographiste ? Ecrivain ?

J'élabore des tas de scénarios, sans vouloir m'arrêter sur aucun. Pas que je n'aimerais pas savoir. Mais j'aime le champs des possibles que me proposent les hêtres, ou whatever-the-tree-species.

Pis si ça s'tombe, c'est peut-être un prisonnier assigné à résidence condamné à écouter Yves Duteil ?